vendredi 3 juillet 2015

Canicule




Je me lève une heure plus tôt que d'habitude, chassée de mon lit par la chaleur qui colle mon corps moite aux draps. 
Je me douche tout de suite pour ne pas passer la journée à mariner dans mon jus, alors que d'habitude, c'est un miracle si j'arrive à me traîner à la salle de bain avant 17h.
J'hésite: un thé chaud pour me réveiller, un thé froid pour me rafraîchir? 
Je dois me violenter pour arriver à bosser dans notre petit appartement changé en étuve plutôt que de faire... n'importe quoi d'autre, mais ailleurs. 
Je bouge au minimum pour retarder le moment où je sentirai ma sueur recommencer à couler. 
Depuis lundi, je n'envisage même plus de faire du fitness. C'est tout juste si, mercredi, je me suis fendue d'une séance quasi immobile de yin yoga. Et même quand je sors, je n'atteins pas les 10 000 pas dans la journée parce que c'est désagréable de marcher par des températures pareilles, surtout à ma vitesse habituelle. 
("Tu as la police aux trousses?" me demandait souvent un de mes ex dont les jambes faisaient un demi-mètre de plus que les miennes.)
L'avantage, c'est que la chaleur me coupe l'appétit; du coup je mange très peu et même sans bouger, je perds quand même du poids. 
Dès que mon planning le permet, je prends une deuxième douche; je m'habille juste assez pour éviter l'arrestation et je fuis. 
Dans une salle de cinéma climatisée pour voir "Inside out".
Chez Les gens que j'aime où je commande une limonade maison que j'aspire bruyamment, presque d'un trait. 
Dans des magasins où je n'ai pas l'intention d'acheter quoi que ce soit malgré les soldes - juste parce qu'il y fait vaguement frais.
A l'Amour Fou pour boire des cocktails en lisant le hors série Mindfulness de Flow.
Sur la place Flagey où je regarde les enfants en maillot de bain s'éclabousser sous les jets d'eau en regrettant de ne pas pouvoir me joindre à eux. 
Malgré la crème Nok dont je m'enduis les pieds avant de sortir, j'ai rapidement des ampoules. 
Meds jambes sont lourdes et gonflées; il me semble que je marche à travers de la purée de pois. 
Je ne râle pas: j'ai grandi dans une ville où il faisait plus de 35° pendant toutes les grandes vacances. Je n'aime pas ça, mais j'ai l'habitude.
Et puis j'ai passé tout l'hiver à appeler le soleil de mes voeux, je ne vais pas me plaindre maintenant qu'il est enfin là. 
Trop vite, de toute façon, l'été passera; les résultats d'examens et les noms des élus tomberont - et les héros de notre jeunesse avec eux; il faudra prendre des décisions à contrecoeur, regarder des vérités cruelles en face, sentir le sillon des rides se creuser, trouver le moyen de vivre quand même. 
Mais en attendant qu'éclate l'orage, le temps est provisoirement suspendu. 

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Personnellement je ne supporte pas la chaleur et le manque d'air,ne pas pouvoir dormir ou sortir. Ma saison préférée etant l'automne je l'attends avec impatience!
Bisous bisous Nad ;)