samedi 6 février 2016

Le festival de la boulette


Je vous présente ma dernière traduction. 


A l'époque où mon planning de ce début d'année s'est brusquement vidé, j'ai paniqué un peu et fait savoir que je cherchais du boulot. Une éditrice et amie, qui avait besoin de faire traduire assez rapidement le tome 2 d'une série dont le traducteur du tome 1 n'était pas disponible à la bonne période, m'a envoyé un fichier .pdf pour que je voie si ça m'intéressait. J'ai parcouru quelques chapitres, trouvé ça sympa et dit OK. Je disposerais de quatre semaines pour traduire et relire 400 pages, ce qui était un peu chaud mais néanmoins jouable à condition de ne pas flâner en route. 

Le contrat signé, l'éditrice m'a envoyé deux livres-papier: le tome 1 en français et le tome 2 en anglais. Je voulais bien entendu lire le tome 1 avant de commencer, pour me mettre au parfum, mais juste avant cette traduction-là, j'en avais bouclé une autre en très peu de temps aussi, et j'avais envie de souffler. Donc, au lieu de lire le tome 1 le week-end avant d'entamer la traduction du tome 2, j'ai reporté au week-end suivant, en me disant que si j'avais fait des erreurs dans le premier quart, je les corrigerais à la relecture. 

La première semaine s'est très bien passée. Je suis rentrée tout de suite dans le style de l'auteur, je me sentais vraiment à l'aise. En plus, on devait garder le même contexte mais changer de personnage principal par rapport au tome 1, parce qu'on faisait vraiment la connaissance de l'héroïne, sa famille, son passé, ses motivations... Du coup, je me suis dit que comme le traducteur précédent avait établi un lexique, je pouvais sans doute me passer de lire le tome 1. Mais par conscience professionnelle, j'ai quand même voulu m'y mettre dès le vendredi soir, après avoir bouclé mon quota de pages pour la journée. 

C'est là que je me suis aperçue que le .pdf sur lequel je bossais (le seul dont je disposais, puisque par ailleurs j'avais des livres-papier) n'était pas celui du tome 2 mais du tome 1. Dont je venais de retraduire inutilement le premier quart. Tu m'étonnes qu'on faisait vraiment la connaissance de l'héroïne...

Il me restait 3 semaines pour traduire et relire 400 pages. Et je ne pouvais pas réclamer de délai, parce que l'éditrice avait déjà accepté de mordre d'une semaine sur son temps de relecture pour me permettre de faire la traduction en premier lieu. Moi qui suis tellement attentive aux détails d'habitude, je ne comprenais même pas comment j'avais pu faire une boulette pareille. 

Je me suis traitée de tous les noms d'oiseaux. Puis, au lieu de paniquer ou de me lamenter, j'ai mis au point un plan de bataille. J'ai redécoupé le texte en fonction du temps qui me restait, en faisant sauter les après-midi libres que je m'étais gardés pour boucler ma compta pro 2015 et remplir le dossier correspondant pour mon association de gestion agréée: je m'en occuperais le week-end, ou plus tard car j'avais un peu de marge. J'ai annulé tous les autres trucs que je comptais faire un jour de semaine pendant cette période-là - tant pis pour mes 10 000 pas par jour et mes promenades de santé. J'avais une boulette à rattraper, et une grosse.

La deuxième semaine, il faisait un beau temps d'hiver, froid mais sec et ensoleillé, ce qui me donnait très envie de sortir l'après-midi. J'avais énormément de mal à m'adapter au travail fait par le traducteur précédent: plusieurs termes importants de son lexique me chiffonnaient, mais j'étais obligée de les garder. Par ailleurs, le style que j'avais apprécié dans le (début du) tome 1 devenait ici franchement basique, avec beaucoup de répétitions et d'expressions vagues qui passaient en anglais mais pas en français, et quantité d'incohérences à corriger. Les boulettes de l'auteur venant s'additionner à la mienne - quel bonheur!

La troisième semaine, il faisait super moche, et j'avais très envie de passer mes journée à lire sous la couette avec un chocolat chaud. En plus, j'avais bien mal au ventre: j'ai d'abord cru que je couvais une gastro, mais au final, ce n'était sans doute "que" mon endométriose. Je tirais la langue un peu plus chaque jour devant mon ordinateur, mais arrivée au vendredi soir, j'étais toujours dans les temps.

La quatrième semaine, je me suis coincé un nerf sous l'omoplate droite en faisant des pompes (y'a pas à dire, le sport, c'est excellent pour la santé). J'ai tendance à traiter ce genre de bobo par le mépris, en me disant que ça passera tout seul, sauf que ça empirait au fil des jours et que je n'avais pas le temps d'aller voir un ostéo. Après avoir bataillé contre des incohérences de plus en plus tragiques, j'ai rendu ma traduction hier soir un peu avant 17h, en me retenant d'écrire dans le mail d'accompagnement à mon éditrice: "Je pense que ton homologue américaine était bourrée quand elle a signé le BAT". Puis je suis partie boire des cocktails pour oublier.

