jeudi 19 septembre 2013

La nostalgie frileuse




Ce matin vers 7h à Monpatelin, le soleil se levait dans un ciel couleur de barbapapa. Une douzaine de personnes attendaient sur le quai de la gare, mais j'étais la seule avec une valise. Les autres sont descendues à la grande ville voisine pour commencer leur journée de travail, tandis que d'un regard ensommeillé je regardais défiler toutes les gares minuscules jusqu'à Marseille. 

Ce matin vers 8h30 à Marseille Saint-Charles, il y avait des pins bien alignés à l'intérieur du hall, un cygne noir et blanc à petits pois, un jeune homme en survêtement qui jouait du piano, une affiche pour l'adaptation ciné de "L'extraordinaire voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet" qui m'a mis le coeur en joie. 

Et puis il y avait moi, assise au comptoir du Monop'Daily face à la vitrine, qui regardais passer les gens en trempant un croissant dans un mauvais chocolat chaud de distributeur. L'esprit encore un peu embrumé, pas mécontente au fond de me trouver là en transit avec l'essentiel de ma vie sur roulettes et le soleil qui brillait sur l'esplanade. 

Ce matin vers 11h, à Lyon Part-Dieu, une jeune fille aux cheveux châtains frisés est montée dans le TGV 9860 et s'est assise à la place 21 de la voiture 5, juste à côté de moi. Elle a ouvert un livre de développement personnel appelé "Trouvez un sens à votre vie avec la Bible". Avec application, elle s'est mise à en surligner des passages au Stabilo Boss orange en s'aidant d'une règle. 

J'ai mangé une salade de rigatoni aux coeurs d'artichaut et un petit pot de graines de grenade rouge translucide. J'ai lu deux nouveaux magazines, un très chouette et un complètement rasoir, puis j'ai sorti mon livre du nouveau sac en cuir gris aviateur déniché sur eBay et que je ne me lasse pas d'admirer. Je me suis plongée dans l'histoire de cette fille devenue muette suite à un choc amoureux, et qui décide d'ouvrir un restaurant très particulier dans son village natal. Chaque fois que je levais la tête, le ciel était un peu plus gris. 

Quand le train est arrivé à son terminus, le soleil avait tiré sa révérence. Il était 14h25, le thermomètre affichait 16°, et je grelottais presque dans mon T-shirt Totoro et ma jupe courte. Bienvenue à Bruxelles. Pour me consoler, je suis passée à l'Espace Café de la gare du Midi, où je bois toujours un thé délicieux avant de descendre à Monpatelin, et j'ai acheté 100 grammes de Sables Emouvants. J'en finis ma deuxième tasse en rédigeant ce billet. La menthe, les dattes et la fleur d'oranger ramènent au moins mes papilles dans ce Sud qui me manque tant lorsque je n'y suis pas.

5 commentaires:

fedora a dit…

très joli billet, tout plein de sentiments et de douce nostalgie... j'aime bien

Vanette a dit…

La nostalgie de ton billet a contaminé Bad Baby, qui, bien que ne sachant pas lire, a vu l'horloge sur la photo et a dit "oh, une horloge comme chez Mamino, on va quand chez Mamino?"
Apparemment toutes les horloges des gares françaises sont les mêmes et filent le mouron aux petits garçons de trois ans qui auraient aimé prolonger leur séjour breton. :)

Ness a dit…

Il y a du bon thé quelque part à la gare du midi? intéressant à retenir!
( pour ma part, j'ai beaucoup moins bien vécu le suicide climatique qu'a été mon retour à Bruxelles depuis Stockholm, mais le principal, c'est qu'on en a ri :) )

ARMALITE a dit…

Ah ah la Princesse alias Gasparde vient de me poser la même question. Or donc:
Quand tu sors du métro, tu avances tout droit, tu as un premier "carrefour" avant d'arriver à la Rotonde. Sur ta droite y'a le point presse, sur ta gauche le Panos. L'Espace Café est juste après le Panos. J'ai pas goûté leurs autres thés mais j'adore leur Sables Emouvants. Et leurs chaussons aux pommes sont tout à fait décents.

Miss Sunalee a dit…

Il y a quelques semaines, nous parlions d'envie d'écrire mais aussi de la difficulté de trouver des sujets. Je trouve que là, tu as trouvé un sujet tout simple que tu as très bien raconté.

(et merci pour l'adresse !)