dimanche 20 juillet 2014

"Boyhood"


Richard Linklater, c'est le réalisateur auquel on doit la trilogie des "Before sunrise/sunset/midnight", qui suit un couple à intervalles de 9 ans dans la réalité comme sur la pellicule. Dans "Boyhood", il pousse l'expérimentation cinématographique encore plus loin: tourné sur une période de 12 ans, à raison de quelques jours chaque année, le film montre en temps réel l'évolution d'une famille fictive dont les parents sont interprétés par Patricia Arquette et Ethan Hawke (déjà partie prenante du projet "Before..."). Ainsi, on voit les comédiens grandir et vieillir à l'écran sans le moindre trucage. Le projet était risqué: le jeune Ellar Coltrane aurait pu décider à tout moment qu'en fin de compte, le cinéma, ce n'était pas son truc, et Richard Linklater aurait eu bien du mal à boucler son film de façon satisfaisante. Mais tout s'est bien passé, et on peut admirer l'étonnant résultat sur les écrans depuis mercredi dernier.

Ne vous attendez pas à un scénario particulièrement complexe: il s'agit juste du quotidien d'une famille éclatée et recomposée avec plus ou moins de succès. D'un côté, le père immature capable de disparaître un an et demi en Alaska avant de revenir assurer les gardes du week-end auprès de ses enfants; un peu glandeur, il conduit une bagnole vintage, vit en colocation avec un pote musicien comme lui et ne semble pas prêt à se ranger. De l'autre côté, la mère bien forcée d'assumer seule reprend des études de psychologie et enchaîne deux mariages désastreux. Au milieu, Mason Junior, enfant introverti âgé de 6 ans au début du film et 18 à la fin, se fait trimballer un peu partout à travers de Texas, d'une maison à l'autre et d'une école à l'autre. On le voit vivre les expériences typiques de l'adolescence, se découvrir une passion pour la photo, rompre avec sa première petite amie sérieuse, décrocher son diplôme d'études secondaires et partir en fac. Et c'est tout. Et c'est bien assez du point de vue de Chouchou, mais un peu juste du mien. Si j'ai été fascinée par le côté expérimental du film, j'aurais aimé que celui-ci me montre une trajectoire un peu moins banale, un peu plus remarquable. Dieu sait qu'en 2h44, il aurait eu le temps de le faire. Là... je ne me suis pas ennuyée, mais je sais qu'a posteriori, je ne conserverai aucune trace de "Boyhood".

3 commentaires:

Isa a dit…

J'ai vu la bande-annonce il y a quelques jours, et l'idée m'a complètement emballée. Je suis très curieuse de découvrir ce film, tout comme j'ai envie de me plonger dans la trilogie des "Before..."

ARMALITE a dit…

La trilogie des "Before", je suis contente de l'avoir vue au fur et à mesure qu'elle sortait, parce qu'à chaque fois j'avais l'âge des héros et j'en étais à la même période de ma vie avec un peu les mêmes questionnements. Je ne pense pas qu'elle me ferait autant d'effet si je découvrais les trois films d'affilée aujourd'hui.

auroreinparis a dit…

Il est très long, et comme tu l'as ressenti, j'ai peur aussi de m'ennuyer avec un quotidien banal, et en même temps j'aime bien observer l'ordinaire. Je verrai si j'ai le temps de me rendre au ciné cette semaine.