dimanche 11 décembre 2011

Les brunchs du dimanche (12): Ellis Gourmet Burger


Depuis début octobre, il ne se passe pas trois jours sans que j'entende quelqu'un parler du Ellis Gourmet Burger ou que je lise un article dithyrambique à son sujet sur internet. A force, ça m'a agacée d'être la seule Bruxelloise hors du coup, et j'ai décidé d'aller moi aussi tester ce fameux burger joint.

Samedi soir, donc, j'appelle afin de réserver une table pour deux. "Ah non, on ne prend les réservations que pour les grandes tables, me répond une demoiselle au téléphone. Sinon, vous vous rendez compte, on serait complets avant même d'ouvrir." Une salle pleine, en effet, doit être le cauchemar numéro un de tout restaurateur. Mais bon, OK. Nous irons assez tôt pour ne pas devoir attendre, et puis voilà.

Dimanche matin, j'ai mon mal de ventre traditionnel du dimanche matin, donc nous partons en retard et nous galérons pour nous garer aux abords de la place Sainte-Catherine. Du coup, nous arrivons sur place à 12h30 alors que le resto ouvre à midi, et toutes les tables sont déjà prises. Le chef de salle (ou le patron?) nous informe sans le moindre sourire qu'il va y avoir de l'attente, et que si on pouvait parquer nos derrières sur ces chaises au lieu de rester plantés près de l'escalier, ce serait bien aimable.

La 5 se libère sous une dizaine de minutes. Juste à côté de la porte dont, en l'absence de l'épais rideau de velours qui garnit l'entrée de tous les restaurants bruxellois soucieux du bien-être de leur clientèle, émane un courant d'air glacial chaque fois que quelqu'un entre ou sort, c'est-à-dire environ toutes les 30 secondes vu la proximité du marché de Noël. Chouchou gardera donc son blouson pendant tout le repas.

A peine avons-nous posé nos fesses sur les sièges qu'une demoiselle se jette sur nous pour demander ce que nous voulons boire. Elle semble étonnée quand je lui réponds que je préfèrerais regarder la carte avant de commander. La carte, donc, est une pauvre photocopie sur du papier 80g ordinaire déjà bien déchiré dans les pliures. On note des amuse-bouches en grosses verrines qui ont l'air sympa (mais pas forcément indispensables avant de s'enfiler un burger). Les sandwichs sont à des prix plutôt démocratiques, même si ce prix s'entend "nu" et qu'il faut débourser 3,50€ de plus pour avoir droit à une portion de frites, et un peu moins pour une patate au four, du coleslaw ou un demi-épi de maïs. Par contre, excepté celui au faisan et celui au pigeon, je ne les trouve pas d'une grande originalité. Idem pour les trois salades proposées par ailleurs et pour la poignée de dessert archi-classiques, même si je note que les muffins ont l'air succulent (mais once again, pas forcément indispensables après s'être enfilé un burger).

Nous venons de passer commande à la demoiselle du début quand un jeune homme s'approche pour nous demander ce que nous voulons. La minute d'après, il installe à la table voisine de la nôtre, déjà pas très grande pour deux personnes, un couple avec un jeune enfant. Pour ce faire, il doit rapprocher ladite table de la nôtre au point que je me retrouve coincée contre le mur. Et si je veux aller aux toilettes? Ben, tant pis pour moi. Et si je veux avoir une conversation vaguement privée avec Chouchou? Tant pis pour moi aussi. De toute façon, le volume sonore ne se prête guère aux badinages amoureux, et la froideur du décor très "new-yorkais moderne", non plus. Par contre, je pourrais être tentée d'aboyer sur le serveur qui repasse toutes les cinq minutes nous poser des questions ou nous proposer des choses dont sa collègue s'est déjà chargée.




