lundi 18 mai 2015

Opération sabotage de régime en Helvétie (1/4)


Bizarrement, quand le réveil sonne à 6h parce que j'ai un avion à prendre, je n'ai aucun mal à me tirer du lit. On a bien fait de prendre la navette de 7h plutôt que celle de 8h: Zaventem est blindé de monde en ce début de week-end de 4 jours. ...Comment ça, je n'avais pas droit à une valise avec mon billet Check & Go, et je vais devoir payer 35€ à l'aller et autant au retour pour l'emporter avec moi? L'aéroport, que j'ai toujours trouvé limite sinistre, vient d'être refait; il est maintenant hyper-lumineux, moderne et bien agencé. Et le magasin de lunettes de soleil solde un modèle rouge de chez D&G absolument parfait pour moi - ça tombe bien, il m'en fallait une paire. A peine une heure et quart pour faire Bruxelles-Genève; autant dire que la Suisse, c'est la porte à côté. Dans le train jusqu'à Lausanne, écouter mine de rien la conversation des voyageurs d'à côté qui parlent des moutons employés par la société de chemins de fer nationale pour désherber les voies - un moyen écolo à souhait qui me ravit. 




"On t'a reconnue de loin à tes chaussures", m'annoncent Lady Pops et Funambuline. Le métro de Lausanne est le même que celui de Toulouse; nous ne sommes pas dépaysés, et ici aussi, Chouchou essaie de se mettre à l'avant de la rame sans conducteur comme s'il avait 5 ans et demi. Les jouets suspendus au bras de la statue de Guillaume Tell, on va dire que ça change des baskets jetées sur les fils électriques. La brasserie de Montbenon, petit coin de paradis à la fois champêtre et luxueux en plein centre-ville. J'ai l'impression d'être une riche expatriée qui prend le soleil en terrasse avec ses amis dilettantes - le bonheur, quoi. Et l'ail des ours, que je n'avais encore jamais goûté? Je kiffe grave. 




Par contre, l'expo d'art brut, euh, comment dire... je préfère une bonne petite promenade dans les rues de la ville. Non, je ne suis pas très intéressée par la rosace de la cathédrale. Oui, je veux absolument visiter ce musée de zoologie où le temps semble s'être arrêté dans les années 50. Quel taxidermiste fou a donné cet air shooté aux rapaces et aux singes? On est en train de perdre Shalf, qui s'endort sur le divan de l'entrée. Ouh la bonne odeur de shit qui flotte sur le bar à sirops en plein air de la place de la Riponne. La pince incrustée dans un pavé: une touche de déco urbaine à la fois discrète et originale. 




A Ouchy, il y a une statue envoyée par "la Belgique reconnaissante". Les bords du Léman sont toujours aussi magnifiques. La carte des cocktails du Beau-Rivage, clairement, ça change de l'assortiment mojito-cosmo-gin tonic habituel - d'ailleurs, je crois que je vais tenter un "Mon grand-père a planté une betterave". And now, pour le plaisir du contraste: le petit resto chinois familial bien planqué au premier étage d'un immeuble. Moi qui ne supporte pas les trucs qui piquent, j'ai réussi à choisir le plat qui arrache le plus de toute la tablée (un agneau au cumin délicieux mais klaffi de piments); heureusement que Funambuline veut bien me faire un échange avec le sien (un canard au basilic croustillant à tomber par terre). Nous sortons au moment où tombent les premières gouttes de pluie, commençons à nous mouiller dans la longue rue pavée qui descend vers la gare et roulons vers le patelin de Lady Pops sous un gros déluge - si c'était moi qui conduisais, je n'oserais pas dépasser le 20 km/heure. Compteur calorique en fin de journée: dans les 4560, à vue de nez, mais ça valait le coup!

1 commentaire:

Mlle Funambuline a dit…

Je sers de guide quand tu veux, c'était délicieux de vous avoir et de vous voir !