dimanche 4 septembre 2011

"La guerre est déclarée"


Les enfants me laissent totalement froide, et j'ai une vraie phobie du cancer. Quelle étaient les chances que j'aie envie de voir un film qui parle du combat d'un couple pour sauver son fils atteint d'une tumeur cérébrale? Nulles, a priori.
Oui, mais cette affiche.
Oui, mais la bande-annonce.
Oui, mais les critiques dithyrambiques.

Vendredi, j'avais tout l'après-midi à tuer en ville, les pieds en compote après une longue quête de la trésorerie générale sous un soleil de plomb et en sandales à talons, et une interdiction de faire du shopping pour cause de finances toujours en berne alors qu'un city trip à Stockholm se profite à l'horizon.
Alors je me suis réfugiée, au frais et loin des tentations, dans la grande salle du cinéma d'art et d'essai où je n'avais pas mis les pieds depuis des années.
Deux heures plus tard, j'ai eu du mal à m'arracher à mon fauteuil pour en sortir.

"La guerre est déclarée" est un film magnifique, qui évite tous les écueils du pathos et du mélo sur lesquels il aurait été facile de se fracasser avec un sujet pareil. Au contraire, il dégage une énergie incroyable, un élan de vie irrésistible. Tout est fait pour souligner l'amour vivace et obstiné de Valérie Donzelli/Juliette et Jérémie Elkaïm/Roméo. Et même si c'est leur histoire qu'ils racontent là, même si une voix off précise à la fin que cette épreuve a eu raison de leur couple et qu'ils ont fini par se séparer, la dernière image les montre sur une plage avec leur fils guéri et désormais âgé de huit ou dix ans. Malgré le fait qu'ils ont refait leur vie chacun de leur côté, ils forment toujours une famille unie par un lien indéfectible.

Non seulement le sujet est chargé d'émotion et traité de manière infiniment séduisante, mais j'ai adoré la réalisation. L'utilisation de l'allegro des Quatre Saisons pour accompagner l'annonce de la maladie aux proches et en faire une scène quasi muette dont ne ressort que le hurlement du père avant qu'il tombe à genoux dans la rue; les morceaux de cold wave sur lesquels les deux héros se déchaînent pendant les fêtes qu'ils organisent pour oublier le traitement de leur fils et recharger leurs batteries. L'emploi de trois voix-off pour passer pudiquement sur certains aspects de l'histoire et se concentrer plus pleinement sur d'autres. La course de Juliette dans les couloirs de la Timone; ses joggings avec Roméo qui symbolisent leur volonté acharnée de fuir et d'avancer en même temps; leur façon militaire de faire les cent pas devant leurs parents respectifs quand ils leur détaillent les mesures prises pour poursuivre le combat.

Je ne suis pas une grande fan de cinéma, et rares sont les films qui parviennent à me toucher en plein coeur. Mais vendredi après-midi dans mon fauteuil, j'ai vibré pendant une heure quarante par la grâce de l'amour et du talent de Valérie et Jérémie.

7 commentaires:

Serendipity a dit…

Je l'ai vu mercredi soir.
Et je n'ai rien à ajouter à ton commentaire à part dire que j'ai vraiment beaucoup aimé ce film, ce qui m'arrive de moins en moins souvent au ciné ces temps ci.
Déjà avec tes résumés de bouquins tu me donnes souvent envie de lire, je trouve que tu fais ça très. Mais là, avec ton commentaire du film que j'ai vu aussi je me rends compte que tes résumés sont très justes.

ARMALITE a dit…

Merci! Bon, cela dit, il y a aussi une histoire de goûts personnels. J'ai lu de très bons bouquins et vu de très bons films auxquels je n'ai pas du tout accroché...

Anonyme a dit…

Tentant mais j'hésite...:-) Sophie

ARMALITE a dit…

Ca finit bien, et tu le sais dès le début.

Marinette a dit…

J'ai adoré ... le sujet est grave, mais la mise en scène est formidable. Ce n'est pas un film comme les autres dans la mesure où Valérie Donzelli et Jérémy Elkaïm ont vécu cette histoire ...
J'ai beaucoup pleuré, l'histoire me rappelant ma propre histoire de tata ...
Un film poigant, digne, drôle aussi ...

ARMALITE a dit…

J'espère que ça s'est aussi bien terminé pour ton neveu ou ta nièce.

carole a dit…

Alors pour moi, c'est pas du tout la bonne période pour aller voir un film de ce genre (je me bats en ce moment pour faire accepter ma fille à l'école + centre de loisirs), je suis tout le temps au bord des larmes... il me faudrait aller au ciné avec une serviette de plage.... ils me laisseraient rentrer vous croyez ??? si je viens sans le transat, peut-être.... :-)

Je n'ai pas eu connaissance de la sortie de ce film, peut-être plus tard, je le regarderais en DVD, je pourrais me laisser aller et inonder mon salon ;-)