lundi 24 avril 2017

C'était la semaine où... (#16)




...pour une fois, c'était chouette de ne pas faire 7h de train à côté de quelqu'un qui avait un chien/puait la clope/puait tout court/passait son temps à renifler sans se moucher/envahissait benoîtement mon espace personnel. 
...j'ai poussé un soupir de soulagement encore plus grand que d'habitude en constatant que la résidence n'avait pas brûlé en mon absence, qu'il n'y avait pas eu de dégâts des eaux et que je n'avais pas dans mon courrier la moindre injonction de payer, avec des majorations de retard, un truc pour lequel je n'avais jamais reçu d'appel de paiement initial et dont je n'étais de toute façon pas redevable (mes démêlés avec le Trésor Public au sujet de la taxe pro ont duré des années et m'ont traumatisée à vie).
...Gentil Généraliste a confirmé mon hypothèse haute: d'après ma description, mes gros vertiges du mois dernier étaient très vraisemblablement dus à la formation d'un cristal dans mon oreille gauche. Impressionnant et pénible mais tout à fait bénin, donc.
...comme je lui disais que j'allais le libérer pour ses autres patients, il m'a répliqué: "Ne vous pressez pas, je suis toujours heureux de discuter avec vous". J'adore cet homme, et je vais pleurer quand il prendra - bientôt, sans doute - une retraite amplement méritée.
...ma première prise de sang de l'année a confirmé que ma ferritine était remontée à un niveau très acceptable (grâce à la cure de fer végétal d'un mois terminée une semaine avant?). Mon TCMH reste un peu trop bas, mais je survivrai probablement.
...j'ai découvert avec tristesse que mon deuxième arbre préféré, celui qui faisait des fleurs roses à chaque printemps devant l'ancienne école primaire, avait été abattu. Il ne me semblait pas malade et il ne gênait pas la circulation, alors, pourquoi? 
...on a goûté les pizzas napolitaines de Marco et compris pourquoi la recette figurait au patrimoine immatériel de l'Unesco. Les raviolis à la truffe que j'avais pris après n'étaient pas dégueu non plus. En plus, on a pu manger en terrasse pendant que les commerçants du marché remballaient leurs étals autour de nous. Le bonheur. 
...pendant le repas, je me suis tout à coup exclamée: "Oh, regarde, c'est Daniel Herrero!" en désignant un grand type à tignasse blanche et bandeau rouge qui passait dans la rue Paul Landrin. "Qui ça?" m'a demandé Chouchou, qui s'intéresse au sport encore moins que moi. 
...en essayant de nous évader de la salle Gang d'Alcatraz d'Adventure Provence Rooms, je me suis rendu compte que je ne savais pas où était Recife et que je plaçais Pyongyang dans le mauvais pays. Pas bravo pour ma nullité en géo. 
..."Bravo, y'a que vous qui êtes raisonnable" m'a félicitée le serveur du Chamo en posant trois énormes coupes de glace devant Chouchou, Gaby et Seb, et un Strawberry Daiquiri bourré d'alcool devant moi. Euh, définissez "raisonnable"? 
...j'ai failli ne jamais trouver mon nouveau bureau de vote: il y avait une adresse marquée sur ma carte d'électeur et une autre sur internet, aucun bâtiment visible à ces deux adresses sur Google Maps et seulement des immeubles d'habitation à l'endroit désigné par le plan de la ville. Heureusement qu'on a croisé dans la rue des gens qui en revenaient et qui ont pu nous indiquer le bon endroit. 
...sur place, parce qu'il était habillé tout en noir avec sa gueule de repris de justice et qu'il se tenait raide comme un piquet près de la sortie en attendant que je sorte de l'isoloir, tout le monde a pris Chouchou pour un vigile et l'a salué poliment en sortant. Non, en fait, c'est juste un Belge. 
...on a fait le marché du dimanche matin et rapporté le premier melon de la saison (bien mûr et sucré, mais un peu trop aqueux), des asperges vertes beaucoup moins chères qu'à Bruxelles, deux sublimes saucissons aux cèpes et aux noisettes et une délicieuse tartinade d'artichauts. 
...j'ai traité mon courrier en souffrance et fait ma déclaration de revenus 2016 à l'Agessa. Journée de merde pour journée de merde, autant qu'elle soit productive!
...je n'ai pas sauté de joie à l'annonce du résultat du premier tour, mais je me suis dit que ça aurait pu être pire. Je comprends mes nombreux amis qui s'abstiendront ou voteront blanc dans 15 jours, et je respecte leur choix. Moi, ça me fera encore plus mal qu'avec Chirac en 2002, mais je voterai Macron. Pour préserver l'Europe d'une part, et protéger les cibles traditionnelles du FN d'autre part. 

