samedi 4 octobre 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 11 (2ème partie)

17h00: Dans le parking d'Ikea. Si nous avançons le siège passager au maximum, les grandes Besta rentrent pilent poil à l'arrière de notre mini-van. Vive Cambio, et vive Chouchou qui m'avait affirmé sans trembler "qu'il avait l'oeil et que ça devrait passer". A quoi ça tient, tout de même, d'éviter une engueulade: trois pauvres centimètres... en moins.
17h15: A force de pousser par derrière et de tirer sur les côtés, nous avons chargé tous nos achats. Il ne reste plus qu'à rentrer dans le centre de Bruxelles en pleine heure de pointe un jour de pluie.
17h50: Un bête camion de livraison est garé devant notre nouvel immeuble. Je lui envoie des ondes si furibardes qu'il dégage dans la minute.
17h55: Nous soulevons le premier colis (sur deux) de la première grande Besta (sur deux). Oh la vache. Mais elles pèsent combien de tonnes, ces étagères?
18h00: Nous arrivons péniblement au palier du premier étage (sur deux). Pour manoeuvrer le colis de deux mètres de long, nous devons le verticaliser et le traîner ainsi jusqu'à la volée de marches suivante.
18h04: J'ai la position haute - Chouchou m'ayant affirmé que le poids était plus important en bas, ce qui semble logique - et je sens mes bras s'allonger de seconde en seconde. D'ici la fin du déménagement, je suis le sosie de Cheetah.
18h08: Crever d'une crise cardiaque à 37 ans, ce serait vraiment moche.
18h12: Pour le transport du colis suivant, je réclame à tenter la position basse. N'en déplaise à Chouchou et à la loi de la gravité, c'est en fait bien plus léger à ce bout-là. Je fanfaronne: "Ah! Comme ça, je peux t'en porter des dizaines, de grandes Besta!"
18h15: ...Ou pas.
18h30: Les étagères sont en haut. Restent les deux colis du meuble télé.
18h35: Quand je pense qu'on n'a même pas la télé-distribution... Il nous sert à quoi, notre poste, au juste? Ah, oui: à faire de la Wii Fit pour être en forme, musclés et pas essoufflés au bout de trois minutes en cas d'effort physique soutenu. Ca vaut vraiment le coup de se trimballer un meuble à peine plus léger qu'un bébé éléphant.
18h50: Et moi qui pensais qu'on aurait le temps de monter les étagères ensemble avant de rendre le mini-van. Ah ah ah. Nous devons le rendre à 20h, et il faut encore faire un aller-retour à notre ancien domicile pour déménager les chats.
19h20: J'enferme Scarlett et Copernique complètement paniquées dans la salle de bains de notre nouvel appartement avec toutes leurs petites affaires. Je suis désolée de les abandonner là pour la nuit, mais demain en notre absence l'agent immobilier va encore faire visiter le taudis (maintenant qu'on s'en va, n'ayons plus peur des mots) de la rue M*** à un troupeau de malotrus, et je ne veux pas prendre le risque que quelqu'un leur marche dessus ou qu'elles profitent de la porte perpétuellement entrouverte pour se sauver.
19h25: "Tu n'as pas le temps de faire un détour par la rue M*** pour me déposer avant d'aller rendre le mini-van, dis-je à Chouchou. Tant pis, on va direct à la station Cambio de Thieffry et pour une fois, je rentrerai avec toi en métro."
19h47: Nous sommes garés à Thieffry. Dès que Chouchou a fini de remplir les documents du véhicule, je sors dans la nuit et le froid (moins de 8 degrés, quand même...). Comme il tarde à m'imiter malgré sa portière ouverte, je m'impatiente. "Tu fais quoi?" "Euh... Je cherche ma carte Cambio.
19h49: "Alors, cette carte?" "Euuuuh... Je crois que je l'ai oubliée rue M***."
19h50: Un coup de fil au standard Cambio nous confirme nos craintes: sans carte, pas moyen de verrouiller le véhicule que l'on rend. Nous devons repasser par notre soon-to-be-ex domicile. Bon. Ben l'avantage, c'est qu'au final, je n'aurai pas eu à me taper les transports en commun et les intempéries.
20h10: Nous arrivons au rond-point en bas de la rue M***. Dans mon immense mansuétude, je propose à Chouchou: "Tu n'as qu'à me laisser là, ça t'évitera de devoir faire demi-tour plus haut". Dont acte.
20h11: Je suis à mi-chemin de la porte d'entrée de cet affreux, affreux, affreux immeuble quand une pensée me frappe. Je redescends la rue en courant et en agitant les bras. "Chouchou! La carte!".
20h12: Trop tard. Chouchou s'éloigne sans un regard pour moi dans son rétro.
20h13: "Bonjour, vous êtes bien sur le répondeur de Chouchou. Je ne suis pas joignable pour le moment, bla bla bla."
...Au final, en entendant la sonnerie de son GSM, Chouchou a percuté et immédiatement rebroussé chemin.
Moralité: déménager, c'est crevant pour les muscles ET pour les neurones.

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