mardi 14 octobre 2008

Triste et inquiète

Chaque retour à Bruxelles a un goût doux-amer. Je suis toujours tiraillée entre le plaisir de revoir mon amoureux et le regret de laisser derrière moi ma région natale.

Aujourd'hui, la balance penche plutôt du côté de l'amertume. Un peu parce que c'est l'anniversaire de l'Homme et que ça me ramène à ses 40 ans, cette fête surprise que je mijotais pour lui et qu'il s'est finalement organisé tout seul, profitant de l'occasion pour présenter Fausse Blonde à ses proches. Mais surtout parce que Mère vient de m'annoncer au téléphone que le test pour le cancer colorectal de Père était revenu positif. C'était dans l'air depuis des années; il souffrait sans que les médecins parviennent à lui trouver quoi que ce soit. Aujourd'hui que l'on tient peut-être, enfin, une cause et un traitement, il refuse de retourner chez son docteur pour découvrir de quoi il retourne au juste. Les hôpitaux l'ont toujours terrorisé, au point que même s'il sait rationnellement qu'y aller très vite lui permettrait d'avoir un traitement moins lourd et de meilleures chances de s'en sortir, il est capable de faire l'autruche jusqu'à ce qu'il soit trop tard.

Si le problème est grave (et heureusement, il reste encore une chance qu'il ne le soit pas; mais dans ces cas-là bien sûr on envisage toujours le pire...), je pressens des mois très difficiles à venir. Mère aura beaucoup de mal à gérer un truc pareil; Soeur Cadette a déjà un emploi du temps qui suffirait à occuper deux personnes normalement constituées - et les tensions nerveuses qui vont avec; quant à moi, je vis à 1500 km... Mais cette année, j'ai déjà perdu une amie très chère à cause de cette saloperie. Je refuse de perdre également mon père s'il est possible de le guérir. S'il faut que j'aille lui botter les fesses sur place, voire le traîner drogué et saucissonné à l'hôpital, je le ferai. Et ce n'est pas avec ses 52 kilos tout mouillé qu'il arrivera à me résister.