dimanche 10 juillet 2011

"The particular sadness of lemon cake"


Rose Edelstein a neuf ans lorsque, goûtant le gâteau au citron que sa mère vient de lui préparer, elle s'aperçoit avec horreur qu'elle perçoit le goût des émotions de cette dernière. Et que sa mère si affectueuse et si enthousiaste se sent, en réalité, profondément seule et malheureuse entre un mari qui ne la comprend pas et un fils aîné adoré mais perpétuellement distant.

A compter de ce jour, l'étrange don de Rose se met à conditionner toute sa vie. La fillette n'ignore plus rien des humeurs des cantinières de son école et, redoutant de surprendre des secrets ou d'être submergée par des émotions trop négatives, entreprend de se nourrir le plus souvent possible de junk food fabriquée par personne en particulier...

Je ne voudrais pas spoiler la suite en parlant davantage de la singulière famille de Rose. Je dirai juste que l'élément fantastique qui sert de point de départ à ce roman d'Aimee Bender, loin d'éloigner le lecteur de la réalité, met en évidence les aspects les plus poignants de celle-ci: l'incompréhension silencieuse entre les parents de l'héroïne, l'enfermement progressif de son frère, ses premiers émois amoureux à sens unique... L'écriture très simple, surtout au niveau des dialogues, n'empêche pas "The Particular Sadness of Lemon Cake" de suinter une poésie mélancolique pareille à une petite pluie fine. J'ai beaucoup aimé les passages où Rose dissèque la composition des plats qu'elle mange, identifiant l'origine des aliments et l'humeur des gens qui les ont manipulés. Et j'ai trouvé la conclusion extrêmement satisfaisante, ce qui est assez rare pour être noté.

Ce livre n'est pas encore traduit en français.

6 commentaires:

funambuline a dit…

Intéressant, le pendant négatif de "Como agua para chocolate" (mal traduit "les épices de la passion") où la cuisinière réussit à transmettre ses émotions à tous ces convives, ce qui provoque un mariage où tout le monde pleure (son amoureux épouse sa soeur aînée), un enterrement où tout le monde finit par forniquer dans tous les coins (sa mère vient de mourir, elle est enfin libre de vivre son amour au grand jour), etc, etc, etc.

(Dois-je dire qu'il a atterri immédiatement sur ma PAL où ce serait redondant ?)

ARMALITE a dit…

Ca alors, je ne m'en serais pas du tout doutée...

Miss Sunalee a dit…

tu me le prêtes ?
(vive les PAL qui explosent)

ARMALITE a dit…

Oui, si tu veux.

Eve a dit…

Ca donne envie ! Merci ;)

FraiseDesBois a dit…

Tu vas me faire aller dans une librairie anglaise, heureusement c'est pas ce qui manque ici