J'espère qu'il va bien marcher, ce bouquin. Franchement, je l'ai mérité.

vendredi 5 février 2016

SECRET SANTA: Les paquets échangés #3


Le colis d'Annelise pour La Plume:



Le colis de La Plume pour Andoryss
(qu'elle a dû lui envoyer deux fois, car la première, il lui avait été retourné sans qu'Andoryss ait jamais reçu d'avis de passage et pu aller le chercher avant la fin du délai de garde)



Le colis d'Andoryss pour Fatima
(le second, en fait, car le premier a été signalé livré par Colissimo alors que Fatima n'avait rien reçu...)



Le colis de Fatima pour Mélusine:



Le colis de Mélusine pour Raphaele:



Le colis de Raphaele pour La Grande Cla
(le second, en fait, car la Poste ne sait pas ce qu'elle a fait du premier...)
Je n'ai pas de nouvelles de ce colis et ignore s'il est bien arrivé à destination


Le colis de La Grande Cla pour Elise:



Le colis d'Elise pour Gasparde:



Le colis de Gasparde pour Ju de Pom:



Le colis de Ju de Pom pour Roulio:
Pas de photo car Roulio n'avait pas d'appareil sous la main

Merci à toutes les participantes pour leur enthousiasme, leur patience et leur bonne volonté face aux ignominies commises par la Poste! Trois colis disparus ou retournés à l'envoyeur sans raison valable, sur trente, ça fait quand même 10% d'envois problématiques, et je ne vois pas trop comment y remédier. Imposer un envoi avec remise contre signature, c'est un coût supplémentaire pour l'expéditeur et parfois un dérangement pour le destinataire... 

jeudi 4 février 2016

Books are the new clothes



A une époque pas si lointaine, j'achetais des fringues comme si toutes les usines textiles du monde risquaient de disparaître du jour au lendemain. Je dépensais des sommes folles pour des vêtements et des chaussures que, dans la moitié des cas au moins, je ne portais jamais parce qu'ils ne m'allaient pas si bien ou que ce n'était pas mon style en fin de compte. Parfois, je ressortais un pull ou une paire de sandales du fond de mon placard où ils gisaient oubliés depuis des années, et je les regardais comme on regarde le porte-serviettes en coquilles Saint-Jacques qu'on trouvait charmant sur le port de Mykonos: en me demandant par quel démon du mauvais goût j'avais été possédée au moment de passer en caisse. 

Depuis, j'ai heureusement développé un esprit plus critique et une méthode plus sélective pour éviter l'engorgement de mes armoires. Je n'achète plus une fringue que si:
- elle me va vraiment bien (elle ne me boudine nulle part, ne poche pas dans le dos, et je me sens jolie quand je me regarde avec dans la glace)
- elle peut facilement se coordonner avec le reste de ma garde-robe (quasi exclusivement composée de noir, de rouge, de gris, de kaki et de violet, dans un style pseudo-rétro ou vaguement motard)
- elle correspond à la vie que je mène (les talons de 12 cm et les robes de princesse, c'est pas que j'aime pas, mais je ne vois vraiment pas où et quand je les porterais)
- elle est confortable et facile à entretenir (pas de trucs qui se lavent uniquement à la main, ou qui doivent impérativement être repassés).

Moyennant quoi, ça fait quelques années qu'il ne m'arrive plus que très rarement de regretter un achat. Les derniers vêtements que j'ai donnés, c'est parce que je ne rentrais plus dedans. 

Hélas, le problème de boulimie consommatrice dont je croyais m'être débarrassée n'a fait que se déplacer sur les livres. Je suis tout le temps en train d'en acheter. Et c'est vrai que j'en lis beaucoup, mais j'estime qu'environ un quart de mes achats finiront par partir chez Pêle-Mêle sans avoir été ouverts, et un autre quart environ après avoir été lus partiellement et sans plaisir. Parce que leur sujet ne m'intéressait pas tant que ça en fin de compte. Parce qu'il correspondait à une envie du moment qui m'est passée très vite. Parce que j'ai prêté l'oreille à des critiques élogieuses dont les auteurs n'avaient visiblement pas les mêmes goûts que moi. Parce que le style de l'auteur m'a très vite insupportée. Parce qu'ils sont arrivés dans ma PAL à un moment de grand encombrement et que n'ayant pas été lus tout de suite, ils ont perdu leur attrait à mes yeux. 

