vendredi 20 novembre 2009

"Her fearful symmetry"

Avant de commencer ce livre, je me suis promis une chose: ne pas tenter de le comparer à "The time traveller's wife". Parce que des romans qui m'ont émue à ce point, il doit y en avoir moins d'une vingtaine sur les milliers que j'ai lus dans ma vie, et il était impossible qu'un auteur parvienne à réitérer un tel exploit. Je me disais que si je lisais "Her Fearful Symmetry" en espérant quelque chose qui ressemble à, ou au moins qui me touche autant que le précédent opus d'Audrey Niffenegger, je ne pourrai être que déçue. Donc, je l'ai abordé avec un esprit vierge de toute attente sinon celle que j'ai chaque fois que j'entame un nouveau livre: passer un bon moment.

Et j'ai quand même été déçue.

Le pitch était pourtant alléchant. A la mort de leur tante Elspeth, qu'elles n'ont jamais connue, les jumelles Julia et Valentina héritent d'un appartement à Londres avec l'étrange consigne de l'habiter pendant un an avant d'en disposer comme bon leur semblera. Ainsi se retrouvent-elles voisines de Martin, un homme en proie à des troubles obsessionnels compulsifs qui ont fini par avoir raison de son mariage, de Robert, l'ancien compagnon d'Elspeth absolument inconsolable depuis sa mort, et surtout du cimetière de Highgate, un lieu historique entretenu par des bénévoles. Très vite, Valentina, la plus fragile des deux soeurs, perçoit la présence d'un fantôme dans leur nouvelle demeure...

Je pensais atmosphère londonnienne gothique, je pensais tourments amoureux et romantisme échevelé, je pensais regard perspicace sur la gemellité, je pensais fin poignante qui me nouerait la gorge, voire me tirerait une petite larme. Au lieu de ça, j'ai eu deux héroïnes insipides et caricaturales, un pseudo-héros ténébreux d'une fadeur à pleurer, une histoire qui n'en finissait plus de se mettre en place, un cadre plein de potentiel très mal exploité, une décision aussi irrationnelle qu'extravagante contre laquelle il ne fut protesté que très mollement, un plan ridicule, un secret de famille qui ne tenait pas debout et un petit twist final donnant à l'ensemble un sursaut mélancolique mais bien insuffisant pour rattraper la mollesse de l'ensemble.

Moralité: si vous voulez lire une trèèèès bonne histoire de jumelles, quelque chose qui vous prendra aux tripes et vous fera vraiment vibrer, offrez-vous plutôt "26a" de Diana Evans, en français et en livre de poche chez Pocket.

Un Cha Yuan à Bruxelles

Mercredi vers 16h15, je sortais de chez Rose - où je venais de faire une razzia de petits cadeaux de Noël - avec le sentiment du devoir accompli. L'après-midi avait été productif; mon cabas La Marelle commençait à peser au bout de mon bras et sachant que Chouchou bossait jusqu'à 22h, je n'avais pas envie de rentrer tout de suite.

Au bout de la rue du Bailli, j'ai aperçu un nom familier sur une vitrine qui me semblait inconnue: Cha Yuan. Comme le salon de thé recommandé par Princesse Audrey où Chouchou et moi avions passé un délicieux moment cet été et où j'ai ensuite voulu entraîner Soeur Cadette, la faisant marcher dans la mauvaise direction pendant 20 bonnes minutes sous un soleil de plomb et avec des ampoules aux pieds.

J'ai poussé la porte et suis entrée dans une boutique décorée de façon beaucoup plus zen et épurée que celle de Toulouse. Il restait une seule petite table inoccupée près de la cascade murale, je m'y suis glissée et ai déposé avec bonheur mes paquets près de moi. Le patron s'est approché pour me donner la carte; je lui ai fait part de mon étonnement.
- Je croyais que le Cha Yuan de Toulouse était un salon de thé unique.
- Pas du tout; nous sommes quelques-uns en France. Après avoir tenu celui de Lille pendant plusieurs années, j'ai ouvert à Bruxelles il y a quelques mois.

Il m'a apporté mon Shizuoka Sencha à l'odeur de gazon fraîchement coupé dans une petite théière individuelle à filtre incorporé, une tasse japonaise, une carafe-thermos, une coupelle où reposait un mini-financier au matcha sur des lamelles de gingembre confit et un minuteur réglé sur 60 secondes "pour la première infusion; après vous voyez selon votre goût".

