dimanche 27 juillet 2008

Hard Rock Café London vs. Rose & Crown

Une visite à Londres ne pouvait être complète sans un passage au Hard Rock Café - the original one, celui où tout a commencé en 1971 quand Eric Clapton a fait cadeau de sa guitare au propriétaire du pub dans lequel il était toujours fourré afin de réserver "sa" table à l'année. J'y étais déjà allée une fois, en février 1993, lors de mon premier séjour à Londres, avec Denis, Rémi et le reste de la bande chez qui je squattais pendant quinze jours.

Sur les photos de la soirée (bien avant l'ère du numérique), j'ai les cheveux noirs et une coupe à la Louise Brooks que je venais d'adopter après un passage chez le coiffeur de Topshop, où j'avais sacrifié en une fois l'immense chevelure qui me tombait dans les reins. Autour du cou, je porte un ruban de satin noir sur lequel est cousu une ankh en argent. Je suis en plein dans ma période goth.

Quinze ans plus tard, je reviens au Hard Rock Café originel avec des cheveux roux, un bête jean et des Converse. Ouais, on change. Mon sens de l'orientation ne s'est pas amélioré, cependant, et je ne me souviens pas du chemin - juste du fait que le resto se trouve derrière Buckingham Palace. Mais j'ai l'adresse et un plan, ça devrait suffire, non?

Ben, non. Hawk et moi passons une première fois dans Old Park Lane sans trouver de numéro supérieur au 17 alors que le HRC est censé se trouver au 150. Un aimable chauffeur de taxi nous renvoie dans la direction que nous venons d'explorer, et cette fois, en cherchant bien, nous découvrons... Ca.


Gni? OK, c'est le tout premier HRC et il n'a pas forcément le côté grandiose des établissements franchisés qui ont suivi, mais quand même! Dans mes souvenirs, il faisait face à la Tamise et il avait une vraie devanture... Au bout d'un couloir obscur, nous nous heurtons à une porte vitrée verrouillée. Pourtant, il est 13h; l'intérieur est allumé et on entend de la musique. Etrange.

Finalement, c'est un jeune couple de clients potentiels qui nous donne la solution de l'énigme: la véritable entrée se trouve dans l'avenue perpendiculaire. Et elle est bien fidèle à l'image que j'en avais gardée, à un détail près: la foule massée devant. "Une heure dix d'attente", nous annonce l'hôtesse - un gros rouquin barbu. Je suis dépitée. "Et si on veut juste boire un verre au bar?" "Dans ce cas, vous pouvez y aller".

Nous entrons. L'intérieur a été refait; je trouve le nouvel aménagement limite claustrophobique. Le resto est minuscule comparé à tous les autres HRC que j'ai visités ces quinze dernières années; c'est à peine si on peut circuler entre les tables, et les différents niveaux accentuent encore l'exiguïté des lieux. Nous ressortons aussi sec.

Je me dis: "Tant pis, je vais me consoler en faisant une razzia à la boutique". Erreur. Car devant le Rock Shop voisin, il y a, tenez-vous bien, une file d'attente d'une bonne centaine de mètres sur le trottoir. Faire la queue pour entrer dans un magasin: même pour moi, c'est un concept nouveau. Je pensais que ça n'existait que dans les pays en guerre ou récemment convertis au capitalisme.

La faim monte. La mauvaise humeur aussi. Par chance, juste à côté du HRC, il y a le Rose & Crown, un de ces pubs anglais où je déplorais n'avoir pas le temps d'aller durant ce séjour.


Nous déjeunerons donc là: bangers and mash pour moi (des saucisses un peu grillées sur de la purée maison arrosée d'une sauce à l'oignon rouge), fish and chips pour Hawk, avec une demi-pinte de cidre et de la limonade pour arroser le tout. Cadre traditionnel, personnel affable, nourriture délicieuse et roborrative: que demander de plus? Peut-être que la queue devant le Rock Shop se soit résorbée le temps que nous terminions notre déjeuner.

Hélas, mes voeux n'ont pas été exaucés. La frustration (et la main anatomique acquise par Hawk lors de notre passage à la Tate Modern Gallery) m'inspire cette photo vengeresse.


Hard Rock Café London: 0 - Rose & Crown: 1

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