J'essaie de limiter les dégâts en achetant surtout des poches, et en parcourant les premières pages de chaque roman en librairie. Mais la vraie cata, ce sont les bédés. 20 ou 25€ pour un roman graphique terminé en une demi-heure, ça va encore quand j'aime beaucoup, mais dans le cas contraire, je râle vraiment. Et l'excuse "Oui mais je soutiens le secteur de l'édition" s'envole assez vite quand je convertit mon budget lecture mensuel en billets d'avion. Surtout que je conserve de moins en moins d'ouvrages (vu que je les relis rarement et ne souhaite pas m'encombrer). 

Alors certes, la lecture est mon loisir numéro un et elle le restera quoi qu'il arrive. Et j'aime avoir un petit stock de livres d'avance pour pouvoir choisir en fonction de mon humeur au moment d'en entamer un nouveau. Mais dès que j'entre dans une librairie, je deviens une sorte de monstre bavant et écumant, aussi incontrôlable qu'une gamine dans un magasin de bonbons. Je veux celui-là, et celui-là, ooooooh, et celui-là aussi. Je prête à tous le pouvoir, sinon de changer ma vie, au moins de me faire passer quelques heures délicieuses ou instructives en leur compagnie. Trop souvent, je me trompe. Et contrairement à ce qui s'est passé avec les fringues, je ne parviens pas à établir de check-list efficace pour mettre un frein à ma voracité aveugle. 

mercredi 3 février 2016

Les brunchs du dimanche (35): Garage à Manger




Le Garage à Manger, c'est un restaurant installé dans les locaux du Pêle-Mêle d'Ixelles et tenu par l'équipe du food truck El Camion. Nous l'avions déjà repéré pour son bel espace et pour son mélange réussi de styles industriel et vintage, mais nous craignions que la tranche horaire du brunch ne soit extrêmement bruyante. Ce qui ne nous a pas empêchés de tester un jour où nous devions passer de toute façon pour débarrasser deux gros sacs de bouquins...




Le brunch est proposé le samedi et le dimanche en deux services, un à 11h et l'autre à 13h; nous avions donc réservé pour le premier. La formule à 25€ comprend l'accès à un buffet sucré et salé, ainsi qu'une boisson chaude et une boisson froide. Il y a de petites tables pour deux, mais aussi de grandes tables d'hôte ou des tables basses entourées de canapés, le tout assez espacé pour qu'on ne se marche pas dessus et qu'on ne se bouscule pas en allant se servir. 







La nourriture et les boissons sont assez typiques de ce qu'on trouve dans à peu près tous les endroits à brunch pour bobos/hipsters. Mention spéciale au chocolat chaud (des petites pastilles de vrai chocolat à faire fondre dans du lait, ce qui permet de doser en fonction du goût de chacun), aux oeufs mollets, aux pancakes et surtout aux crapuleuses frites de polenta que j'aurais bien tenté de refaire à la maison si le cuisinier n'avait pas expliqué à Chouchou que leur préparation nécessite plusieurs heures! Le buffet contient des saucisses et de la charcuterie, mais bien assez d'autres plats sans viande pour rassasier aussi les végétariens. 




Au final, une formule plutôt classique - mais bonne - à un prix également très classique. Toute l'originalité du Garage à Manger réside dans son espace accueillant (et pas trop bruyant en fin de compte) et dans l'association avec Pêle-Mêle qui permet de farfouiller parmi les rayonnages de bouquins juste avant ou après manger, pour une chouette sortie dominicale gourmando-culturelle. A noter également que le restaurant fait épicerie fine et qu'on y trouve entre autres choses un tas de vins et de bières dont les étiquettes seules donnent envie de faire une razzia. 





Rue Washington 185
1050 Bruxelles

mardi 2 février 2016

Au programme de février




1. Racheter du Neige Blanche chez Lupicia
2. Remplacer mes lunettes de loin
3. ...et le téléphone fixe de Monpatelin
4. ...et le robinet pourri de la cuisine
5. Envoyer une lettre recommandée à mon agence bancaire pour exiger de changer de conseiller
6. Prendre rendez-vous chez ma gastro-entérologue pour mai
7. Me débarrasser enfin de la pièce de collection de 10€
que je n'ai jamais eu le temps de faire passer à mon père
8. Revendre le camera bag Nat & Nin brun dont je ne me sers pas
9. Réduire mes achats de livres et taper plutôt dans ma PAL
10. Ranger le placard à condiments de Bruxelles
11. Aller voir l'expo "La trace des chaussures dans la mode" au MoMu d'Anvers
12. Prendre des billets pour l'expo Harry Potter à Brussels Expo cet été
13. Me procurer des guides de voyage à Edimbourg
14. Lire "Essentialism" de Greg McKeown