vendredi 16 janvier 2015

"Dis-lui que je l'attends"


"Satoshi, bientôt trentenaire, est propriétaire d'une boutique de plantes aquatiques, job dont il a toujours rêvé. Mais il peine à trouver le grand amour et reste hanté par le souvenir de ses deux amis d'enfance qu'il n'a pas revus depuis quinze ans. Un jour, une actrice et mannequin reconnue sonne à la porte: elle cherche un petit boulot et un toit pour la nuit. Satoshi est troublé: pourquoi cette jeune femme s'intéresse-t-elle à lui? Et pourquoi ne la voit-il jamais dormir?"

J'avais adoré "Je reviendrai après la pluie"; alors, en dépit de la malédiction qui veut que le deuxième roman d'un auteur semble toujours décevant aux fans du premier, je me suis laissé tenter par "Dis-lui que je l'attends" à l'occasion de sa récente sortie en poche.

Tout de suite, j'ai été happée par la fraîcheur de ce roman. Dieu sait pourtant que je déteste les histoires à l'eau de rose, mais la délicatesse des sentiments japonais prête à celui-ci une touche d'exotisme bienvenue, et se marie particulièrement bien avec l'évocation nostalgique d'une amitié d'enfance hors normes. Je suis facilement touchée quand un auteur aborde avec talent un sujet qui m'est proche; ici, Takuji Ichikawa a réussi à me remplir d'une émotion immense avec une chose qui m'est totalement inconnue, à susciter en moi l'écho d'un son que je n'ai jamais entendu. C'était étrange et délicieux à la fois.

A travers une histoire d'amour onirique, née au milieu des ordures mais capable de transcender le temps et l'absence, il parle aussi de la beauté cachée des choses et des gens, de solitude et de liens, de la quête de Satoshi et de ses amis pour trouver leur chemin - leur place dans la vie et auprès des autres. Au final, il signe un livre léger en apparence, mais qui touche très profondément.

"C'était Yûji qui nous avait réunis, Karin et moi, de même que cette fois-ci, c'était moi qui réunissais Karin et Yûji. Tout avait un sens, nous n'étions pas éparpillés, nous étions tous reliés. Le monde n'était qu'un grand ensemble de réactions chimiques variées, dans lequel chacun était le catalyseur des autres. Voilà ce que cela voulait dire, d'être en vie. "

4 commentaires:

Tasha a dit…

J'avais adoré le précédent moi aussi et je me suis laissée tenter par cette parution en poche : il attend sagement sur ma PAL et tu donnes très envie d'en faire ma prochaine lecture!

Fileuse a dit…

J'ai découvert tout récemment Je reviendrai avec la pluie. J'ai pleuré (dépression post partum bonsoir !). Celui ci m'inspire un peu moins...

ARMALITE a dit…

Il m'inspirait moins aussi, raison pour laquelle je ne l'avais pas acheté en grand format, et au final je me demande si je ne l'ai pas encore plus aimé que le premier. Les thèmes abordés sont plus larges, mais on retrouve toujours le romantisme, la séparation, la nostalgie et un côté vaguement surnaturel. J'ai hâte que l'auteur en publie un nouveau!

shermane a dit…

C'est marrant comme les fictions japonaises puisent toujours dans le passé et l'enfance ^^
Le synopsis me fait vaguement penser à celui de Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil de H. Murakami, très beau et onirique aussi.