dimanche 4 décembre 2016

Un atelier de créativité en ligne avec Elizabeth Gilbert




J'adore Elizabeth Gilbert. Pas juste en tant qu'écrivaine, mais presque en tant que gourou. Sur sa page Facebook, elle publie des textes pleins de vulnérabilité, de sagesse et de bienveillance qui me poussent immanquablement à réfléchir et font sans cesse évoluer ma vision des choses humaines. Alors quand j'ai vu que le site d'enseignement en ligne Udemy faisait une grosse promo sur son atelier dédié à la créativité, en le proposant à 29€ au lieu de 100, je me suis précipitée.

Le contenu:
- 12 vidéos (dont 3 sont en fait des lettres adressées à Liz Gilbert se terminant par une question qui sert de prétexte pour développer un concept), pour une durée globale d'environ une heure
- 5 carnets en ligne destinés à approfondir la réflexion des participants et les pousser à mettre en pratique les idées discutées
- L'accès à un forum sur lequel il est possible de discuter avec les autres participants
- Des liens vers des ressources extérieures qui sont essentiellement des publications sur la page Facebook de l'auteure
- Le tout en anglais uniquement, avec possibilité de sous-titres

Les thèmes:
Comment mener une vie animée par la curiosité plutôt que par la peur? Quelle est la différence entre un hobby, un boulot, une carrière et une vocation; quel impact cela devrait-il avoir sur nos objectifs et nos ambitions? Pourquoi ne faut-il pas chercher à supprimer sa peur, mais la respecter sans pour autant la laisser prendre les commandes? En quoi le perfectionnisme est-il l'ennemi de la créativité, et juste une mauvaise excuse soufflée par la peur? Tels sont les thèmes des vidéos que j'ai trouvé les plus intéressantes. Et comme on parle d'Elizabeth Gilbert, intéressantes, elles le sont vraiment. En cinq minutes, cette femme a le don de mettre tous les préjugés sans dessus-dessous et de jeter un éclairage inédit sur des questions qu'on se pose tous. Ce qu'elle raconte décomplexe et donne des ailes. 
Mais... ça recoupe énormément le contenu de son dernier livre "Comme par magie: Vivre sa créativité sans la craindre". Même si j'ai apprécié les vidéos - l'auteure est une excellente oratrice, chaleureuse, amusante et percutante à la fois -, je trouve que le reste des ressources étant en accès libre, une heure de blaba semi-inédit, c'est peu pour 29€ (a fortiori pour plus du triple au tarif normal). C'est dommage, car ce qu'elle raconte pourrait provoquer un déclic chez beaucoup de gens, davantage que son bouquin que j'ai trouvé un peu long et souvent aride. 

Certains parmi vous ont-il déjà suivi des cours sur Udemy? Qu'en avez-vous pensé? 

vendredi 2 décembre 2016

Envies de décembre




...travailler en parallèle sur deux traductions pour la première fois
...étudier le portugais un peu chaque jour
...et demander à Chouchou de me photographier en Angel of Freedom
...boire un dernier cocktail de fin d'année entre copines
...télécharger un numéro de Bella Grace Magazine
...voir "Collateral beauty" au cinéma
...faire un tour à l'Ultime Market à Toulouse
...jouer à Takenoko et à Mysterium avec mes neveux
...faire un escape game en famille
...aller goûter chez Bapz avec Nekkonezumi
...rencontrer Jenny
...manger des pomponettes
...terminer 2016 sur une note joyeuse

