mardi 29 juillet 2008

"Street & Studio" à la Tate Modern Gallery

J'aime l'art moderne et notamment la photo ; aussi, quand Hawk a exprimé son envie d'aller voir cette exposition à la Tate Modern Gallery où je n'avais jamais mis les pieds, il ne lui a pas été très difficile de me convaincre de le suivre.

"Street & Studio: an urban history of photography" rassemble des oeuvres d'une multitude d'artistes: certains très connus, comme Helmut Newton, Henri Cartier-Bresson, Diane Arbus, Richard Avedon, Cecil Beaton, Cindy Sherman ou Nobuyoshi Araki; d'autres dont je n'avais jamais entendu parler. Elle vise à "explorer le portrait urbain à travers le développement parallèle de ses deux sites les plus importants: la rue et le studio", et à mettre en évidence "le dialogue continuel entre eux depuis le début du XXème siècle jusqu'à aujourd'hui".

Programme ambitieux. Trop, peut-être. Personnellement, je n'y ai vu qu'une collection hétéroclite de clichés d'un intérêt variable, sans lien apparent entre eux. J'ai été frappée par le contraste entre les deux types dominants de portraits en studio: les "gueules cassées", personnages abîmés par la vie exerçant une fascination presque morbide sur le spectateur, et les aristocrates ou les stars de cinéma, mises en scène avec une débauche d'artifices. En réalité, bien que plusieurs photos aient retenu mon attention, je n'ai eu de véritable coup de coeur que pour une seule d'entre elles, oeuvre d'un certain Giorgio Sommer baptisée "Mangiatori di maccheroni" ("Les mangeurs de macaroni"):



J'aime son côté bon vivant exagéré, presque grotesque, qui tranche très fort avec le sérieux du noir et blanc.

L'exposition se conclut, dans la dernière de ses onze salles, par une projection vidéo montrant des adolescents de Liverpool qui se tortillent devant une caméra avant de sortir danser en boîte. La vacuité de leur expression, la vulgarité de leur tenue, cette gamine de treize ou quatorze ans buvant de la bière au goulot avec un air bovin sur fond de musique techno: je me suis dit que le monde avait décidément bien changé en un petit siècle, et pas seulement du point de vue des moyens techniques utilisés pour en fixer des images...

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