J'ai sorti mon carnet à dessin et je me suis mise à griffonner vite vite tout en buvant et en reremplissant ma tasse. Mon croquis terminé, j'ai goûté le petit gâteau: il était à se damner. J'ai demandé s'il existait en taille adulte, et son grand frère en forme de fleur est arrivé sur ma table encore tout tiède. Je l'ai laissé refroidir en encrant mon dessin avec un feutre-pinceau sépia (ce qui était une mauvaise idée, comme je m'en suis aperçue dès le premier trait; mais il était trop tard pour revenir en arrière).

Puis j'ai savouré mon gâteau en lisant le dernier ELLE français. A la table d'à côté, deux filles qui exerçaient visiblement le métier de traiteur soupiraient après les clients à petit budget et cassaient du sucre sur le dos de leur amie Laurence, "non mais elle est super gentille hein, mais elle a toujours des problèmes et j'ai pas tant d'affinités que ça avec elle, tu comprends". J'ai été contente quand elles sont parties et ont cessé de parasiter mon environnement auditif immédiat.

En allant payer, j'ai encore discuté un peu avec Jean-Benoît, le patron. J'ai acheté 100 grammes de Bencha Hojicha censé ne pas (trop) m'empêcher de dormir si j'en bois le soir, et une jolie petite boîte turquoise où le ranger. J'ai emporté trois des fiches-recettes au thé gracieusement offertes par la maison: cake au matcha, cookies matcha-pistache-chocolat blanc et madeleines au matcha. J'ai vu aussi qu'en plus de sa très belle carte de thés, le Cha Yuan proposait une restauration vapeur sans interruption pendant ses heures d'ouverture. Une adresse à découvrir pour tous les amateurs de thé bruxellois.

CHA YUAN
Rue du Bailli 97

1050 BRUXELLES

Tel: 02.325.95.12

Lundi 14h-19h; Mardi-Vendredi 10h-19h

jeudi 19 novembre 2009

The best cat vidéo ever

Parce que reconnaissance nonobstant, j'ai le moral au fond des babouches ce matin après une nouvelle nuit d'insomnie, voici une petite vidéo qui m'a fait mourir de rire:


Thanksgiving

Aujourd'hui Ah non merde, dans une semaine... C'est Thanksgiving dans le pays d'adoption temporaire de Soeur Cadette. Faisant fi des malheureux Indiens massacrés par les colons européens au XVIème siècle, les Américains vont se goinfrer de dinde et de tourte au potiron en rendant grâce à Dieu pour tout ce dont ils sont reconnaissants. Même si les origines de cette fête me laissent perplexe, et bien que je sois on ne peut plus athée, je trouve que recenser les choses qui méritent gratitude est une sacrément bonne idée. Alors, je me lance.

Je suis reconnaissante d'avoir rencontré cette année plein de chouettes gens qui sont devenus des copains, voire des amis: Eve, Ando, Anne, BBL, Kettch, Miss Sunalee & diane cairn... Grâce à eux, je perds un temps dingue sur Facebook, j'envisage sérieusement de me mettre à écrire, je me mets à boire des cocktails, je découvre la complicité féminine, de nouveaux auteurs et plein de bonnes adresses. Life is sweet.

Je suis reconnaissante que jusqu'ici, 2009 se soit déroulée sans la moindre dispute apocalyptique avec Chouchou. Pourvu que ça dure! On commence à assez bien maîtriser nos démons intérieurs tous les deux. Et puis on sait que le jeu en vaut la chandelle - qu'on ne peut pas, qu'on ne DOIT PAS casser ce truc miraculeux entre nous.

Je suis reconnaissante pour mon horrible crise de panique de début juillet, parce qu'elle m'a forcée à chercher une solution à un problème qui pourrissait gentiment depuis 15 mois. Aujourd'hui, tout n'est pas encore résolu, mais c'est en bonne voie. Et je pense être devenue un peu plus humaine au passage - un peu plus humble, un peu plus tolérante, un peu plus compréhensive, un peu plus zen. Ce qui ne peut pas faire de mal.

Je suis reconnaissante pour Skype qui, malgré sa qualité de son et d'image plus qu'inégale, me permet de voir et de parler régulièrement à ma famille: mes parents à Toulouse, Soeur Cadette, David et leurs schtroumpfs à Dallas. Notre éloignement qui m'attriste si fort s'en trouve quelque peu adouci.