jeudi 1 décembre 2016

La rage au coeur




Il y a 3 ans, j'écrivais cet article afin d'expliquer pourquoi je me faisais radier des listes électorales. 
Je n'ai pas changé d'avis depuis lors: je maintiens que notre démocratie ne fonctionne plus en l'état et qu'il y a besoin d'un grand chambardement. 
Je sais aussi que le soir du 8 novembre, même si je n'aime pas beaucoup Hillary Clinton parce qu'elle est l'incarnation même de l'establishment, je priais pour qu'un maximum d'Américains aillent voter démocrate afin d'éviter la catastrophe Trump. Pas juste pour leur pomme, mais pour le reste du pays et du monde. 
En mai prochain, ça va être le tour de la France qui risque fort de se retrouver avec à sa tête François Fillon dans le rôle de la Peste ou Marine Le Pen dans le rôle du Choléra. (Si vous pensez que François Fillon sera juste un président de droite conservatrice comme les autres, je vous invite fortement à étudier son programme que Margaret Thatcher n'aurait pas renié - et inutile d'avoir un doctorat d'histoire pour savoir quel mal elle a fait aux classes moyennes et pauvres de Grande-Bretagne.)
Je pourrais camper sur mes positions. Me dire qu'après tout, je ne fais pas partie des gens qui vont morfler en premier. Je suis blanche, baptisée catholique, dans une relation hétérosexuelle, en bonne santé pour le moment. Je n'ai jamais été salariée et n'ai pas l'intention de le devenir, alors la durée hebdomadaire du travail ou la dégressivité des allocations chômage, qu'est-ce que j'en ai à foutre? Je n'ai pas d'enfants, alors que m'importe qu'on massacre le système éducatif ou même l'environnement? Et bien que je sois très loin d'être redevable de l'ISF (à mon grand regret...), vu la tranche d'imposition sur le revenu dans laquelle je tombe pour le moment, si ça se trouve, j'aurais même intérêt à ce que le prochain gouvernement soit de droite. 
Bref, s'il ne s'agissait que de défendre mon propre bifteck, je m'en laverais les mains et j'attendrais bien au chaud que le système se casse la gueule comme je pense qu'il finira forcément par le faire. 
Par contre, ne pas m'exprimer pour tous les moins privilégiés que moi, les plus vulnérables qui se retrouveront dans une situation intenable si Fillon ou Le Pen passent? J'ai beaucoup réfléchi depuis le résultat des primaires de droite, et je ne vais pas y arriver. 
Je suis très, très consciente de la chance que j'ai eue dans la vie. Et intimement convaincue que si je ne fais rien pour que tout le monde puisse avoir la même, alors je ne la mérite pas. Les intellectuels et les privilégiés ont le devoir de se battre afin de rendre le monde meilleur pour tous. Vous pouvez trouver ça naïf si ça vous chante. Je préfère être naïve qu'indifférente, égoïste, profiteuse ou les trois à la fois. 
Lundi matin, donc, je retournerai m'inscrire sur les listes électorales dont je me suis fait radier il y a 3 ans. 
Et en mai 2017, j'irai voter la rage au coeur, mais j'irai. 

mercredi 30 novembre 2016

Novembre 2016



Lectures de Novembre 2016




ROMANS/ NOUVELLES
- "Le bonheur national brut" (François Roux)
- "The Cazalet chronicles T2: Marking time" (Elizabeth Jane Howard) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Autobiographie d'une courgette" (Guillaume Paris) ♥︎♥︎♥︎
- "The curious charms of Arthur Pepper" (Phaedra Patrick) ♥︎♥︎♥︎
- "Novembres" (Martine Delerm) ♥︎♥︎♥︎
- "Les dix plus beaux jours de ma vie" (Adena Halpern) ♥︎
- "Warren 13 T1: L'oeil-qui-voit-tout" (Tania del Rio/Will Staehle) ♥︎♥︎♥︎
- "Une fille au manteau bleu" (Monica Hesse) - en cours
- "Soudain, j'ai entendu la voix de l'eau" (Hiromi Kawakami) ♥︎♥︎
- "Invincible summer" (Alice Adams) ♥︎
- "Last things" (Jenny Offill) - en cours
- "Ca m'énerve" (Marie-Ange Guillaume) - en cours
- "La boutique Vif-Argent T1: Une valise pleine d'étoiles" (P.D. Baccalorio) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Le livre d'or" (Deborah Copaken Kogan) ♥︎♥︎♥︎

BEDE/MANGA
- "En scène! T1" (Cuvie) ♥︎♥︎
- "Le loup en slip" (Wilfrid Lupano/Mayana Itoïz/Paul Cauuet) ♥︎♥︎♥︎
- "Je vois des antennes partout" (Julie Delporte) ♥︎♥︎♥︎
- "Le cycle d'Inari T1: L'âme et la matière" (Winston Wilsteiner) ♥︎
- "Le mari de mon frère T2" (Gengoroh Tagame) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "La fille du professeur" (Emmanuel Guibert/Joann Sfar) ♥︎♥︎

