lundi 6 avril 2015

Et si on arrêtait de s'écharper à propos du gluten et du lactose?




L'alimentation. Je connais peu de domaines où le prosélytisme fait rage avec une telle intensité. Entre les végétariens qui fustigent les carnivores pour leur égoïsme et les carnivores qui affirment qu'il faut manger de la viande pour être en bonne santé, les adeptes du bio qui froncent le nez devant les aliments jugés malsains et les cyniques qui se moquent de leurs précautions jugées inutiles, une nouvelle paire de frères ennemis a récemment fait son apparition: les partisans du sans gluten/sans lactose, convaincus de la dangerosité de ces deux molécules, et les sceptiques qui ricanent très fort de ce qu'ils perçoivent comme une mode infondée. Franchement, les uns me gonflent autant que les autres. 

J'ai déjà parlé ici de mon rapport complexe au végétarisme (en théorie, je suis pour; en pratique, j'ai du mal à m'y tenir) et évoqué le fait que je tente le plus souvent possible de me nourrir d'aliments bios. Il me semble avoir également déjà évoqué le sujet du gluten et du lactose, mais une discussion récente sur Facebook m'a donné envie de revenir dessus. 

A la base, j'étais sans avis sur la question. Sincèrement. Mais je souffrais de gros troubles digestifs depuis toujours, troubles qui ont complètement disparu à la faveur d'une semaine de détox durant laquelle je n'avais eu le droit de consommer que très peu de catégories d'aliments. Surprise, j'ai réintroduit les aliments interdits un à un pour identifier le coupable. Et je me suis aperçue que dès que je recommençais à manger du blé (sous forme de pâtes, de pain ou autre), j'avais de nouveau des lourdeurs d'estomac pendant les heures qui suivaient mon repas, et un blocage intestinal à partir du lendemain ou du surlendemain. 

J'ai adapté mon alimentation en conséquence. Les céréales pauvres en gluten - notamment l'épeautre, dont je raffole - ne posaient pas de problème; je les ai donc substituées au blé dans 90% des cas, et je m'en porte beaucoup mieux. Ouais, la constipation chronique, ce n'était pas franchement une partie de plaisir. Maintenant, j'ai un transit facile et régulier. Ca vaut bien la peine que je m'embête à courir après des pâtes et du pain alternatifs dans les rares magasins qui en proposent. 

Par contre, si je digère mal le lait de vache (dans le chocolat chaud, par exemple - à mon grand désespoir!), les produits laitiers "transformés" ne me posent pas de problème. Et Chouchou, c'est tout l'inverse. Chez lui, le blé passe plutôt bien, mais le lactose détraque complètement ses intestins, à un point où ça en devient gênant pour l'entourage. Lui aussi en a tiré les conclusions qui s'imposaient. 

Est-ce que, du coup, je pense que tout le monde devrait arrêter de manger du gluten et du lactose pour raisons de santé personnelle? Non. Pour l'instant, les avis scientifiques sur le sujet divergent. La faute à un manque de recul ou d'objectivité, allez savoir. La composition des aliments que nous ingérons évolue constamment, et certaines études sont commanditées par des gens qui ont intérêt à à ce qu'elles concluent dans un sens plutôt que dans l'autre. Résultat: on lit tout et son contraire, et on ne sait pas à quoi se fier (même si la mauvaise foi naturelle de l'être humain l'incite toujours à accorder plus de foi aux propos qui vont dans le sens de ses certitudes). Personnellement, il me semble qu'entre l'estomac en béton et la maladie coeliaque dont personne ne nie la réalité, il existe tout un éventail de sensibilités différentes au gluten et au lactose selon les individus - donc, probablement pas de vérité universelle en la matière.

Du coup, sur ce sujet-là comme sur beaucoup d'autres, je trouverais ça chouette que chacun fasse ce qui lui semble bon pour lui-même sans chercher à convaincre les autres ou se moquer d'eux.




11 commentaires:

Tasha a dit…

Comme toi, je pense que chacun doit trouver le régime alimentaire qui lui convient, sans juger celui des autres. Pour ma part, je souffre d'une MICI. La seule chose qui me soit réellement déconseillée, outre les piments trop forts, c'est le lait: je peux manger des produits laitiers comme le fromage, les yaourts, mais adieu céréales avec du lait froid et chocolats chauds...
Mais j'ai entendu tout et n'importe quoi, de la part d'amis bien intentionnés mais incompétents comme de généralistes peu formés à la nutrition. J'ai des amis végétariens, d'autres végétaliens, un autre ne mange plus de gluten. Je me méfie des effets de mode et des diktats nutritionnels, mais je suis certaine d'une chose: quelles que soient les contraintes imposées par les besoins et les choix de chacun, il y a moyen de faire plaisir à tout le monde et de préserver la gourmandise.

