dimanche 28 juin 2015

Le samedi où il fait trop chaud pour les locomotives




Comme toujours si je dois me lever tôt pour prendre un train ou un avion, j'ai peu et mal dormi. Quand j'ai acheté un billet de 1ère classe pour aller à Paris, j'espérais qu'on me servirait un vrai petit déjeuner, pas une mini-tasse de thé et une mini-viennoiserie symbolique. La Poste de la gare du Nord ne vend pas de jolis timbres, mais de bêtes Marianne, ce sera toujours mieux sur mes enveloppes-mystère que les horribles étiquettes d'affranchissement délivrées par les machines. Repasser chez Caroline Abram faire régler mes lunettes rouges qui me font tellement mal à l'oreille droite que je ne les ai pratiquement pas portées depuis leur achat il y a trois mois, puis me dire que comme il fait beau, je vais continuer à pied jusqu'au resto de ce midi: c'est pas dur, il suffit de suivre la rue de Sèvres jusqu'au métro Vaneau. Ayant un peu de temps devant moi, je rentre dans une vraie, grande, belle librairie dont l'existence réchauffe mon petit coeur au point que j'y achète deux guides de Budapest et un vieil album de Sempé que je guignais depuis l'expo de l'Hôtel de Ville. Un peu plus loin, une très jolie boutique Kiehl's propose des diagnostics de peau gratuits: pourquoi pas? Ca me fera ma nouvelle chose du jour. Je ressors avec des échantillons adaptés à mon cas et des Photomaton gratuits que je me suis amusée à prendre dans la cabine. Il est midi vingt, je vais être pile poil à l'heure au resto. ...Comment ça, métro Mabillon? Merde, j'ai pris la rue de Sèvres dans le mauvais sens, et je suis maintenant à deux stations de ma destination. Je préviens par SMS et je cours. Il fait chaud; j'espère pour mes amis que mon déo est performant. Deuxième nouvelle chose de la journée: un mugicha, tisane d'orge servie glacée pour me remettre à une température acceptable. Pas facile de découper un bloc de tofu grillé avec des baguettes. Ce dorayaki est une merveille, et les petites piques qui servent de cuillères, j'adore! "Où les avez-vous achetées?" "A Kyoto." Oui, bon. Kettch prend sa revanche sur les Imaginales, le fourbe (sans se soucier du fait que, de nous quatre, il est le seul à n'avoir jamais pratiqué aucun art martial). Le temps passe vite en bonne compagnie: quand nous sortons du resto où nous avons déjeuné, il est l'heure de me mettre en route pour le salon de thé où je vais goûter. Il fut un temps où lorsque je venais à Paris, j'écumais les magasins: maintenant, j'écume les endroits où l'on mange. Mélu m'accompagne, et comme on est un peu en avance, on passe chez Rougier et Plé où j'achète un tampon pour orner les prochaines enveloppes-mystère, et elle un carnet Shinzi Katoh. L'avenue des Filles du Calvaire est très calme lorsque mes lectrices et moi nous rejoignons chez Betjeman & Barton. Quelle bonne idée, ces cocktails au thé non-alcoolisés! Fraise a les cheveux bleus maintenant, et je me retiens de la surnommer Cookie Monster. La Marche des Fiertés s'annonce en provenance de Bastille; la propriétaire du salon de thé sort sur le trottoir pour regarder en nous abandonnant la garde de la boutique, dont les grandes baies vitrées nous mettent aux premières loges du spectacle. Oui, c'est bruyant, mais c'est surtout très festif, et ça fait hyper plaisir de voir des gens heureux. En plus la procession reste quand même assez aérée, et il y a tout à fait moyen de circuler dans l'avenue. J'ai bien fait de renoncer à stresser. Et... c'est ma première Gay Pride, encore une nouvelle chose pour aujourd'hui! Vers 18h, chacune rentre chez elle ou file continuer sa journée ailleurs. Remonter à pied jusqu'à Bastille (en faisant un bref et infructueux crochet chez Merci), histoire de profiter de l'ambiance et d'engranger encore des pas. Le super burger joint végétarien que j'avais repéré sur internet est... en congés annuels à partir d'aujourd'hui, damned. Heureusement, je suis juste à côté de la rue du Faubourg Poissonnière. Café Pinson pour un dîner light, ou Big Fernand pour un hamburgé crapuleux? Ce sera Big Fernand. Et bien m'en prend, car mon Thalys de retour, censé arriver à Bruxelles à 22h17, se retrouve immobilisé en pleine voie un peu avant Lille pendant plusieurs heures suite à "une surchauffe de la motrice". L'hiver les trains tombent en panne à cause du froid, l'été ils tombent en panne à cause de la chaleur... 27° quand même - la grosse canicule pas du tout prévisible en cette saison. J'en ai un peu marre, là. Je passe le temps en discutant contrariétés de voyage avec ma voisine, mais le temps d'arriver à la Gare du Midi, il est 2 heures du matin, je tombe de fatigue et j'en veux à toutes les compagnies ferroviaires du monde. 

4 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est triste pour tes désagréments ferroviaires mais j'ai imaginé vivre ta journée avec bonheur :)

FraiseDesBois a dit…

La fraise valide le surnom :)
Merci pour cette belle aprem

Londoncam a dit…

Merci pour ce super moment avec toi et avec les autres lectrices présentes, toutes très sympas. J'espère qu'on aura l'occasion de refaire ça lors d'un de tes passages à Paris !

Anonyme a dit…

Cela m'a également bien plu, cette rencontre! Des voisines très sympathiques et un cocktail de thé glacé bien rafraichissant, je serais bien restée plus longtemps discuter et faire connaisssance, si mon emploi du temps l'avait permis! Merci à toutes les filles présentes! Anne-Claire