DIVERS
- "Le bois dormait" (Rebecca Dautremer) ♥︎♥︎♥︎
- "Rue des Amours" (Carl Norac/Carole Chaix) ♥︎♥︎♥︎♥︎

mardi 29 novembre 2016

"Gilmore girls: A year in the life"




Au début du millénaire, j'ai fait partie des fans de la première heure de "Gilmore girls" - enchantée par le débit de mitraillette de Lauren Graham, les références culturelles tous azimuts d'Amy Sherman-Palladino, l'atmosphère de Stars Hollow et la dinguerie des personnages secondaires. Une année après l'autre, j'achetais les coffrets DVD américains lorsqu'ils sortaient, je me rationnais pour ne pas les visionner trop vite, puis je devais attendre l'automne suivant. Comme beaucoup de fans, j'ai été déçue par la 7ème et dernière saison dont la créatrice avait été évincée, et je brûlais d'envie de connaître les fameux "quatre derniers mots" par lesquels elle avait toujours voulu conclure sa série. J'ai longtemps espéré une suite sans trop y croire, et depuis que la confirmation du tournage de "A year in the life", j'étais partagée entre mon impatience de retrouver Lorelai, Rory et Cie et ma crainte que la magie ne soit plus au rendez-vous (comme avec le Veronica Mars movie qui m'avait fait un choc dans le mauvais sens du terme). Alors, ce revival, qu'est-ce que j'en ai pensé? 

ATTENTION: SPOILERS. 
PLEIN. 
VOUS AUREZ ETE PREVENUS.

Ce que j'ai beaucoup aimé:
- L'idée de calquer les 4 épisodes sur le rythme des saisons. Ca permet de varier les tenues, les ambiances et les activités à Stars Hollow, et puis aussi de sentir le temps passer sur un format qui n'est pas celui auquel la série nous avait habitués, d'autant que tous les épisodes ont été disponibles en même temps et que les fans ont tous dû les dévorer assez vite. 
- Le traitement de la disparition de Richard, ses obsèques, la nouvelle vie d'Emily en tant que veuve, le chagrin de Lorelai qui s'était pourtant souvent clashée avec son père. C'est la note la plus grave de "A year in the life", la plus réaliste aussi. J'ai trouvé qu'elle touchait juste, et constituait en outre un bel hommage à Edward Hermann.
- Rory qui, d'élève brillante dont on pensait qu'elle aurait toute la presse à ses pieds, est devenue une journaliste freelance qui galère comme tout le monde. Ca aussi, c'est une touche de réalisme bienvenue qui contrebalance le côté "conte de fées moderne" de la série, lequel pourrait finir par agacer autrement. (Par contre, comment une trentenaire soi-disant fauchée fait-elle pour passer sa vie à sauter au dernier moment dans un avion pour Londres?)
- La thérapie d'Emily et Lorelai. Si beaucoup de temps a passé, l'incompréhension fondamentale entre mère et fille demeure. Le plus souvent aussi comique que grinçante, elle devient parfois dramatique, voire carrément terrible comme lorsque Lorelai soûle évoque des souvenirs inappropriés de son père ou lorsqu'elle s'écharpe avec sa mère dans la cuisine, qui a toujours été le théâtre de leurs plus grands affrontements. 
- Toutes les scènes avec Paris. Mettons que je ne me rende pas compte que le personnage ressemble à une version légèrement plus jeune et plus caféinée de moi-même. Une décennie après la fin de la série, Paris Geller, sainte patronne des personnalités de type A, est toujours aussi terrifiante et hilarante. (Et puis la nouvelle coupe de cheveux de Liza Weil lui va super bien.)
- Le running gag du wifi au diner de Luke, et la vraie raison pour laquelle il ne fonctionne pas.
- Revoir tout le monde, ne fût-ce que l'espace d'une scène. Dans le Veronica Mars movie, j'avais trouvé que ce fan service faisait atrocement artificiel. Là, à la fois parce qu'il y a plus de temps à l'écran et parce qu'il est plus facile de justifier que les personnages secondaires soient toujours dans la vie des héroïnes, ça passe très bien, et ça contribue même à l'atmosphère un peu hors du temps de Stars Hollow: une fois qu'on habite là, pourquoi voudrait-on en bouger? Sauf évidemment si on est ce traître de Michel. Bonus: on découvre enfin que Lane a un père!
- Les cameos des acteurs de "Bunheads" (l'autre série d'Amy Sherman-Palladino) et de "Parenthood" (dans laquelle Lauren Graham a joué une mère assez différente pendant 6 ans après "Gilmore Girls"). Ca donne au revival un petit côté familial plus qu'approprié. 