Nos burgers arrivent dans un délai raisonnable. J'ai pris un Rossini, avec de petites escalopes de foie gras et du confit d'oignon, en précisant bien que je voulais un steak saignant. Bonne surprise: la viande est cuite comme je la voulais, mais ressemble tout de même fort à du Charal décongelé - rien à voir avec l'épais et succulent steak du P.H.A.T, ou le steak ultra-mince mais confectionné sur place avec de la viande bio de l'Amour Fou. Chouchou se déclare très satisfait de son soy cheese végétarien dont le bun, je l'avoue, a l'air délicieux. Les frites servies dans un haut bol en porcelaine doublé d'un sachet papier sont excellentes, tout comme la mayonnaise au poivre fournie en bonne quantité. Globalement, donc, pas grand-chose à redire au niveau de la nourriture elle-même, et les prix sont en effet corrects.

Mais sérieusement... Avec le nombre de burger joints bobos qui fleurissent un peu partout à Bruxelles en ce moment, de la bouffe honnête, ça ne me suffit pas. J'attends aussi un minimum du côté de l'ambiance et du service, et ce minimum n'était pas du tout, du tout atteint. Je n'avais qu'une hâte: finir de manger pour décamper. J'ai du mal à comprendre le buzz qui entoure le Ellis Gourmet Burger. Pour ma part, c'est certain, je n'y remettrai pas les pieds et ne le recommanderai pas.

Ellis Gourmet Burger
Place Sainte-Catherine 4
1000 Bruxelles

8 commentaires:

La princesse a dit…

Ils ont peut être surtout un bon bureau de presse, qui fait qu'on entend beaucoup parler tout simplement ;) ?

J'ai gouté la semaine dernière ceux de l'Amour Fou, et même si j'aurais aimé un steak un poil plus épais, je l'ai vraiment trouvé excellent, et j'y retournerai probablement...

ARMALITE a dit…

Oui, à l'Amour Fou le steak est un peu mince, mais j'aime beaucoup l'originalité et la variété de leur carte, et ils utilisent de bons produits.

Céline M. a dit…

Je comprends mieux, du coup ;)
Quand nous y sommes allés, on a eu une table à l'étage, dans un coin peinard, donc pas de souci à ce niveau-là. Par contre, c'est vrai que le service n'était pas génial non plus mais on avait mis ça sur le compte de la grosse table d'anniversaire dans la salle adjacente.

Par contre, niveau réputation, nous on avait surtout remarqué que la plupart des articles de presse les concernant provenaient de revues néerlandophones. Et malgré ça, la serveuse à côté de nous baragouinait à peine deux mots de NL à l'adresse de nos voisines de table. J'avais trouvé ça un peu fort.

Enfin, avec tout ça, je me dis qu'il va vraiment falloir qu'on se décide à tester l'Amour fou un de ces 4 !

Ariane a dit…

(Pas besoin de publier ce commentaire)

Bonjour!
Je voulais simplement faire une petite précision sur un truc que j'ai remarqué sur ton blogue dernièrement. Le terme anglais pour de la salade de chou (la traduction française étant une particularité québécoise) est coleslaw, et non coleslow.
Voilà, merci. ^^

ARMALITE a dit…

Tu fait bien de me le signaler Ariane! J'ai eu une hésitation au moment de l'écrire, j'avais même commencé par la version avec un A je crois. Je rectifie ça tout de suite.

ARMALITE a dit…

(Noisette: j'ai essayé de t'écrire mais on me dit que l'adresse mail que j'ai pour toi n'est plus bonne, peux-tu me contacter à l'adresse du blog: leroseetlenoir@hotmail.com Je suis inquiète...)

Sophie a dit…

As tu essayé le Bliss à Lasne? moi j'y ai bien mangé mais je ne suis pas une spécialiste du burger, je crois aussi que c'était peut-être un peu classique... Ceci dit autant le PHAT me tentait autant celui-ci je n'ai même pas envie d'essayer. Finalement, tu es un peu notre cityplug à nous :-)

ARMALITE a dit…

Non, je ne connais pas le Bliss. Et je suis contente si mon avis peut servir, soit à faire découvrir de chouettes endroits (et le PHAT est vraiment bien, un poil cher, mais vraiment bien), soit à en éviter de pas terribles.