mardi 14 avril 2015

"Le sculpteur"


David Smith traverse une très mauvaise passe. Repéré par un riche mécène alors qu'il n'avait même pas terminé ses études, ce jeune sculpteur de 26 ans connaît depuis lors une lente dégringolade. Il vient de se faire virer de son boulot alimentaire et de l'appartement à loyer modéré qu'il occupait jusque là dans Manhattan quand il conclut un marché avec la Mort. Désormais, il aura le don de modeler à mains nues ses visions les plus folles dans n'importe quel matériau - mais au bout de 200 jours, il mourra. Cela lui paraît équitable, jusqu'à ce qu'il rencontre Meg et tombe follement amoureux d'elle...

Scott McCloud est essentiellement connu pour ses guides et autres ouvrages techniques sur la bande dessinée. Avec "Le sculpteur", il signe une fiction remarquable, aussi ample par les thèmes abordés que profonde dans leur traitement. Ici, il est question de l'ambition dévorante d'un artiste, de ce qu'il est prêt à sacrifier pour s'accomplir et être reconnu, mais aussi de déchéance sociale, de deuil, de solitude, de maladie mentale - et, pour le côté lumineux, de la jubilation intense qu'apportent l'amour et la création. Et puis, il y a New York, remarquablement dépeinte dans ce qu'elle peut avoir de plus excitant et de plus écrasant à la fois. Une longue fresque de 500 pages, très maîtrisée du point de vue graphique, parfois extrêmement lourde du point de vue émotionnel, mais qui m'a confortée dans ma certitude que chaque jour doit être vécu comme s'il allait être le dernier.

J'ai lu cette bédé en anglais et ne peux donc me prononcer sur la qualité de sa traduction française. 

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