dimanche 13 juillet 2014

"Il était une fois l'Orient-Express" à l'Institut du Monde Arabe




Même si je rouspète assez souvent contre la SNCF, le train est certainement mon moyen de transport préféré, celui qui ne me rend jamais malade, qui ne me fout jamais la trouille, qui me permet de profiter du paysage, de lire, de me dégourdir les jambes ou d'aller casser une petite croûte au wagon-restaurant si l'estomac m'en dit. Aussi, bien que n'ayant globalement pas des goûts de luxe, j'ai toujours fantasmé sur le mythique Orient-Express qui reliait autrefois l'Europe de l'Ouest à la Russie, à l'Egypte ou aux Indes, et qui a été amplement représenté dans la culture populaire depuis "Le crime de l'Orient-Express" d'Agatha Christie jusqu'au film de la franchise James Bond "Bons baisers de Russie". Il était donc impossible pour moi de faire l'impasse sur l'exposition que lui consacre actuellement l'Institut du Monde Arabe.




D'abord, une brève leçon d'histoire: l'Orient-Express a été conçu par le Belge Georges Nagelmackers, fondateur de la Compagnie Internationale des Wagons-Lits. (Ici Chouchou, dont la fibre patriotique a été réveillée par les récentes performances des Diables Rouges, se lance dans une ola solitaire en pleine file d'attente.) Pourvu de tous les conforts possibles et imaginables à l'époque, il est mis en service en 1883. (L'Orient-Express, donc, pas Chouchou.) Il voit sa circulation perturbée par les deux conflits mondiaux, mais aussi par des incidents parfois des plus rocambolesques. En 1929, une tempête de neige le bloque en Turquie pendant cinq jours et force les passagers à chasser des loups pour se nourrir. En 1931, une attaque terroriste le fait dérailler en Hongrie; bilan: une vingtaine de morts. Victime des destructions provoquées par la Seconde Guerre Mondiale, il perd son statut de train de luxe en 1947 et entame son lent déclin...




L'exposition "Il était une fois l'Orient-Express" se compose de deux parties. Après une longue attente debout dans le froid et la pluie de novembre sur le parvis de l'institut, les visiteurs sont introduits par petits groupes dans 3 des voitures originelles de l'Orient-Express, redécorées et mises en scène pour l'occasion. La première est un salon sur les tables desquelles sont reconstitués toutes sortes de passe-temps mondains. Autant vous dire que nous nous sommes réjouis que les 58 cigarettes présentes ne soient pas allumées. Je n'ose imaginer comment ça devait empester à l'époque...





La deuxième voiture est un des fameux wagons-lits. L'intérieur de certaines des cabines est dédié à unepersonnage célèbre, réel ou fictif, ayant marqué l'histoire de l'Orient-Express. Mata Hari et le général Patton y côtoient donc la Madonne des Sleepings et James Bond.




La troisième voiture est un wagon-restaurant décoré de superbes marqueteries, de tapisseries des Gobelins et de cristaux signés Lalique. Une belle collection de bouteilles d'alcool trône derrière le bar! 






J'ai beaucoup aimé cette partie de l'exposition à un élément près, mais un élément de taille. Les photos des "une" de journaux d'époque, ainsi que les portraits de présentation de personnages célèbres, ont été remplacées par... des écrans qui diffusent de courtes scènes filmées (avec le son, parfois). Je n'ai pas compris la raison de cet atroce anachronisme qui pour un peu aurait gâché mon plaisir. Des photos ordinaires, de préférence en noir et blanc, auraient été tellement préférables!




La seconde partie de l'exposition se compose de deux salles situées à l'intérieur de l'institut, et rassemblant des objets et documents d'archives liés au développement du rail, à l'équipement de l'Orient-Express et à sa dimension géopolitique. Ca aurait pu être passionnant, et j'ai juste trouvé ça rasoir: mal éclairé, peu lisible, sans fil directeur clair. A 14,80€ le billet adulte, réservation comprise, l'ensemble bien que très riche m'a paradoxalement laissée sur ma faim. Mais je suis un public difficile, et cette exposition reste à mon avis assez exceptionnelle pour mériter une visite. 

1, rue des Fossés-Saint-Bernard
Place Mohammed V
75005 PARIS
Métro Jussieu (7) ou Cardinal Lemoine (10)
Exposition visible jusqu'au 31 août 2014


7 commentaires:

Sunalee a dit…

Et toi, à part Bruxelles-monpatelin, quelles sont tes histoires de train ? (ça pourrait faire un billet entier, je suppose)

ARMALITE a dit…

Je les raconte ici au fur et à mesure depuis presque 10 ans (cliquer sur le tag "train"). Mais rien d'aussi dramatique ou divertissant - en général, des histoires de retards, de passagers désagréables, de tarifs incompréhensibles... Pour l'instant, aucun loup n'a encore été victime de mes déplacements :-)

Sunalee a dit…

ah oui, en effet ! c'est très SNCF... je retiens l'idée pour moi en tous cas, j'ai voyagé dans quelques trains "exotiques".

Nekkonezumi (Ed) a dit…

Eh ben ça donne envie, mais je n'arriverai probablement pas à la voir, hélas...

elmaya a dit…

L'orient-express, mon rêve, mon fantasme, depuis si longtemps... Ravivé justement cette semaine par un petit bout d'article sur son wagon-restaurant dans le dernier Zeste... Je me rappelle avoir vu un des wagons à l'occasion d'une exposition en plein air de trains anciens, sur les Champs-Elysées, il y a ... bien 10 ans !
Rhâââ, quel dommage que cette exposition ne soit pas à Lyon ! Mais merci à toi de l'avoir partagée...

shermane a dit…

C'est le rêve de ma môman, et j'aimerais pouvoir le lui offrir un jour...
Sinon, je suis allée à l'IMA pour la première fois le jour de l'inauguration de cette expo, j'ai regretté de ne pas avoir décalé ma sortie, mais tout de même, 15 €, ce n'est pas donné et je suis également de plus en plus difficile en expos...

ARMALITE a dit…

Le pire niveau tarif, c'est l'expo Marvel à la galerie Art Ludique: 16€ l'entrée! Sachant que même si j'ai été très fan de comics pendant une quinzaine d'années, j'y allais juste pour faire plaisir à Chouchou, que je me suis copieusement ennuyée et qu'on n'avait même pas le droit de prendre de photos à l'intérieur...