Stéphanie a dit…

J'ai une connaissance à qui j'ai balancé que BORDEL J'AIME LE GLUTEN. Je m'en fous en fait, je boulotte de l’épeautre tant et plus parce que j'adore ça, mais le gluten ne me rend pas malade et j'en avais ras le pompon qu'elle veuille me faire arrêter quelque chose qui la rend malade mais que je supporte très bien. J'ai arrêté le lait mais c'est pour tendre vers le végétalisme, pas à cause du lactose.
J'ai d'autres intolérances alimentaires qui me rendent malade comme un chien (à pleurer en suant à grosses gouttes en me roulant sur le carrelage de la sdb, bonheur) donc je comprends très bien qu'on préfère se passer de quelque chose qui semble bon 5 minutes en bouche mais qu'on paie entre 5 heures et 5 jours...
Que les gens arrêtent de regarder l'assiette des autres on s'en portera tous mieux... même si ça vaut toujours la peine de parler du "coup de la B12" à un mangeur de viande, hinhin.

Sarah Magaña a dit…

J'ai essayé le régime sans gluten pendant une semaine pour voir, pareil pour les produits laitiers.
Je n'ai ressenti aucune différence, donc je continue d'en manger.
Le mieux resté quand même d'essayer et de voir.

shermane a dit…

Le sans gluten, je ne me l’imposerais pas, pour la simple raison que le test d’éviction que j’ai dû faire il y a bientôt 10 ans (détection de maladie cœliaque) m’avait traumatisée.
En même temps, quand on est étudiante fauchée et qu’on s’entend dire qu’on devrait prendre du Van Houten pour le chocolat et Häagen Dazs pour la glace, on devient hilare et désespérée. Bref, je ne sais pas si le gluten m’alourdit, mais sans doute un peu, comme tout le monde.

Pour le lactose, c’est vrai que je ne le digère pas hyper bien (merci les gènes chinois) mais rien d’horrible.

Ceci dit, ce type de régime s’accompagne, selon moi, d’une amélioration généralisée du mode de vie : on ne peut qu’aller mieux quand on cuisine tout soi même, qu’on fait gaffe à la qualité de ses produits, et ainsi de suite.
On verra bien quelle sera la prochaine chose à bannir de nos plats :) L’avantage, c’est la prise de conscience qu’on mange mal, que les plats industriels sont bourrés de choses néfastes, etc.

Cécile de Brest a dit…

Je suis bien d'accord chacun fait ce qu'il veut et ce qu'il peut. Perso je n'ai pas, dans mon entourage, de personnes cherchant à me faire changer de régime alimentaire pour telle ou telle raison et heureusement.
Là où j'aurais tendance à me prendre le chou avec certains c'est quand on essaie de me prouver par A+B que j'ai été une mauvaise mère avec mes enfants lorsqu'ils étaient bébés parce que je n'ai pas allaité.
Je ne comprends pas cette propension à se mêler de la vie d'autrui, quel que soit le sujet.

Lolli a dit…

Tu as tout à fait raison, chacun mange ce qui lui convient, il n'y a pas UNE façon de bien manger.

Londoncam a dit…

Eh bien que dire si ce n'est que je suis d'accord avec toi ? J'ai un régime plutôt omnivore et un transit plutôt normal. Je mange de tout, selon mes envies et j'ai tendance à écouter mon corps. C'est un peu bête dit comme ça, mais je suis ses envies de verdure par moment, de fromage, de fruits... et plus je m'écoute plus je digère bien et me porte bien.
Ce qui m'importe ensuite, c'est que mon entourage mange ce qui lui convient et non pour suivre un effet de mode quelconque (et encore, en soi, en quoi ça me gênerait ?). En revanche qu'on essaye de me dire que je devrais arrêter le gluten parce que "c'est mauvais pour la santé" m’exaspérerait franchement car ce serait pour moi généraliser les choses.

Raph a dit…

Totalement d'accord avec toi ! J'ai arrêté la grande majorité des produits laitiers il y a déjà plusieurs années (bien avant les grands discours sur le sujet) car je sentais que ça ne me convenait pas. Je les évite donc en grande quantité, pas de bol de lait ou de yaourt, mais je m'accorde de temps en temps du fromage ou une préparation culinaire contenant du lait. Ma mère est convaincue que l'intégralité de mon squelette s'auto détruira le jour de ma ménopause ... j'ai arrêté d'argumenter c'est peine perdue ! Par contre je ne diabolise pas les produits laitiers et mes filles en consomme des kilos chaque mois !

Ana a dit…

Le gluten et le lactose ? Même pas les produits laitiers en général ? Mais c'est sooo 2010, ma bonne dame. De nos jours, il faut manger cru ou être végétalien, ou à l'extrême rigueur paléo !
Trêve de plaisanterie, je n'ai jamais entendu personne s'écharper à propos du gluten et autres. Mais c'est vrai que sur Internet, les propos peuvent vite devenir véhéments quand les gens sont persuadés d'avoir raison ET se sentent agressés par les autres (ce qui est le cas de la plupart des personnes suivant des régimes particuliers, je suppose)

Dola a dit…

J'aime beaucoup ce billet frappé sous le coin du bon sens.
Je suis en train de lire un bouquin passionnant : Le charme discret de l'intestin par Giulia Enders.
On apprend plein de chose sur les intolérances, la digestion, les nausées etc. Fascinant.

barbara a dit…

entièrement d'accord avec toi, la dernière phrase de ton article résume parfaitement !!
marre de me faire insulter parce que je mange du steak, perso j'agresse personne avec la nourriture, chacun fait ce qu'il veut
bizzzzz