jeudi 31 octobre 2013

TEDX Brussels




Fan des conférences TED, j'avais complètement chamboulé mon planning professionnel et personnel de fin d'année pour pouvoir assister à l'événement qui se tenait lundi à Bruxelles, dans la grande salle du Bozar. Récit de ma journée...

La minute "Vous vous gaussez, jeune homme":
De grand matin (vers 8h20, donc), j'arrive à l'accueil pour retirer mon badge. On me demande mon e-ticket. Je tends ma facture, parce que c'est tout ce que j'ai trouvé à imprimer. On me donne quand même mon badge, et un bénévole m'explique que je dois le scanner à l'une des bornes pour collecter toutes mes infos digitales. Je lui ris au nez. "Monsieur, je n'ai pas réussi à trouver mon e-ticket sur internet; mon téléphone est un vieux Nokia basique cassé depuis plusieurs mois; et pour prendre des notes aujourd'hui, j'ai apporté un carnet en bois d'arbre. Alors, mes infos digitales, comment vous dire...?"

La minute "Discrimination":
Evitant les bornes devant lesquelles les 1999 autres participants font la queue, je me dirige vers les comptoirs à café. "Espresso ou capuccino?" interroge une serveuse. "Vous auriez du thé?" "Non. Espresso ou capuccino?" "Euh, ben, rien, alors." Et pas l'ombre d'un croissant ou d'un truc à grignoter, alors que je n'ai pas déjeuné avant de partir. 

La minute "Labyrinthe":
Comme je suis arrivée bien en avance et qu'il me reste encore vingt bonnes minutes avant le début de la conférence, je décide de me mettre en quête d'une boulangerie. Pendant un quart d'heure, je tourne en rond à l'intérieur du Bozar sans réussir à trouver la sortie. Je ne pensais pas qu'aujourd'hui, un GPS me manquerait davantage qu'un iPad ou un smartphone. 

La minute "Mais quel rapport avec la choucroute?":
La conférence commence devant une salle comble. Le thème du jour: "Ex Nihilo", "Out of nothing", ou comment créer quelque chose à partir de rien. Diana Reiss, la troisième intervenante, a prouvé que les dauphins pouvaient se reconnaître dans un miroir et utiliser une sorte de clavier d'ordinateur. Donc, ce sont des créatures très intelligentes, et il faut absolument arrêter de les massacrer. Tout à fait d'accord avec la dame (personnellement, je trouve que même les créatures idiotes ne méritent pas d'être massacrées) (encore que ça règlerait le problème du FN), mais euh quel rapport avec le thème? Plus tard, je découvre que cette chercheuse en psychologie est l'épouse d'un des présentateurs. Mmmh. Donc en fait, c'était peut-être la minute "Népotisme".

La minute "Yes we can":
Scott Thomas, qui a conçu la campagne de Barack Obama en 2008, travaille désormais sur un projet de langage visuel universel et contributif, "The noun project". J'aurais aimé qu'il développe un peu plus. 

La minute "Pas de dinosaures dans l'espace":
Jason Dunn dirige une compagnie chargée de concevoir une imprimante 3D capable de fonctionner en apesanteur. Elle sera envoyée dans la station spatiale au printemps prochain. Ainsi, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, il sera possible de fabriquer des choses ailleurs que sur le sol de la Terre, et donc, de s'affranchir d'une grande partie des contraintes énormes qui pèsent sur les missions spatiales. Par exemple, au lieu d'emporter une quantité phénoménale de pièces de rechange, les astronautes pourront les produire au fur et à mesure en fonction de leurs besoins. C'est une avancée de géant dans la conquête spatiale et, peut-être, pour la survie de l'humanité. "Les dinosaures ont disparu parce qu'ils n'avaient pas de programme spatial", affirme Jason Dunn. Vu comme ça...

La minute "Télékinésie pour tous":
Tan Le nous présente le casque qu'elle a conçu afin d'étudier la connectivité du cerveau. Aujourd'hui, plus de 2 milliards de personnes dans le monde souffrent de troubles mentaux: schizophrénie, bipolarité, dépression... Pour collecter une grande quantité de données et faire avancer la recherche, il fallait un appareil portable et plus facile à manipuler que l'appareil avec lequel on réalise d'ordinaire les encéphalogrammes. Ce casque permet également de faire fonctionner un fauteuil roulant ou un ordinateur par la force de la pensée. La vidéo de démonstration est assez incroyable.

La minute "Ca fait un peu cher pour du McDo":
Outre le fait qu'il est très polluant (responsable de 18% des émissions annuelles de gaz à effet de serre), l'élevage consomme beaucoup trop de ressources qui devraient plutôt être consacrées à la production de fruits, de légumes et de céréales. Pourtant, bien que la viande ne soit absolument pas nécessaire à sa santé, l'être humain n'est pas prêt à y renoncer. Mark Post travaille donc à fabriquer de la viande de boeuf à partir de cellules souche. Pour l'instant, 3 steaks sont sortis de son laboratoire. Ils ont coûté $50 000 pièce, et les goûteurs les ont trouvés "pas terribles".

La minute "DTC, EDF":
Antony Evans vient parler du DYI biologique qui sera bientôt à la portée du pecum vulgus, et en particulier des plantes lumineuses susceptibles de fournir une lumière naturelle sans électricité. (Son handle Twitter: @glowingplant) Les possibilités laissent rêveur.