Ce que je n'ai pas aimé:
- La relation ridicule de Rory avec Paul. Je comprends bien que c'était censé faire rire, mais le gag récurrent du petit ami que tout le monde oublie, y compris sa copine, tombe très vite à plat. Et puis ça ne ressemble pas du tout à Rory de traîner presque 3 ans à ses basques un type dont elle n'a rien à faire et ne voit jamais. 
- Le manque de communication dans le couple Lorelai-Luke. Sérieusement, quels quasi-quadragénaires a priori disposés à avoir des enfants ensemble passent 9 ans sans aborder le sujet une seule fois? Je comprends que si enfants supplémentaires il y avait eu, toute la dynamique de la série s'en serait trouvée modifiée. Mais j'aurais préféré une explication plus crédible à leur absence que "On a juste oublié d'en parler". Et puis Luke qui ne dit pas à Lorelai qu'il s'est laissé entraîner dans des visites de locaux commerciaux par sa mère, Lorelai qui laisse Luke croire qu'elle continue la thérapie avec sa mère alors qu'elle y va seule... WTF, people? C'est un miracle que vous ayez tenu ensemble aussi longtemps.
- La relation secrète de Rory avec Logan. J'ai bien failli m'étrangler de dépit en découvrant ça. Ce gosse de riches trop gâté et irresponsable n'était déjà pas pour elle quand elle avait 20 ans; il l'est encore moins maintenant qu'elle en a 32 et qu'il est fiancé à une autre. Il a proposé de l'épouser et elle a refusé, alors pourquoi se la joue-t-elle plan-cul désinvolte avec lui tout en attendant visiblement autre chose?
- La comédie musicale. Ca occupait un trop gros bout de l'épisode "Eté". Même si ça justifie la présence de Sutton Foster et si la chouette chanson de la fin fait écho aux sentiments de Lorelai d'un façon assez poignante. 

...Mais tout ça, c'est pour les trois premiers épisodes, qui ont leurs hauts et leurs bas en restant néanmoins toujours agréables à regarder. Le quatrième et dernier épisode, "Automne"? Ne cherchez pas: il est PAR-FAIT. Une fin meilleure que tout ce que j'aurais pu souhaiter ou imaginer. Une heure et demie d'émotion pure, le coeur gonflé et les larmes au bord des yeux. L'épiphanie de Lorelai en pleine cambrousse, et le coup de fil qu'elle passe à sa mère pour lui raconter son souvenir préféré de Richard. La folle équipée de la Life and Death Brigade, et les adieux de Rory à Logan et ses amis le lendemain matin. La grande tirade affolée de Luke dans la cuisine, quand il croit que Lorelai va le quitter. L'entretien avec une trophy wife pendant lequel Emily envoie bouler les horribles bonnes femmes des DAR, et la façon dont elle change radicalement de vie. Rory retournant écrire le début de son livre dans la maison vide de ses grands-parents où résonnent les voix du passé.  La conversation de Rory et Dean à l'épicerie, quand elle rend hommage au merveilleux petit ami qu'il a été. Enfin, le mariage tant attendu de Lorelai et Luke - nocturne, onirique, juste merveilleux.

Il y a tout dans cet épisode: le temps qui passe, les choses qui restent les mêmes et celles qui changent irrémédiablement, les décisions difficiles auxquelles on doit faire face, les questions auxquelles on doit trouver les réponses dans la douleur. La vie, quoi. Je n'aurais vraiment pas pu rêver mieux. N'en déplaise aux gens frustrés par les fameux quatre mots - et même si les Gilmore girls me manqueront beaucoup -, une autre suite ne pourrait que gâcher cette conclusion parfaite.