vendredi 16 mars 2007

Lexique franco-belge

De la même façon qu'il existe de subtiles différences entre l'anglais et l'américain, on notera que le belge possède ses propres expressions et un vocabulaire quelque peu remanié par rapport au français.
Ici, je ne suis pas née en mille neuf cent soixante-et-onze mais en mille neuf cent septante-et-un. Malheureusement, ça ne fait pas baisser le nombre des bougies que je soufflerai dans dix jours.
Une serviette de bain est un essui. Une serpillère et un torchon, aussi. Gaffe à ne pas se tromper au sortir de la douche.
Un jus de fruits devient un vulgaire jus, comme aux USA (ou éventuellement un "jus fun" dans le vocabulaire de Hawk, à condition que les fruits soient plusieurs dont un inhabituel; exemple: pomme-kiwi). Tant pis pour moi si ça me fait plutôt penser à du jus de viande ou du jus de chaussettes.
De la même façon, un soutien-gorge devient un simple soutien, charge à lui de décider ce qu'il veut soutenir (tant que c'est pas Sarko aux prochaines élections, moi ça me va). Par contre, un arc se change en arc à flèches, précision toujours utile car on a vite fait de confondre avec un arc à ventouses ou à cuillères à soupe.
Un truc est un brol; une boucle, une crolle; un drôle reste un drôle, et un truc drôle devient un exercice de diction (répéter dix fois très vite).
Les viennoiseries sont des couques. Plus rapide à prononcer, consonnances nettement moins aristocratiques et plus rigolotes: j'adopte volontiers. Du moins sur place, car je doute de pouvoir me faire servir par ma boulangère en employant ce mot-là.
Rayon petit commerce toujours, une laverie s'appelle une wasserette. Mais on peut y faire la même chose qu'en France: nettoyer, sécher et plier son linge, prendre des photos rigolotes, sucer son copain...
Un truc très cher "coûte un pont". Ca aurait pu être "une cathédrale" ou "une autoroute", mais le pont apparaît comme un choix architectural intemporel, judicieux pour assurer la pérennité de l'expression.
Enfin - petite note culinaire - la choucroute se mange avec de la purée. Je vous jure. Pourquoi pas du couscous et du cassoulet pendant qu'on y est? Ils sont gentils mais quand même un peu cinglés, ces Belges.

9 commentaires:

damospace a dit…

Il y en a encore plein d'autres. Ils y en a qui disent par exemple "A tantôt" pour dire "A tout à l'heure", ou que le pain est "sûr" et non "acide" etc. etc.

Anonyme a dit…

"Sur" et pas "Sûr". Moi, j'aime ces petites particularités de language mais le "belge" doit aussi être rédigé sans faute d'orthographe! Non mais, il faudrait pas qu'on dise qu'en plus on n'a pas d'éducation...

Moi a dit…

z'êtes comme les suisses quoi :p

M.Poppins a dit…

Ah non !!! Si les Suisses disent septente ils ne disent pas essui...

Une particularité m'a surtout sauté aux oreilles lors de mon séjour en Belgique. J'ai parfois entendu "je n'ai pas su" pour dire "je n'ai pas pu" le verbe savoir est utilisé à la place du verbe pouvoir ce qui est parfois troublant... Mais tellement adorable...

soeur cadette a dit…

ben nous à Toulouse on dit ça coûte une couille!

ARMALITE (a.k.a "The Moody Monster") a dit…

Soeur cadette: non - ton patron dit "ça coûte une couille", nuance!

Egogramme a dit…

Perso, je l'écrirai un essuiE. Un essuie, un essuie-vaiselle, une essuie-main et un essuie-tout (= un sapolin). Une serpillette (euh... pour nettoyer par terre, c'est bien cela ?) est un torchon (ou mieux encore mais je n'ose vous le dire) en Belgique:cela nous effraie donc de nous entendre dire qu'on essuie la vaisselle avec un torchon en France.

Moi a dit…

J'essuie pas je laisse sècher :D

Geoffroy K. a dit…

Expression à replacer: c'est passé comme une couque. Contextualisation: il faut annoncer une nouvelle gênante à votre chef. Vous croyez qu'il va le prendre super mal. Eh bien non, il l'a à peine relevé, ça s'est très bien passé. Ou donc, plus simplement : "c'est passé comme une couque".