lundi 27 juillet 2015

Plaisirs coupables




- L'hiver, me faire un chocolat chaud et le manger avec de la brioche tartinée de confiture d'abricot en guise de dîner. 
- Finir par jeter à la corbeille un mail auquel je n'ai pas répondu depuis si longtemps que l'expéditeur doit avoir oublié qu'il me l'avait envoyé en premier lieu.
- Décider que le ménage peut bien attendre encore une semaine et que personne n'est jamais mort de vivre dans un appartement aux vitres presque opaques de poussière.
- Laisser Chouchou monter les gros sacs de courses maintenant qu'il est plein de muscles. 
- En rangeant les restes du dîner au frigo, boulotter subrepticement une autre cuillère du risotto désormais froid. 
- Choisir dans ma PAL un roman jeunesse rigolo qui vient juste d'arriver plutôt qu'un des gros bouquins très intelligents qui attendent depuis des mois. 
- Profiter d'une petite migraine au réveil pour décider qu'aujourd'hui, c'est congé - et faire uniquement des choses dont j'ai envie.
- Préférer obstinément la mayonnaise en tube Lesieur à toutes les mayonnaises maison. 
- Trouver enfin le courage de me débarrasser d'une fringue chère et jamais portée. 
- Renoncer officiellement à poursuivre un projet personnel qui, tout compte fait, m'emmerde. 
- Apprendre l'arrêt d'une série chiante que je ne continuais à traduire que parce que je m'y sentais moralement obligée vis-à-vis de l'éditeur.
- Commander un second cocktail.
- Abandonner en cours de route une lecture qui ne m'apporte aucun plaisir.
- Craquer pour une Xième paire de chaussures irrésistibles.
- N'avoir qu'un vieux Nokia déchargé la plupart du temps, et être injoignable dès que je sors me balader. 
- Exceptionnellement, manger un burger avec un vrai steak de boeuf saignant. Ou des rillettes  maison. 
- Masquer les publications de mes contacts FB qui parlent toujours du même sujet rasoir. 
- Comme une sale bourge, payer 20€ de supplément pour une place de 1ère classe isolée dans le TGV. 
- Caresser les lobes d'oreille de Chouchou, qui déteste ça.
- Ecrire un article assassin sur un bouquin que j'ai trouvé inepte.
- Avoir une excellente raison de zapper le fitness un jour de flemme.
- Finir par jeter le dernier petit bout de savon qui semble absolument inusable pour le plaisir d'en entamer un nouveau avec un parfum différent. 
- Quand ma voisine Solange (89 ans, sourde comme une Le Creuset) n'entend pas mon coup de sonnette et que je peux laisser ce que je lui apportais sur son paillasson sans avoir à subir pour la 197ème fois l'énumération détaillée de tous ses maux.
- Quand mon train a un retard juste suffisant pour que la SNCF me rembourse une partie de mon billet, mais pas assez important pour me faire rater ma correspondance. 
- Quand un proche tout penaud vient me dire: "Tu avais raison". 

7 commentaires:

elmaya a dit…

Je vois tout-à-fait, j'en connais certains... mais je tique sur le titre : pourquoi "plaisirs coupables " ? Pour moi, s'il y a culpabilité, il ne peut y avoir de vrai plaisir.. Il faut l'assumer pour pouvoir en profiter pleinement... et recommencer une autre fois ! Et en quoi sont-ils coupables, ces petits actes ? Ils ne font de mal à personne !
Pourquoi pas quelque-chose comme "transgressions délicieuses " ?

Anonyme a dit…

J'adore ! Et comme on dit "y a pas d'mal à se faire du bien" :D
Bizzzz Nad ;)

ARMALITE a dit…

Ils sont en contradiction avec ce que j'estime que je devrais faire, d'où la culpabilité. Je me sens toujours coupable de contrevenir à mes propres règles.

elmaya a dit…

Alors la question devrait être : Pourquoi me suis-je imposé ces règles ? Sont-elles vraiment des règles à ne pas transgresser , ou simplement des "directions de vie" dont je peux me permettre de m'écarter un peu de temps à autre, comme on quitte momentanément un chemin pour cueillir une fleur ou observer un insecte ? On retourne ensuite sur le chemin sans véritable dégât...

(Euh, n'y vois pas une leçon, hein, juste une réflexion...)

Fileuse a dit…

Jolie liste ! Moi je dirais :
Manger du sucre glace à la cuillère.
Se coucher avant 20h.
Imiter la voisine.
Quand le ballon part sur le toit, envoyer un élève de CM chercher l'échelle de Richter chez la directrice (je ne m'en lasse pas).

shermane a dit…

Pas de problème pour tout ce qui est transgressions gastronomiques (?), mais jeter un e-mail qui attend une réponse, je ne pourrais a priori pas le faire. Sûrement parce que j’attends moi-même une réponse et que si j’oublie beaucoup de chose, je n’oublie pas les mails envoyés s’ils sont longs ^^

Les lobes d’oreille, zones érogènes, gros mensonge (ou je ne sais pas m’y prendre) (à la réflexion...) :)

ARMALITE a dit…

Les mails que je jette n'attendent pas de réponse spécifique, ils entrent plutôt dans la catégorie: "ce serait bien que je réponde, mais là tout de suite, j'ai rien à dire et aucun élan de sociabilité pour me forcer".