dimanche 2 novembre 2014

Etienne Daho: Diskönoir Tour au Cirque Royal


La première fois que j'ai vu Etienne Daho en concert, c'était pendant le Tour Martien. Je devais avoir 18 ou 19 ans, et j'écoutais déjà sa musique depuis plusieurs années. L'album "Pop Satori" avait rythmé ma prépa; j'avais adopté "Paris le Flore" comme mon hymne à la dolce vita étudiante, mi-arty mi-intello. Puis le temps a passé, et si j'ai délaissé beaucoup des chanteurs de mon adolescence, je suis restée fidèle à Etienne. J'ai adoré chacun de ses albums - à l'exception d'"Eden" dont les tonalités électro m'ont rebutée. Ses chansons sont un peu devenues la bande-son de ma vie, surtout "Des attractions désastres", qui parle si bien du désordre des sens, et "L'orage" que j'ai écoutée en boucle à une période où j'étais assez malheureuse. Chaque fois que j'en ai eu l'occasion, je suis retournée le voir sur scène, et je n'ai jamais été déçue. Il y a 6 ans, à l'occasion de l'Obsession Tour, j'ai assisté à son show au Cirque Royal avec Chouchou. C'était notre premier concert ensemble, celui d'un artiste que nous aimions tous les deux, dans une salle à taille humaine et à l'acoustique excellente. Nous en avons passé toute la seconde moitié à danser dans une allée, près de la scène. Alors, quand j'ai vu que le Diskönoir Tour serait de nouveau au Cirque Royal ce 31 octobre, je me suis dépêchée de prendre des places. Ca a même été mon tout premier achat de l'année 2014, dans la journée du premier janvier...

Vendredi soir, donc, nous arrivons à la salle 5 minutes avant l'heure indiquée sur nos billets. Pourtant, la première partie est déjà commencée. Un jeune homme chante en français sur une musique très connotée années 80 (et qui me plaît bien, du coup). "Je m'appelle Thérèse", répète-t-il à plusieurs reprises pendant son set, et je me dis que quand même, ses parents sont cruels. (Plus tard, en surfant sur internet, je découvrirai que son nom est en réalité Perez. Je crois qu'il va être temps d'investir dans un sonotone.) J'ai encore en mémoire les trois premières parties de 2008 qui avaient duré une bonne heure et demie et m'avaient mise au bord de la crise de nerfs; aussi suis-je été très soulagée de voir Etienne Daho monter sur scène un peu avant 20h30. Il attaque sur "Satori Theme" avec quelques grands coups de cymbale. Lunettes noires, costard Saint-Laurent, images en noir et blanc qui défilent sur un écran derrière lui: le ton est donné. Et quand j'entends les premières notes de "Des attractions désastre", la chanson de lui que je préfère entre toutes, je me lève de mon siège dans les gradins et entraîne Chouchou dans l'allée comme il y a 6 ans. Je finis au premier rang sur la droite, avec une excellente vue sur Etienne et largement la place de me trémousser tout mon soûl - l'avantage des concerts où le public se compose essentiellement de bobos enthousiastes mais bien élevés.

Pendant une heure 40 environ, Etienne Daho alterne avec bonheur ses plus grands tubes ("Epaule tattoo", "Tombé pour la France", "Le grand sommeil", "Saudade", "Bleu comme toi", "Heure hindoues", "Comme un boomerang"...), des morceaux moins connus ("Soleil de minuit" ou "Il ne dira pas") et des extraits de son dernier album studio ("La peau dure", "En surface", "L'homme qui marche", "Les chansons de l'innocence"). Il transpire abondamment dans son costume sombre; ses cheveux grisonnent maintenant, et les contours de son visage accusent sa presque soixantaine. Mais il n'a rien perdu de son élégance de dandy de la pop, et si la pure légèreté d'autrefois s'est mâtinée d'une certaine gravité avec l'expérience, je ne crois pas l'avoir jamais vu prendre un plaisir aussi évident sur scène. La scénographie hyper sobre laisse la part belle au son qui, franchement, déménage grâce aux excellents musiciens dont Daho a toujours su s'entourer. Les décennies écoulées n'ont terni ni son sourire en coin un peu timide, ni l'éclat pétillant de ses yeux; elles n'ont pas entamé le mélange de grâce et de sexytude avec lequel ses bras ondulent et son corps svelte se déhanche. Comme la salle refuse de le laisser partir après deux rappels, pour finir, Etienne Daho s'agenouille au bord de la scène et entonne "Week-end à Rome" a capella, en duo avec les centaines de personnes qui viennent de lui faire une longue ovation. Petit moment magique qui me vaudra ma seule photo réussie de la soirée. Ciao, Etienne. On se revoit pour ta prochaine tournée.




1 commentaire:

Anonyme a dit…

J y étais aussi et j ai passé également un excellent moment. Tout en sobriété, classe et ce je ne sais quoi propre à Daho. Un très bon concert que vous décrivez très bien.