dimanche 26 avril 2015

L'amour sans destinataire




Papa, Brigitte, Scarlett, Copernique. 
Chaque soir avant de s'endormir, Arya Stark récite la litanie des gens dont elle souhaite la mort. Moi, ce sont les êtres que je voudrais toujours en vie.

Que devient l'amour dont l'objet a disparu? 
Tout de suite, il se conjugue à l'imparfait, et sa terminaison en "ais" sonne comme une porte qui claque; au fil du temps, il prend le nom de chagrin, et on apprend à le taire. 
Mais il ne s'évapore pas. Il reste là, poignardant le coeur à l'improviste, faisant monter aux yeux des larmes qu'on s'empresse de refouler. 
Il tourne en nous tel un animal prisonnier qui se cogne aux barreaux de sa cage, un spectre qui profite de nos instants de fragilité pour faire cliqueter ses chaînes.
L'amour désormais sans destinataire.
Le vide en forme d'eux.

Papa, Brigitte, Scarlett, Copernique.

2 commentaires:

Isabelle Pernot a dit…

C'est si bien dit... <3

shermane a dit…

On m’a fait remarquer que je parle parfois encore de mon grand-père au présent, alors qu’il est décédé en 2008. Mais curieusement, je suis apaisée quand je pense à lui et de bonne humeur quand j’ai rêvé de lui.