Avez-vous participé au concours pour gagner une bédé sur mon blog lecture? Vous avez jusqu'à demain soir!

dimanche 23 avril 2017

A voté




Il y a une ou deux semaines, lors d'une de nos nombreuses discussions d'avant les élections, Chouchou (qui, bien que partageant mes convictions écolos, se situe beaucoup plus au centre que moi pour toutes les questions économiques), s'est légèrement énervé suite à une de mes diatribes sur le thème: "Je veux de la justice sociale, merde!". Visiblement, il ne comprenait pas que je m'enflamme pour des mesures qui au final me concernent assez peu. 

C'est vrai que je suis blanche avec un nom bien français et pas le moindre ancêtre étranger aussi loin que remontent mes connaissances généalogiques. C'est vrai que je suis en couple hétéro et désormais trop vieille pour avoir besoin d'avorter. C'est vrai que je ne suis pas salariée et que depuis le début de ma carrière, je n'ai pas droit aux allocations chômage et finance déjà à grands frais ma propre mutuelle ainsi que ma retraite complémentaire. C'est vrai que je gagne assez bien ma vie pour être imposée à 20% sur mes revenus et n'avoir bénéficié d'aucune prestation sociale depuis une bonne vingtaine d'années. C'est vrai que je n'ai pas d'enfants et que pour mon usage personnel, il me suffit que la Terre reste habitable pendant un demi-siècle dans le meilleur des cas. Alors, que m'importe le traitement réservé aux homosexuels, aux racisés et aux jeunes femmes encore fertiles? Que m'importe qu'on démantèle un droit du travail qui ne m'a jamais protégée? Qu'on foute la sécu en l'air puisque je fais partie des gens qui auront de toute façon les moyens de se soigner dans le privé? Qu'on bousille l'environnement pour les générations suivantes? 

Hé bien, en fait, ça m'importe beaucoup. 

Je ne vote pas juste pour ma gueule. Je vote pour un idéal de société. Et mon idéal de société, c'est que tout le monde bénéficie des mêmes droits et des mêmes opportunités; que chacun puisse pratiquer sa sexualité et/ou sa religion en paix tant qu'il n'emmerde pas ses voisins; que la classe moyenne ne soit pas écrasée par des riches qui ont déjà plus de fric qu'ils ne pourront en dépenser dans toute une vie; que le travail cesse d'être considéré comme une valeur et une nécessité alors qu'il l'est de moins en moins, et que ce qu'il en reste soit partagé équitablement et rémunéré à sa juste valeur; que la collectivité prenne soin des pauvres, des malades, des handicapés et des vieux; qu'on mette toute nos formidables ressources scientifiques et intellectuelles au service d'un développement durable plutôt que du pillage de ressources qui touchent à leur terme. Je vote parce que je ne veux plus être une privilégiée, parce qu'il me semblerait juste que tout le monde partage ce qui est actuellement une immense chance alors que ça devrait être la norme. 

Par ailleurs, je pense que ce serait une énorme connerie de sortir de l'Europe. Oui, elle a grand besoin d'être réformée, mais un Frexit pourrait sonner le glas d'une institution nécessaire au maintien d'un ordre mondial déjà bien trop ébranlé par les dictateurs et les fous. 

Ce matin, après avoir beaucoup hésité et tergiversé, j'ai voté Benoît Hamon. Sans illusions: je sais qu'il ne passera pas le premier tour et que je vais déprimer sec ce soir devant les résultats. Mais en mon âme et conscience, je n'ai pas réussi à faire autre chose. 

vendredi 21 avril 2017

Les conversations absurdes #8


CHOUCHOU (gêné): J'ai vu que tu avais des glaces dans ton congélateur, et, euh...
MOI (indulgente): Tu en veux une? J'ai sorbet fraise, sorbet melon ou cônes caramel beurre salé.
CHOUCHOU: Sorbet fraise.
MOI: Tiens.
CHOUCHOU (saisi du besoin de se justifier): Comme ça, j'élimine le sucre.
MOI (avec une moue sceptique): Je sais que le sorbet c'est moins sucré que la vraie glace, mais...
CHOUCHOU (sentencieux): Non, non, j'élimine TON sucre. Pour ne pas que tu sois tentée.

mardi 18 avril 2017

April blues




C'est vraiment pas la joie en ce moment. 

Chaque jour, il devient plus probable que Trump déclenche une guerre nucléaire avec la Corée du Nord. J'avais récemment eu l'impression que tous les éléments étaient enfin réunis pour le destituer, mais je suppose que je faisais preuve d'un excès d'optimisme (alors que c'est une denrée de plus en plus rare que je ferais mieux d'économiser, je présume). 

A Présidentielles françaises J-5, je ne sais toujours pas pour qui voter. Hamon dont j'adore le programme mais qui ne passera pas le premier tour, si bien que ça reviendrait à jeter mon bulletin à la poubelle, ou Mélenchon dont la personnalité et les positions internationales me rebutent au plus haut point - l'Europe a grand besoin d'être réformée, mais en sortir constituerait une erreur monumentale. Ne me parlez même pas de Macron dont l'unique mérite, par rapport à Fillon et à Le Pen, est de ne pas être un gros réac sur le plan social. 

