lundi 1 juin 2015

Imaginales 2015: samedi




Aujourd'hui il est censé faire beau: je mets ma jolie robe à cerises Collectif et des peep toes rouges. Sauf qu'une fois sortie de l'hôtel, je me rends compte qu'il pleut et qu'il gèle. Tant pis, je resterai au chaud sous la bulle. Mais le sommier de notre lit était défoncé, et j'ai hyper mal dormi cette nuit - résultat, je passe la matinée à comater à la buvette avec un mauvais Earl Grey à peine tiède, en piquant du nez sur le roman pourtant très chouette que j'ai apporté. Je ne me réveille que pour acheter un badge "I love Ayerdhal" (parmi les grands absents de cette édition pour raisons de santé), puis me traîner péniblement jusqu'à l'espace Cours où Brage organise son pot traditionnel.




Stéphane tarde à faire son discours, dont la teneur me paraît sensiblement différente cette fois - plus axée sur l'idée de communauté que sur des succès éditoriaux de plus en plus fuyants depuis quelques années. Le temps de boire trois coupettes et d'avoir une discussion sur l'oeuvre de Stephen King avec Mélanie, je vois que tout le monde se disperse déjà pour aller manger. Mon blues s'intensifie. Pas de trace d'un pique-nique officiel cette année; mes amis vont s'installer sur les tables en plein air derrière la buvette mais moi, j'ai beaucoup trop froid et je rentre à l'hôtel pour me changer. Le temps que je revienne, ils ont fini de manger et je me rabats sur un poulet rôti de la buvette (froid, figé dans son gras et essentiellement composé d'os - beurk). 




L'après-midi, je reste de nouveau écroulée dans un des fauteuils moelleux de la buvette. De toute façon, je n'ai pas de bouquins à faire dédicacer et aucune des conférences ne m'intéresse. Tiens, et si je faisais pleurer Mélu en tentant de lui imposer mon avis avec toute la subtilité d'un bulldozer? Y'a vraiment des jours où je mérite des baffes. Avant de causer davantage de dégâts, je décide d'aller me dégourdir les jambes en me baladant dans le minuscule centre-ville d'Epinal. Un petit tour au Camaïeu local, au cas où ils auraient encore la jolie robe rayée blanc et rouge dans ma taille - mais non. En regagnant la bulle, je découvre la présence d'Hélène Larbaigt, auteur de "L'étrange cabaret des fées désenchantées" - très beau livre illustré que je comptais me faire dédicacer à Trolls & Légendes, sauf que j'avais renoncé à cause de la file d'attente insensée. Cette fois, il n'y a qu'une seule personne devant elle, j'en profite! Ca m'évitera de rentrer des Imaginales en ayant acheté du thé, une robe, de la papeterie et zéro bouquin. J'aperçois également une éditrice avec qui je me suis un peu pris la tête en début de semaine. J'envisage d'aller la saluer pour dissiper le malaise, mais honnêtement, je n'ai pas le courage de prendre sur moi.




Le soir, on rassemble la bande habituelle plus un couple d'amis de Mélu et on se dirige vers le resto bio Sens et Découverte pour le désormais traditionnel dîner du samedi (même si cette année, c'est AnneEli qui s'est chargée de l'organisation). Comme d'habitude, le repas est délicieux et les conversations vont bon train, mais j'apprécierais sûrement davantage si je n'étais pas aussi fracassée et sur mes gardes. Je me pose beaucoup de questions sur l'amitié en ce moment, mon refus de m'attacher trop fort aux gens, ma façon de parler sans réfléchir, la brutalité involontaire de mes propos, et ces trois jours n'ont fait que souligner le problème d'une manière assez flagrante. Si l'on ajoute à ça que je ne suis pas du tout rassurée sur l'avenir de l'édition en général et la pérennité de mon boulot en particulier... Tout ça sent la remise en cause massive, ce qui me fatigue un peu d'avance. Heureusement que, rentrée à l'hôtel, j'ai l'idée de dresser le sommier pourri à la verticale pour poser le matelas par terre: au moins, mon sommeil de cette nuit est sauvé! Demain, nous partirons par le train de 11h sans être repassés par la bulle. Honnêtement, je n'ai pas besoin d'en rajouter une couche dans la déprime.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Je proteste et te fais un mail.

Mélusine

Melle Mars a dit…

Je ne t'ai jamais trouvée brutale, c'est peut-être que tu es entourée de gens trop sensibles^^ ? C'est cette franchise et cette envie de tirer le meilleur des gens que j'adore chez toi, elles me font beaucoup de bien, et je ne souhaiterais pour rien au monde que tu changes ce point-là :) Personnellement j'en ai vraiment, vraiment raz-le-bonbon des gens qui sont hypocrites ou entourent leurs pensées et leurs critiques dans des kilos de circonvolutions... C'est épuisant, la mièvrerie et la bien-pensance. Coup-de-pied-au-culiste, c'est cool, comme job ! Et c'est peut-être ça en fin de compte, la l'amitié.

shermane a dit…

Bonne reprise du poil de la bête (comme tu le fais souvent) !
Je ne connais que trop bien ces événements dont je repars déprimée et avec 1 000 questions...

ARMALITE a dit…

C'est très gentil de me dire ça <3 Mais je devrais être capable, face à des gens sensibles, de me retenir d'essayer de faire leur bien de force, parce qu'après tout c'est juste mon idée de leur bien, et que je n'ai aucune légitimité à la leur imposer...

Anonyme a dit…

Au moins pour ce qui me concerne : relis mon mail une deuxième fois. Non mais ! :D

Mélusine