jeudi 15 mai 2008

Frit'Flagey is just another name for paradise

Sept mois déjà que je vis à Bruxelles, et jusqu'à hier, pas une seule fois je n'étais allée manger des frites, des vraies: celles qu'on achète dans une baraque appelée "fritkot" et qui sont servies brûlantes dans un cornet de papier gras. Il faut dire que du temps où je venais ici en simple touriste, une visite décevante chez Antoine m'avait quelque peu refroidie. Mais j'ai la gourmandise optimiste, et je voulais bien croire qu'il existait quelque part dans la capitale belge des frites capables de satisfaire mes attentes.
Tout le monde me parlait du Frit'Flagey comme d'un haut lieu de la gastronomie portative, et par un heureux hasard, il se trouve à cinq minutes à pied de chez moi. Après une première tentative ratée lundi, Hawk et moi sommes donc descendus vers la place Flagey toujours en travaux, hier soir vers 20h. Au bout de cent mètres, je regrettais déjà de ne pas m'être davantage couverte. La température avait considérablement fraîchi depuis le moment où j'étais sortie faire les courses, à 18h, et ma jolie robe Comptoir des Cotonniers ne suffisait pas à m'empêcher de frissonner. Entre la faim et le froid, c'est la faim qui l'a emporté: je n'ai pas pipé mot, et nous avons poursuivi notre chemin jusqu'au Frit'Flagey.
Une demi-douzaine de couples faisaient déjà la queue ; songeant au débit des baraques à sandwiches de mon adolescence, je me suis dit que notre tour viendrait vite. Sauf que non. Le monsieur qui officiait à la friteuse était tout seul pour prendre les commandes, cuisiner et servir, et on m'avait longuement vanté son amabilité légèrement inférieure à celle d'un bouledogue atteint de la rage. J'ai donc attendu sans moufter tandis que Hawk, percevant ma lente congélation sur patte, m'entourait de ses bras pour m'empêcher de me transformer réellement en pingouin. Des frites aussi bonnes que celles-ci étaient censées l'être valaient bien que l'on souffre un peu pour les obtenir.
Enfin, nous nous sommes retrouvés face au monsieur. Ou en ce qui me concerne, très très en dessous de lui vu la surélévation du plancher de sa baraque; mon nez arrivait tout juste au niveau du comptoir. J'ai fièrement commandé "deux paquets à un septante et deux Poulycroc", comme si je n'avais fait que ça de toute ma vie (sauf que si c'était le cas, la Wii Fit ne me dirait pas que je suis en surpoids, elle me traiterait carrément d'OBESE). Le monsieur a hoché la tête et répondu "OK". Sagement prévenue par mes connaissances - et néanmoins amis - belges, je me suis bien gardée de commander la sauce avant que les frites soient prêtes. Le choix de ladite sauce avait d'ailleurs fait l'objet d'une longue délibération dans la file d'attente. De la mayonnaise que je voulais au départ, j'avais basculé sur le ketchup en me disant que ce serait plus sage, avant de me laisser tenter par la poivre, d'envisager un instant la béarnaise et peut-être même la mystérieuse samouraï. Au final, je me suis entendu réclamer de la poivre sur un ton tellement décidé qu'il a arraché l'ombre d'un sourire au monsieur, finalement beaucoup moins désagréable que sa réputation ne le laissait supposer.
A la base, nous voulions nous installer sur un banc pour déguster notre butin au bord des étangs. Comme je grelottais, nous avons brièvement envisagé de nous réfugier dans un café à l'autre bout de la place. Mais le temps d'atteindre celui-ci, la moitié de nos paquets avaient déjà disparu dans notre estomac. Nous avons fini le reste en remontant tranquillement vers chez nous. Alors, je confirme: les frites du Frit'Flagey, elles déchirent. J'en ai déjà mangé de meilleures, mais rarement et pas de ce côté-ci de l'Atlantique. Quant à la fameuse sauce au poivre, c'était une pure tuerie. Et d'après les effets secondaires d'aujourd'hui, je pense que périmée, elle doit remplacer avantageusement le Viakal. Pour finir, le Poulycroc que je testais pour la première fois a ravi le monstre boulimique de gras et de croustillant qui se cache en moi. Résultat: Hawk et moi avons décidé à l'unanimité que le 14 du mois serait "le jour des frites".

8 commentaires:

sandradebruxelles a dit…

rhaaaaaa presque 7 ans que je suis à Bruxelles et pas une seule fois, HOM m'a conduit au fritkot de Flagey

pourtant, il sait que c'est mon pecher mignon : les frites en cornet


c'est difficile de trouver de bonnes frites en cornet !!

Gren a dit…

Heu, pour les non belges, qu'est-ce-que c'est que le Poulycroc ?

ARMALITE a dit…

Alors c'est une sorte de longue saucisse de poulet panée et frite. Ca croustille et ça fond dans la bouche, c'est diabolique.
Dans le même genre, il me reste à goûter la fricadelle qui serait apparemment une saucisse plus classique à laquelle on aurait infligé le même traitement.

sandradebruxelles a dit…

http://www.ozap.com/actu/thomas-nouvelle-star-dharma-project/139846

pour les news de THomas ;-)

Anonyme a dit…

"Ca croustille et ça fond dans la bouche, c'est diabolique"
Mouaaaaaaaaaaaiiiiiiis, reste la fricadelle.... ou autre chose.....

ARMALITE a dit…

Etonnant... Il a pourtant déjà un groupe, les Sleepwalkers, dont les titres originaux sont pas mal du tout je trouve...

Boucles d'or a dit…

y a la fricadelle spéciale
oignon, mayo, curry ketchup, sur la fricadelle en question

mmmmmmmhhhh

et alors dans le bon belge bien lourd, les stoofvlees ( prononce stauffléés), dit carbonades sur les frites avec un "clouch" de mayo a coté

Anonyme a dit…

moi je trouve ces frites pas tres bon... et un vendeur qui agresse ses clients n'est pas non plus super.