Je suis reconnaissante envers la SNCF et ses tarifs démocratiques (pour les gens organisés, du moins...) qui me permettent de faire des aller-retour Bruxelles-Monpatelin une fois par mois pour 50€ seulement, ou d'aller passer la journée à Paris quand l'envie m'en prend, avec l'assurance que je pollue le moins possible et ne cours quasiment aucun risque d'accident des transports.

Je suis reconnaissante envers la météo belge qui nous a donné un vrai été ensoleillé et un très bel automne (14° hier soir vers 18h...). Si elle pouvait poursuivre l'effort en nous envoyant un hiver clément, ce serait bien urbain de sa part.

mercredi 18 novembre 2009

"New Moon", the Jennsylvania remix

L'écrivain Jen Lancaster, qui me fait rire autant qu'elle m'agace parfois, vient de poster une re-création absolument HI-LA-RANTE de "New Moon", le tome 2 de la série "Twilight" dont l'adaptation cinématographique sort cette semaine aux USA. Si vous avez lu le livre ou si vous vous fichez d'être spoilé, cliquez vite ici.

Ta gueule, David Douillet*

Dans son édition du mercredi 4 novembre, [le Canard Enchaîné] publie quelques-unes des bonnes feuilles [du livre de David Douillet], sobrement intitulé L'Ame du conquérant (Robert Laffont, 1998). Justifiant sur trois pages ce qu'il appelle sa "misogynie rationnelle", le député des Yvelines y dévoile ses projets pour la femme du XXIe siècle. "Pour moi, une femme qui se bat au judo ou dans une autre discipline, ce n'est pas quelque chose de naturel, de valorisant, explique-t-il. Pour l'équilibre des enfants, je pense que la femme est mieux au foyer."

"C'est la mère qui a dans ses gènes, dans son instinct, cette faculté originelle d'élever des enfants. Si Dieu a donné le don de procréation aux femmes, ce n'est pas par hasard", poursuit-il. "De fait, cette femme-là, quand elle a une activité professionnelle externe, pour des raisons de choix ou de nécessité, elle ne peut plus jouer ce rôle d'accompagnement essentiel. (...) Je considère que ce noyau est déstructuré. Les fondements sur lesquels étaient bâtie l'humanité, l'éducation en particulier, sont en partie ébranlés", ajoute David Douillet, aujourd'hui membre de la commission des affaires culturelles et de l'éducation à l'Assemblée nationale.

Visiblement plus porté sur les affaires "naturelles" que "culturelles", il pare aux critiques : "On dit que je suis misogyne. Mais tous les hommes le sont. Sauf les tapettes !"

Source: www.lemonde.fr

Alors, je suis extrêmement désolée d'ébranler les fondements de l'humanité avec mes petites histoires de flingues qui ne font pas de crottes. Mais tant que Chie Mihara ne donnera pas ses chaussures - et, accessoirement, que Carrefour refusera de me laisser vider ses rayons sans me réclamer des sous en échange -, j'ai peur de devoir continuer mon ignominieux travail de sape. En même temps, comme je n'ai pas daigné me reproduire, je peux sans doute adopter cette attitude hautement anti-féminine sans trop nuire à la société. Hé oui, lectrices, mes amies, mes soeurs: des enfants ou les pieds au chaud et un estomac plein, il vous faut choisir!

*Pardon pour cette grossièreté et pour cet emprunt au formidable blog C'est la gêne, mais y'a des jours où quand on lit ce qu'on lit et on voit ce qu'on voit, on se dit qu'on a bien raison de penser ce qu'on pense. J'me comprends.

mardi 17 novembre 2009

Charrette

Suis en période de bouclage pour les deux semaines à venir. STOP. Fini hier soir de bosser à 23h. STOP. Neurones ressemblent à spaghetti trop cuits. STOP. Ne résiste néanmoins pas au plaisir de vous livrer trois lignes extraites de mon boulot d'hier. STOP. "Un flingue se fiche de vos pouvoirs métaphysiques. Et il ne critique pas votre vie privée. Les chiens non plus, mais je n’ai pas besoin de ramasser les crottes de mon flingue après avoir tiré." STOP. Ai un métier formidable. STOP.

Il y a



Dieu que cette fille est belle dans sa singularité et son bonheur...
Son double Best Of sortira le 23 novembre; il sera plein d'inédits et de morceaux qui ne figuraient pas sur ses albums studios (notamment un extrait d'Atomik Circus et un autre du Soldat Rose). Il va direct se rajouter sur ma liste au Père Noël.