Il faisait exceptionnellement beau aujourd'hui pour un mois de janvier en Gelbique. Comme il n'était pas question de rester enfermés, ni d'aller en ville où tous les magasins étaient ouverts pour cause de premier week-end de soldes, je me suis dit: "Tiens, et si on allait faire du géocaching dans les seuls endroits où je suis certaine qu'il n'y aura rien à vendre: les parcs de Bruxelles?".
Nous tournons en vain un bon moment avant que Chouchou mette à contribution l'application Géocaching de son nouveau smartphone, qui nous emmène... 150 mètres plus loin. Là, nous n'avons aucun mal à repérer un arbre qui semble pleurer, et entre ses racines, un pot en verre pas très bien dissimulé. Dommage: malgré sa taille suffisante pour abriter quelques menus objets, il ne contient qu'un logbook. Dans un élan de générosité, j'y dépose une pince à papier en forme de main. En repartant, Chouchou effectue une manoeuvre acrobatique de niveau 17 pour se rétablir après avoir glissé, avec ses Converse, sur une flaque de boue traîtreusement dissimulée par des feuilles mortes.
Alors que nous suivons sa boussole, j'aperçois un arbre aux racines spectaculaires. Je veux m'arrêter pour regarder, mais Chouchou affirme que non, nous sommes encore à 5 ou 10 mètres des coordonnées. Alors que je le suis avec une moue sceptique, quelqu'un nous interpelle en néerlandais: "Rekrrrtkrtrgraaaktr géocaching?" Je me retourne pour lui répondre en anglais. Le type, qui tient en laisse un chien équipé d'un gilet jaune fluo, nous désigne l'arbre que j'avais repéré en disant: "It's this one!" Ah ah. Mon instinct de limier ne m'avait pas trompée. Je commence à faire le tour en examinant les cachettes potentielles. "No, it's on this side", me dit le type. Euh oui bon ça va, je suis capable de trouver seule. "Here", ajoute-t-il en me désignant une cavité entre deux racines. Argh mais ta gueule! J'aime pas qu'on me fasse cadeau des choses, moi, môssieur!
Moralité: il ne faut pas parler aux géocacheurs qu'on ne connaît pas, surtout quand ils s'expriment comme s'ils avaient la tuberculose. Par contre, il faut acheter des gants de jardinage en toile solide pour remplacer les petits gants en plastique jetables pas très écolos ni très résistants dès qu'on commence à fouiller dans les ronces.
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