mardi 21 juillet 2015

Une liste de choses notables que j'ai perdues




- Ma gourmette de baptême, offerte par ma grand-mère paternelle qui était aussi ma marraine (et dont je porte le prénom en deuxième position), un samedi soir de... 1986 ou 1987, je dirais, dans une cafétéria Casino où je dînais avec ma bande du club de jeux de rôles. Elle est tombée de mon poignet sans que je m'en rende compte et je ne l'ai jamais revue.

- Ma chaîne de baptême, que j'utilisais à l'époque pour y suspendre d'autres pendentifs que ma médaille. Le fermoir s'est cassé pendant que j'étais dans la salle de bain de mon appart' en colocation, la première année de mes études à Toulouse (1988-1989, donc). Je l'ai rangée dans la poche latérale d'une trousse de toilette en attendant de pouvoir la faire réparer. Je ne l'ai jamais retrouvée. Il me reste donc seulement la médaille, très épaisse et très lourde comparée à ce qui se fait aujourd'hui: l'or n'était pas cher l'année de ma naissance!

- Le 45 tours que j'avais enregistré au studio Miraval (aujourd'hui propriété de Brad Pitt et Angelina Jolie) après avoir remporté le deuxième prix d'un concours de poésie organisé par la Caisse d'Epargne sur le thème "L'enfant et l'espace" quand j'étais en CM2. J'avais été horrifiée d'entendre ma voix de Minnie Mouse sous hélium pour la première fois, mais quand même, j'étais un peu fière d'avoir réussi à réciter comme il fallait dès la seconde prise. J'imagine que ce 45T est parti à la poubelle avec le reste des affaires laissées trop longtemps chez mes parents après mon départ de la maison.

- Mon exemplaire original de "Neverwhere", un de mes bouquins préférés au monde, prêté à un voisin vers la fin du dernier millénaire et jamais récupéré. Bon, ça a été l'occasion de le racheter en VO plutôt qu'en VF. 

- Mon premier permis de conduire, en 2005. J'en ai fait faire un autre, et puis j'ai retrouvé le premier dans un sac à main que j'avais cessé d'utiliser un moment. Sur la photo du premier, j'avais les cheveux orange vif, un carré lisse, des lunettes rouges de secrétaire et un rouge à lèvres tirant sur le brun. Sur la photo du second, je suis semi-blonde et je ne me ressemble pas du tout. (La preuve sur Instagram.)

- Tous mes passeports. Du moins, c'est ce que je déclare systématiquement quand je dois en faire un nouveau. 

- Ma carte Visa. Oubliée dans un distributeur bruxellois au printemps 2009, la veille de mon départ pour une semaine au Maroc. Je m'en suis aperçue le lendemain à l'aéroport de Madrid. Grosse panique pour faire opposition et récupérer un moyen de paiement en catastrophe sur Marrakech.

- Régis 1er. Techniquement, ce n'est pas moi qui l'ai perdu: il est tombé du sac à dos à demi ouvert dans lequel Chouchou le promenait durant nos vacances d'été 2009 à Toulouse. Nous l'avons cherché partout; nous avons été faire la queue aux objets trouvés, et en Belgique, un entrefilet avec photo est même paru dans le Flair du mois suivant. J'étais inconsolable. Cette bête peluche avait accompagné notre premier voyage ensemble à l'autre bout du monde; elle nous avait inspiré un blog humoristico-photographique et un milliard de conneries qui nous avaient soudés en tant que couple bien davantage que n'importe quelle initiative romantique n'aurait pu le faire. J'ai commandé une autre Ugly Doll identique sur internet, mais ça n'a plus jamais été pareil. Régis appartient désormais à nos archives, plus à notre quotidien. 

- Un porte-cartes - en réalité, une pochette de pansements Hello Kitty qui avait juste le bon format - contenant une carte STIB (transports en commun bruxellois), une carte RMTT (transports en commun toulonnais) et une carte Tisséo (transports en commun toulousains). J'ai pesté de manière tout à fait disproportionnée avec l'importance matérielle de la perte, probablement parce que la veille encore, je maugréais intérieurement contre la distraction de Chouchou. 

- Trois Sacrés de Birmanie: Lucrèce, qui était atteinte d'axonopathie dystale et que j'ai regardé mourir âgée de sept mois seulement, la nuit de mon 25ème anniversaire; Copernique et Scarlett, que j'ai dû emmener chez le vétérinaire pour les faire euthanasier aux âges plus respectables de 15 et 17 ans. 

- Brigitte et mon père, tous les deux emportés par un foutu crabe. 

- Beaucoup d'illusions, mais aussi de complexes, de peurs et d'idées toutes faites!

5 commentaires:

Anonyme a dit…

L'important,c'est que tu n'as pas perdu ton temps avec ce blog :)
Enooormes bisoouuss Nad ;)

grosquick a dit…

Je propose une liste: la liste des choses que j'ai gardée, la liste des choses que j'ai reçue etc. La version positive. On n'est jamais blessé par la perte que de ce qu'on a aimé mais je suis bien d'accord avec toi, ça n'aide pas.

Ness a dit…

Je me souviens avoir perdu un pendentif en jade quand j'avais une douzaine d'années. Je l'avais placé sous mon oreiller et il a du tomber pendant la nuit. Directement après et pendant des mois j'ai inspecté tout autour de mon lit, sans jamais le retrouver. Au point que je me suis mise à douter de l'avoir bien placé là, où d'en avoir fait le rêve, un de ces rêves hyper réalistes qui m'arrivaient souvent. Encore aujourd'hui, ce mystère m'imprègne bien plus que le regret d'avoir perdu ce pendentif :)

Mini Ludvin a dit…

Haaaaan j'ai la même pochette hello kitty *0* (printemps grand var vers l'an 2000?)

ARMALITE a dit…

Mmmh plus probablement rapportée du Japon :-)