mercredi 5 novembre 2014

Le bien est l'ennemi du mieux




Début 2014, le principal objectif que je me suis fixé consistait à préparer une semi-reconversion en développant deux idées d'activités potentiellement monnayables. J'ai même pris un mois sabbatique en mai pour avoir toute liberté de concrétiser mes projets. 

Résultat: j'ai esquissé un début de plan, et puis plus rien. Aucun passage à l'acte. Paralysie totale. 

C'est un échec retentissant. 

Et je sais très bien à quoi il est dû. 

La dernière fois que j'ai radicalement infléchi ma trajectoire professionnelle, je l'ai fait avec un fusil dans le dos. J'étais tellement malheureuse dans ma première "carrière" que je commençais à nourrir des idées suicidaires. A ce stade, ce n'était pas du courage de sauter dans le vide, mais un réflexe de survie. 

Comme beaucoup de gens, je répugne à quitter ma zone de confort même si on me fait miroiter la magie des possibles de l'autre côté de la barrière. Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras. Je ne me décide à affronter l'inconnu que lorsque le connu cesse d'être douillet et sécurisant pour devenir une source d'ennui, voire de souffrance. 

Et ça marche dans tous les domaines. Je n'ai rompu mes deux relations sérieuses avant Chouchou qu'une fois persuadée que ma vie serait plus belle sans ces personnes que pourtant j'aimais encore, mais avec qui je n'étais décidément pas compatible. Heureusement, d'ailleurs. Il serait assez difficile de construire quoi que ce soit si on était toujours en quête d'un "meilleur" partenaire, incapable de surmonter les passages à vide inévitables dans tous les couples. Le problème, bien entendu, étant de savoir où on place la barre de l'acceptable pour éviter de s'enliser dans une relation nocive. C'est une question délicate, dont la réponse varie d'un individu à l'autre. 

La plupart d'entre nous est programmée pour rechercher des relations durables et un emploi stable. Ceux qui sautent éternellement d'un partenaire à l'autre, d'un boulot à l'autre sont considérés comme des gens immatures. La tendance naturelle de l'être humain, c'est de se fixer petit à petit au lieu d'essayer de réinventer la roue tous les 3 mois dans chaque domaine de sa vie. 

A partir de quand cesse-t-on de se fixer pour s'enkyster? Et surtout, si on est heureux comme ça, à quoi bon essayer de changer? Pour un hypothétique surplus d'accomplissement ou de bonheur? C'est un pari risqué que beaucoup de gens ne sont pas prêts à faire. Moi la belle première. 

Si j'envisage une reconversion partielle, c'est parce que mon secteur professionnel va mal, que le travail y est de plus en plus rare et de moins en moins bien payé. Mais pour l'instant, même si je fais beaucoup plus attention qu'il y a quelques années, j'arrive encore à remplir mon agenda, à payer mes factures et à m'offrir quelques chouettes extras. 

Ca ne durera probablement pas, et en-deçà d'un certain seuil, je serai bien obligée de me bouger. Je le ferai parce que je n'aurai pas le choix, et peut-être qu'il en ressortira quelque chose de si lucratif et/ou de si épanouissant que je me dirai: "Tu as été bien bête de ne pas agir plus tôt!". En attendant... j'apprends à lâcher prise, à devenir un peu moins matérialiste et un peu plus philosophe - des qualités pas inutiles du tout dans l'absolu. 

Je note des idées. Je fais des listes. Je pioche de l'inspiration à droite et à gauche, chez des gens nettement plus audacieux que moi. Je ne devancerai pas l'appel du changement, mais je vais au moins tenter d'être vaguement prête à y répondre le jour où il retentira. 

5 commentaires:

elmaya a dit…

Ce n'était peut-être pas le bon moment... Parfois, il ne sert à rien de s'obstiner quand ça ne veut pas.

Mais du moins tu n'auras pas fait l'autruche, ton projet va mijoter tranquillement, et tu seras prête à rebondir le moment venu !

Mlle Funambuline a dit…

Je suis une immature professionnelle. Mais plus que du courage, je crois que comme tu le décris très bien, c'est surtout par trouille, la pire trouille de toutes, en ce qui me concerne : la peur de l'ennui.

ARMALITE a dit…

J'ai aussi peur de l'ennui, mais chez moi, c'est un truc qui se manifeste dans mes loisirs, et qui me fait tester des milliards de trucs au lieu de devenir vraiment bonne dans une activité en particulier. Pour ce qui est du boulot... j'aime vraiment le mien, je pense que ça prémunit pas mal contre l'ennui dans ce domaine ^_^

shermane a dit…

Eternelle optimiste, je te souhaite d'avoir à recourir à ton plan B le plus tard possible.

ARMALITE a dit…

Les ondes positives sont toujours bonnes à prendre, merci!