mardi 15 mai 2012

A la recherche des trésors cachés dans les vieilles pierres de Pornic




Pornic n'est pas seulement un très joli petit port breton; c'est aussi l'un des endroits où mon passé et mon présent se télescopent avec le plus de force. Un moi de 17 ans qui vient de passer deux semaines en mer avec un mal au coeur épouvantable et un insaisissable blond crollé, un moi de 35 ans qui tente de reconstruire sa vie amoureuse en réchauffant une histoire déjà foirée la première fois errent encore le long de la jetée de pierre; leur spectre ondule doucement dans les effluves d'iode, le vent capricieux et le soleil pâle de ce mois de mai. Laissons-nous une invisible empreinte dans les lieux où notre coeur a battu le plus fort? C'est une idée qui m'accompagne depuis toujours. Si j'étais écrivain, j'en ferais un roman, ou au moins une nouvelle. Comme je ne le suis pas, je me contente de vous la jeter en pâture au détour d'un billet de blog.

(Fin de la minute pseudo-littéraire.)

Hier, donc, je voulais faire découvrir Pornic à Chouchou, et en profiter pour geocacher sur place. Arrivés un peu après midi, nous avons commencé par chercher un restaurant. Notre choix s'est porté sur une crêperie située face au port et curieusement baptisée Le P'tit Nice, dont toutes les galettes portaient des noms de caps. J'ai choisi la Cap Henry: Saint-Jacques, embeurrée de chou, poitrine fumée.  Fantastique. Chouchou a pris la Cap Farwell: pommes de terre, reblochon, crème fraîche - un métissage bretonno-alsaciensavoyard très goûtu à défaut d'être léger. Par contre, la crêpe pommes cuites/caramel au beurre salé qui m'a été servie en dessert ne valait pas celle que j'avais mangée à la Licorne de Saint-Malo quelques jours auparavant. On ne peut pas gagner à tous les coups!



Le P'tit Nice, 60 quai Leray, 44210 Pornic

En guise de promenade digestive, nous nous sommes lancés dans la recherche d'une geocache à 9 étapes - oui, 9. Les 6 premiers nous ont conduits à des endroits notables de Pornic, comme les halles ou la Notre-Dame qui veille face au port du haut d'une éminence. Nous y avons relevé des chiffres qui nous ont permis d'obtenir les coordonnées de 2 autres sites où se trouvaient, sur des étiquettes bien cachées, les coordonnées Nord et Ouest de la cache finale. Nous avons tourné un bon moment autour d'une maison de retraite en essayant de ne pas avoir l'air trop louches, et nous étions sur le point d'abandonner quand une suite de 5 chiffres nous est enfin apparue. Très fiers, nous avons filé (enfin, Chouchou a filé et j'ai claudiqué derrière lui car je commençais à avoir des ampoules - ça m'apprendra à oublier de mettre de la crème Nok quand je suis pieds nus dans mes chaussures!) jusqu'à l'emplacement final: un mur plein de trous dans lequel devait se trouver la cache. Et là, grosse déception. En guise de butin, nous avons trouvé des dizaines de toiles d'araignées, une maxi-boîte de Kiri, deux sacs en plastique noir vides et un goulot de bouteille cassée. Les gens sont vraiment dégueus.  Surtout, la cache semblait avoir disparu.

C'est en faisant une tête de six pieds de long et en grommelant un maximum que je suis redescendue vers le port. Un petit remontant s'imposait. Justement, j'avais repéré chez Rêve de Glace (2 quai Leray 44210 Pornic) toute une rangée de machines pour faire les glaces à l'italienne, dont une avec le parfum caramel beurre salé (non, je ne suis pas DU TOUT obsédée). Chouchou a préféré une glace classique rhum-raisins, et nous sommes allés déguster notre goûter sur un banc face à l'eau. Un peu requinquée, j'ai accepté de traîner mes ampoules jusqu'au parking de la gare où nous avons récupéré la voiture pour partir à la recherche des deux autres caches qui figuraient sur ma liste du jour. La première se trouvait tout au bout de la jetée, à l'endroit précis où j'ai le plus de souvenirs (comme quoi, l'assassin revient toujours sur les lieux de son crime!). La seconde nous a conduits vers un site très intéressant: celui du tumulus des Mousseaux, une tombe mégalithique transeptée vieille d'environ 3500 ans.




Au final, nous ne sommes donc pas rentrés bredouilles! Et j'ai envoyé un mail au créateur de la première cache pour lui demander de vérifier si elle était toujours en place; dans le cas contraire, j'espère qu'il nous autorisera quand même à la loguer comme trouvée. 

11 commentaires:

Ness a dit…

Moi j'aime bien les minutes littéraires.

:)

Noémie a dit…

La savoyarde(pas du tout chauvine) que je suis s'oppose à l'appellation bretonno-alsacien pour une galette au reblochon ;)

Mais tu me donnes envie d'aller en Bretagne

Noémie

Cécile de Brest a dit…

Pieds nus au mois de mai en Bretagne ??!!!!!

Anonyme a dit…

ah mais non, les glaces à Pornic, c'est à la Fraiseraie ! ;-)

Pascaline Loricourt a dit…

Mmmmmmmmmmh la crêpe de Chouchou !!!!! Mais le reblochon c'est pas savoyard ?!?

Isa a dit…

Moi aussi, j'aime bien ta minute littéraire :) Ce que tu nous décris là, je l'ai fortement ressenti à Lille la dernière fois que j'y suis retournée seule. Pas une rue où je n'ai un souvenir d'Olivier ou des enfants. J'étais assaillie de visions partout où j'allais, c'était vraiment très étrange comme sensation...

ARMALITE a dit…

Origine du reblochon dûment corrigée ;-)

Anonyme a dit…

La Fraiseraie existe à Nantes aussi, effectivement les glaces y sont très très bonnes.
C'est derrière la Fnac.

Pascale a dit…

Derrière la FNAC?? Ah bon? Connais pas celle-là. Chouette (quoique...) ;-)
Y'a aussi une boutique rue du Moulin des Carmes.

Sabine a dit…

J'aime beaucoup cette idée de cette empreinte du passé que nous laissons derrière nous. J'ai plusieurs fois ressenti la même chose, me disant que si je me concentrais assez je pourrais peut-être croiser mon ancien "moi" et ceux qui m'accompagnaient à l'époque...
C'est vrai que c'est une jolie idée pour un roman :-)

Sabine a dit…

Rectification:"J'aime beaucoup cette idée d'une empreinte..."
Faut pas que je commente trop tôt, ça ne me vaut rien ;-)