jeudi 24 mars 2011

Ces petits riens


Je n'ai jamais rêvé de recevoir des cadeaux somptueux ou d'être la destinataire de gestes extravagants. Il m'est arrivé d'organiser des anniversaires surprise pour des amies à qui je savais que ça ferait plaisir; la réciproque m'aurait sans doute plongée dans un grand embarras tant je déteste être au centre de l'attention générale. De la même façon, si un homme m'avait offert le solitaire taille Lucida monture platine de chez Tiffany devant lequel je bave depuis des années, j'aurais été affreusement gênée et tentée de refuser la merveille pour ne pas me sentir redevable, ne pas avoir l'impression qu'on achetait mon affection ou qu'on cherchait à établir un quelconque ascendant sur moi avec ce présent d'une valeur démesurée.

Ce que j'aime vraiment, ce sont les petites attentions. Celles qui n'ont pas pour but de m'éblouir ou de créer une dette, mais qui partent juste d'une envie désintéressée de me faire plaisir. C'est Chouchou qui s'embête à prendre la voiture pour aller faire les courses au Delhaize au lieu de descendre au GB qui se trouve à 300m de la maison, parce que c'est le seul endroit où on vend des avocats crémeux comme je les aime. C'est mon père qui me sachant frileuse pense à allumer le radiateur d'appoint dans la chambre d'amis en début de soirée, alors que moi j'oublie systématiquement. C'est ma mère qui passe une demi-journée entière à me préparer de la morue à la portugaise chaque fois que je leur rends visite. C'est Titou qui se propose spontanément pour accueillir à ma place le spécialiste ès-fourmis à l'appartement de Monpatelin pendant que je suis à Bruxelles. C'est Etre Exquis qui la dernière fois que je me plaignais de mes problèmes de trésorerie devant lui, et sans la moindre arrière-pensée, m'a juste demandé: "Tu as besoin de combien?" (évidemment, j'ai refusé, comme j'avais refusé en d'autres temps la même proposition émanant de Mains Déshydratées, mais c'est l'intention qui compte). C'est Mélanie qui a offert de m'héberger après la soirée des 10 ans d'Editeur Préféré alors qu'on ne se connaissait pas si bien que ça à l'époque - mieux maintenant, du coup, ce dont je me réjouis. C'est cette Postcrosseuse canadienne qui, ayant lu sur mon profil que je recherchais des cartes représentant des hippopotames, a sacrifié la plus belle pièce de sa propre collection*, achetée dans un zoo, en me disant qu'il lui resterait toujours les photos qu'elle avait prises sur place. C'est Funambuline qui me concocte un sublime Frankenpolish Georges-Arthur arrivé aujourd'hui dans ma boîte aux lettres. C'est Lady Pops qui me confectionne un amigurumi du même Georges-Arthur pour mon anniversaire. Ce sont tous ces petits riens qui suffisent bien souvent à illuminer la plus maussade des journées et à réchauffer mon coeur rabougri de sociopathe.

*Sérieusement, il est pas croquignolet tout plein, le mini-Georges-Arthur avec son immense sourire? Mougnoumougnou... Par contre sa reum a l'air moyen commode.

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