mercredi 20 octobre 2010

"The Runaways"

Je voulais absolument voir ce film consacré au début de la carrière de Joan Jett et au premier groupe de rock entièrement féminin qu'elle monta dans les années 70. Mes projets personnels ayant été, par la force des choses, mis de côté pendant un mois, le temps que je sois en mesure d'aller le voir, "The Runaways" ne passait plus que dans une seule salle à Bruxelles - un minuscule cinéma de quartier sis dans une maison traditionnelle et baptisé Le Styx.

Hier soir, Chouchou et moi avons donc bravé la drache et le froid pour nous traîner à pied jusqu'à la chaussée d'Ixelles. Mais ça en valait la peine. D'abord, j'ai été charmée par l'endroit (et par le prix des tickets: 5€ seulement). Ensuite... "The Runaways" est un putain de bon film, vraiment habité par l'esprit du rock'n'roll. Il montre très bien comment ses deux personnages principaux, les jeunes Cherry Currie et Joan Jett, se sentent à l'étroit dans leur peau d'adolescentes qui n'ont pas franchement tiré le gros lot côté famille; comment elles vont canaliser dans la musique leur révolte, leur envie de vivre autre chose et de s'affirmer hors des carcans dans lesquels on voudrait les enfermer en tant que filles.

Mais le succès de leur groupe, la vie sur les routes, la pression exercée par leur manager ne tardent pas à créer des tensions internes. L'énergie créatrice qui animait les débuts des Runaways vire au gouffre destructeur. Trop mise en valeur par rapport aux autres, la blonde chanteuse Cherry Currie suscite la jalousie de ses camarades, se drogue un peu trop pour oublier qu'elle a laissé sa soeur jumelle s'occuper seule de leur père alcoolique et finit par perdre complètement pied.

Loin de son rôle de nouille molle dans "Twilight", Kristen Stewart affiche une parfaite attitude rock'n'roll et un ravissant petit cul en pantalon noir moulant. Dakota Fanning surprend par la sensibilité avec laquelle elle joue une ado paumée, embarquée dans quelque chose qui la dépasse. Mais la véritable réussite du film, c'est de savoir créer une ambiance lourde, prenante, presque hypnotiques dans certaines scènes. Assise dans mon fauteuil, j'ai tour à tour ressenti la rage, la lassitude, l'amertume des héroïnes, et jusqu'au goût des cigarettes qu'elles s'allument à peine réveillées, les yeux collés par leur maquillage de la veille. Je suis bien contente de ne pas avoir raté ça.

3 commentaires:

diane cairn a dit…

et par rapport au clip qu'elle fait d'habitue comment est la cinématographie de Floria dans ce film ?

http://en.wikipedia.org/wiki/Floria_Sigismondi

et welcome back, et poutou

ARMALITE a dit…

je n'y connais rien en clips, mais j'ai trouvé la photographie du film très bien... Chouchou aura sans doute un avis un peu plus éclairé.

diane cairn a dit…

c'est genre ça
http://www.youtube.com/watch?v=Ypkv0HeUvTc