samedi 4 avril 2009

Ce chat

Ce chat a chopé une cystite bactérienne - diagnostic posé au bout de quatre visites à la clinique vétérinaire, accompagnées plus de 300€ de frais en consultations, prélèvements, analyses et médicaments divers.

Ce chat refuse de prendre les antibiotiques qui lui ont été prescrits sous forme de cachets. Si nous les réduisons en poudre et les répandons sur sa viande, il renifle son assiette deux fois, lève le nez d'un air méprisant et tourne le dos. Et ne mange rien jusqu'à ce qu'on lui offre de nouvelles boulettes non contaminées.

Quand, de guerre lasse, on tente de lui introduire les comprimés dans la gorge de force, ce chat de trois petits kilos se débat comme un beau diable, feule, griffe et mord. Puis, comme on lui tient le museau fermé pour qu'il avale, il garde le cachet sur sa langue et se met à produire une bave écumante, comme s'il avait la rage, jusqu'à ce que la moindre particule de poudre ait été éliminée dans ses cataractes de salive.

De la même façon, ce chat recrache obstinément l'eau dans laquelle on a fait fondre un comprimé avant de la lui introduire dans la gorge à l'aide d'une seringue.

Si on tente de ruser et de planquer le cachet entier dans du fromage blanc, ce chat lape tout ledit fromage blanc et nous restitue une assiette propre comme au sortir du lave-vaisselle, avec un médicament intact au milieu.

Ce chat va nous rendre chèvres.

A bout de nerfs, hier soir, nous avons donc ramené ce chat une cinquième fois à la clinique vétérinaire près de Mérode. A pied depuis la place Jourdan pour cause de bus qui n'arrivait pas et d'heure qui tournait. Une jeune femme souriante lui a fait une injection d'antibiotiques en nous prévenant que ça n'était pas aussi efficace que les cachets et qu'il faudrait revenir pour une deuxième piqûre dans quatorze jours.

J'ai toujours dit que je ne pourrais plus vivre sans chats. Mais là, entre les housses de couette irrécupérables pour cause de poils incrustés partout, les quatre futons bousillés en six mois, les grains de litière éparpillés dans le salon, la difficulté de faire garder les bestioles quand nous partons en vacances et le week-end en amoureux qui vient de s'évaporer en frais vétérinaires, je n'en suis plus du tout certaine.

2 commentaires:

Gabrielle a dit…

Tu viens de décrire très joliment le portrait de ma chatte, même saine, et bien portante, on a jamais réussi à lui faire ingérer un cachet.

On avait beau déployer tous nos efforts, les stratégies les plus démoniaques, les plans de batailles tactiques les plus échevelés et la plus grande diplomatie elle nous a toujours tenu en échec.
Quand, naïfs, on croyait avoir réussi, une demie-heure plus tard on entendait la funeste rythmique de la régurgitation "gloarg-gloarg-gloarg" : on bondissait comme des diables d'une boîte pour la déloger avant qu'elle ne vomisse sur quelques précieux coussins...Y compris en pleine nuit.
Heureusement qu'on avait du parquet au sol... Quant au vétérinaire parisien (hors de prix!) lorsque ma "petite" est tombée malade j'ai demandé un échelonnement.
Avec cette somme à trois chiffres on aurait pu partir au soleil ! ;-(

Bon courage à vous deux !

Oli a dit…

Quel regal que cette lecture !! : le premier fou rire de la journée. Je me suis cru dans le formidable "c'est arrivé près de chez vous" avec la réplique " Gamin, ..., Gamin , reviens Gamin , c'est pour rire ".

Je vous ai imaginés devant le fromage blanc " Minou,.., Minou, reviens minou , il faut tout finir"

Olivier