La minute "Mon smartphone, mon psy":
Ayant constaté que quelque chose qui transcende le langage passe dans le ton de notre voix et nous permet de déchiffrer même les émotions d'une personne s'exprimant dans une langue étrangère, Matt Dobson s'est mis en tête d'identifier certaines fréquences acoustiques pour enseigner l'empathie aux machines.

La minute "Téléréalité":
Après la pause déjeuner (sandwichs mous et gâteaux bourrés de sucre), Amalya Delepierre, ex-candidate de The Voice, vient chanter une petite chanson improvisée exprès pour ce TEDX. Soit: au final, l'art sous toutes ses formes est toujours sorti du néant...

La minute "Protégeons nos données personnelles à tout prix":
Le Finlandais Mikko Hypponen, spécialiste du cybercrime, nous explique comment, par le biais de sociétés telles que Google, les USA ont désormais accès à toutes nos données personnelles. "Réfléchissez: votre moteur de recherche en sait sans doute davantage sur vous que votre propre famille". Il démonte l'argument classique "Je m'en fous, je n'ai rien à cacher" et affirme que la protection de la vie privée est une pierre d'angle de la démocratie. Pour échapper à la cybersurveillance, il préconise de basculer vers des systèmes opératoires en open source. Il est absolument passionnant, et je pourrais l'écouter parler pendant des heures. (Son handle Twitter: @mikko)

La minute "And your point is...?"
Diplômé de la prestigieuse université de Stanford, James Monsees rappelle que le tabac est la cause de mort évitable n°1 et analyse pourquoi nous fumons quand même. Un gros quart d'heure pour expliquer que oui, on sait que c'est mauvais pour nous, mais on trouve ça trop cool et du coup, on n'est pas prêt à y renoncer. Euh, parle pour toi, mon gars.

Les minutes "Je commence à m'ennuyer ferme":
Eric Melloul parle des nouveaux produits alimentaires. Slava Rubin, de l'intérêt du crowdfunding. Lode Dewulf trouve absurde que dans beaucoup de cas, les docteurs refusent de soigner les femmes enceintes. Peter Mombaerts se lance dans une explication très technique sur l'odorat des souris; son jargon scientifique me fait piquer du nez et écrire "BORING!" sur mon carnet en bois d'arbre.

La minute "Contredisons un autre intervenant":
Yves Moreau parle du séquençage du génome et de la nécessité de créer une immense base de données à laquelle les scientifiques pourraient accéder librement afin de faire progresser la recherche et le traitement des désordres génétiques - tout en admettant que cela viole complètement le principe de protection des données personnelles présenté comme incontournable par Mikko Hypponen un peu plus tôt. Un dilemme intéressant.

La minute "A mort le capitalisme":
Martin Zizi qui a dû beaucoup souffrir dans les cours de récréation de son enfance nous informe que les microbes évoluent plus vite que les médicaments, et que certains d'entre eux deviennent ainsi résistants à tout. Il existe néanmoins une solution pour s'en débarrasser: les bactériophages. Ceux-ci injectent aux microbes de l'ADN qui se multiplie jusqu'à les faire littéralement exploser. En plus, ils ne coûtent presque rien à produire. Le problème, c'est que pour tester, valider et mettre un traitement sur le marché, il faut 5 à 10 ans - un délai largement suffisant pour que les microbes évoluent et que le bactériophage concerné devienne inopérant. A qui cela profite-t-il? A l'industrie pharmaceutique, bien sûr, qui ne cesse d'augmenter la résistance bactérienne... et ses propres profits.

La minute "Mes oreilles saignent": 
Tim Exile vient faire une performance musicale dont le volume et l'extrême discordance menacent la survie de mon ouïe. Je peine à tenir jusqu'à la fin et me sauve dès la dernière note éteinte au milieu d'un tonnerre d'applaudissements. Ai-je entendu la même chose que les 1999 autres participants? Si ça se trouve, mon carnet en bois d'arbre déforme les sons.

La minute "Ecole buissonnière":
Il reste encore une session d'une heure, avec des thèmes qui m'interpellent, mais je sature et préfère me sauver. J'ai trouvé les 21 interventions auxquelles j'ai assisté d'un intérêt variable et d'un niveau très inégal. Certaines m'ont vraiment éblouie et rendue un peu plus optimiste sur l'avenir de l'humanité, mais la journée dans son ensemble m'a tout de même paru assez indigeste. Je vais continuer à consommer des conférences TED de chez moi, une tasse de thé à la main, en sélectionnant les thèmes et à dose modérée.

1 commentaire:

Larissa a dit…

Un assez bon résumé de la journée, à la différence que j'ai tenu jusqu'au bout - malgré une grosse crise d'envie de partir pendant la tartine sur l'odorat des souris.
L'exposé sur la cigarette, en fait, je me suis demandée ce que le gars voulait dire, et ne suis pas sûre qu'il sache lui-même. Il avait surtout pas trop vraiment préparé son texte...
J'ai été assez séduite (et surprise) par la fille de The Voice. Quand ils ont annoncé son parcours je m'attendais à de la mièvrerie à deux balles, et au final sa mélodie toute simple teniat la route et l'émotion était là. Par contre, Tim Exile, oh pitié mes oreilles!
La dernière sessiosn était assez intéressante, avec une vidéo totalement inutile de Peter Gabriel, et une présentation sympa des aventages du Quantified Self dans l'amélioration de la santé, assez interpelant. Et puis le dernier intervanant était rigolo, a poussé la chansonnette, et terminé sur une note plus légère.
Je pense que j'y retournerai quand même l'année prochaine, avec Mr Vegan, pour pouvoir débattre avec lui après...