Mes angoisses en profitent pour revenir à la charge, plus floues que d'habitude mais non moins suffocantes. Avant-hier, une demi-heure après avoir éteint ma lampe de chevet, je me suis réveillée en hurlant, sous le regard perplexe de Chouchou qui lisait encore. Je n'ai pas la moindre idée pourquoi. J'avais sans doute fait un cauchemar, mais je ne me rappelais de rien. Et le Xanax qui m'avait sauvé la vie il y a quelques années ne me fait plus aucun effet à présent. 

Heureusement, jeudi, je rentre à Monpatelin pour trois semaines - en emmenant Chouchou dans mes bagages, pour une fois. Au minimum, il fera meilleur qu'à Bruxelles, et le soleil m'aidera à voir les choses sous un jour un peu moins sombre. 

dimanche 16 avril 2017

C'était la semaine où... (#15)




...j'ai été ravie d'apprendre que ma série fantastique chouchoute de 2016, "The Raven cycle", allait être adaptée en série télé. Même si je vais être ultra-difficile sur le choix des interprètes, notamment de Ronan.
...grâce aux bons conseils de Funambuline, mon premier risotto aux morilles, bien que dépourvu de fromage, a fait l'unanimité. Il est encore perfectible, mais c'est une tâche à laquelle je m'attellerai volontiers!
...le pilote de "The marvelous Mrs Maisel", la nouvelle série d'Amy Sherman-Palladino, ne m'a inspiré qu'un enthousiasme très modéré. Tout comme celui de "13 reasons why" qui recueille pourtant d'excellentes critiques sur internet.
...Chouchou et moi nous sommes fait un lunch date chez De Noordzee (bon, mais cher pour les conditions dans lesquelles on mange), puis l'expo Eleven women facing war (sobre et poignante) au Parlamentarium. Dire que je me suis remise au travail avec entrain après ça serait un brin exagéré.
...j'ai couiné de joie en recevant et en installant faisant installer par Chouchou ma nouvelle bannière signée Anne Montel. Maintenant, il faudrait que je pimpe un peu ma barre de catégories juste en-dessous.
...le museu Berardo a repris un de mes Instagram en me remerciant chaleureusement. (J'imagine qu'ils n'ont pas lu mon article.) Le même jour, Marie-Lorna Vaconsin a linké sur sa page Facebook le billet que j'ai consacré à son roman; "Stressée de l'horloge" a été Coup de coeur HelloCoton et republié dans la section des contributions extérieures du Huffington Post (avec une accroche qui, que, bref). J'aurais dû jouer au Loto!
...grâce à Nelly qui en avait parlé la veille sur Facebook, on a été se faire tirer le portrait sur le Trône de Fer, installé au Bozar pendant la durée du BIFFF. Aucune file d'attente, photo numérique gratuite et, à ma grande surprise, très réussie du premier coup. Je me trouve étrangement crédible en tyran sanguinaire.
...parmi les nouveautés du Dam Sum, j'ai adoré le 2 (bouchées vapeur à la soupe et à la truffe) et été déçue par le 18 (boeuf au poivre, pas mauvais en soi, mais accompagné de gros bouts d'oignon et de poivron vert semi-croquants qui tuent toute sa subtilité).
...après avoir traversé toute la ville sur un coup de tête pour aller au Cook&Book un soir à 21h30, j'ai découvert que le bloc B, celui qui abrite le rayon étranger que je voulais voir, était fermé à cette heure-là. Déception. Du coup, je me suis offert cette bédé.
...et pour me venger, le lendemain, j'ai acheté deux omnibus chez Pêle-Mêle, plus trois bouquins en anglais chez Waterstones. Non mais ho.
...on a testé un nouveau café près de la place de la Monnaie, le Life is better after coffee. Lumineux, confortable, sympa. On reviendra. Peut-être même pour bosser vu qu'il y a du wifi gratuit.
...j'ai dit à Chouchou: "C'est dommage, il n'est que 17h, sinon je t'aurais proposé qu'on se fasse un fish and chips avant de rentrer". Ce à quoi il m'a répondu très sérieusement qu'il n'était jamais trop tôt pour manger. L'avantage, c'est que ça m'a laissé 6 bonnes heures pour agoniser de l'estomac digérer avant d'aller au lit.
...je me suis copieusement ennuyée devant "Arrival".
...ma tentative de gnocchi de patate douce aux épinards était plutôt ratée. J'ai eu beau rajouter de la farine, ça n'en finissait plus de coller.
...échaudés par notre mauvaise expérience des deux éditions précédentes, nous avons fait l'impasse sur le festival Trolls & Légendes. Du coup j'imagine que cette fois, c'était génial. Des gens parmi vous qui y sont allés?