vendredi 19 septembre 2014

Partir à 1000 kilomètres et arriver enfin à prendre du recul




La journée avait été excellente: belle balade photo dans les "champs de patates" le matin, déjeuner peinard au Laundromat Café, visite du génial musée de la ville de Copenhague (et son superbe salon de thé) l'après-midi, découverte d'une géocache dans un endroit original comme je les aime en début de soirée... Bref, j'étais d'une humeur délicieuse. Avant que Chouchou ne rentre à l'hôtel régler les problèmes d'un de ses clients, nous avons cherché une autre géocache sur Nyhavn, port intérieur célèbre pour les maisons colorées qui le bordent. Ca grouillait de monde à l'heure de l'apéro, et nous avons pensé que nous allions avoir bien du mal à rester discrets, surtout pour débusquer une "difficulté  4" (sur 5). De fait, nos premières tentatives n'ont rien donné. Chouchou s'est assis pour réfléchir pendant que je palpais une bouée de sauvetage sans trop de conviction avant de le rejoindre. C'est alors qu'un type descendu d'un bateau voisin est venu me demander: "Vous cherchez quelque chose?" d'un air entendu. J'ai répondu par l'affirmative, mais avant que je puisse ajouter "Ne me dites pas où c'est", il a glissé tout son bras derrière la bouée et en a sorti un Tupperware planqué dans une cavité dont je n'aurais jamais soupçonné l'existence, et que je n'aurais certainement pas réussi à atteindre. Pourtant, je n'aime pas qu'on me serve une cache sur un plateau; ça me donne l'impression de ne pas mériter le log. Mais je sais aussi que ça arrive à tous les géocacheurs de temps en temps, et que le type essayait juste de me rendre service. Alors, au lieu de tirer la tronche, j'ai souri et j'ai dit "Merci beaucoup pour votre aide". Lâcher-prise 1, misanthropie crasse 0.

Juste après ça, donc, j'ai laissé Chouchou reprendre le chemin du Generator et je suis partie tuer une heure au Magasin du Nord - les Galeries Lafayette locales. J'avais dans l'idée de m'acheter le foulard qui me fait cruellement défaut depuis le début de notre séjour (ensoleillé mais TRES venteux) et sans lequel je n'oserais pas faire un tour de chaises volantes au Tivoli. Bien entendu, une fois le foulard dans mon sac, j'ai déambulé un peu dans les autres rayons. Je suis passée très rapidement à l'étage mode femme; par contre, à l'étage maison, je me suis longuement attardée devant les ravissantes céramiques de Bloomingdale et de Miss Etoiles. C'est simple: tout me faisait envie. Mais tout était cher, tout risquait de se casser dans la valise du retour, et surtout, je n'avais besoin de rien. Je suis ressortie de là les mains vides, ce qui est déjà un exploit en soi, mais surtout sans le moinde sentiment de frustration. Tellement convaincue qu'il valait mieux que je garde mes sous et de la place dans mes placards que ça ne m'a fait aucune peine de laisser là toutes ces tasses si choupinettes et ce merveilleux beurrier à pois. Lâcher-prise 1, consumérisme aigu 0.

En arrivant dans la chambre d'hôtel, je me suis jetée sur mon iPad pour prendre des nouvelles du reste du monde. Et j'ai appris qu'il y avait eu de violents orages suivis de fortes inondations dans mon coin du Var. Je ne crains pas beauccoup les inondations: seul un minuscule ruisseau traverse Monpatelin; il passe loin de chez moi, et j'habite en étage. En revanche, l'évacuation de mon balcon tend à se boucher facilement, et ma mezzanine est juste sous le toit de la résidence, de sorte qu'en cas de tempête et de fortes pluies, je redoute toujours les infiltrations par la porte-fenêtre du salon ou le combo tuiles arrachées/dégât des eaux. Pourtant, je n'ai pas cédé à mon angoisse habituelle. Rien ne disait qu'il y avait un problème, et même s'il y en avait eu un, j'étais plus ou moins coincée à Copenhague jusqu'à dimanche, dans l'impossibilité de rejoindre Monpatelin avant lundi soir au mieux. Alors, plutôt que de me pourrir la fin des vacances pour rien, j'ai décidé de ne pas y penser. J'ai envoyé un mail à mon oncle, qui n'habite pas loin de chez moi, pour lui demander s'il aurait une occasion de passer jeter un coup d'oeil à mon appart'. Et après ça, j'ai rangé le problème dans un tiroir mental pour continuer ma soirée normalement. Lâcher-prise 1, angoisse paranoïaque 0.

C'est marrant, parce qu'au moment de choisir un mot pour 2014, j'ai longuement hésité entre "avancer" et "lâcher-prise" avant de finir par choisir le premier. Aux trois quarts du terme, je n'ai mis à exécution aucun des projets que j'avais en tête, mais j'ai l'impression de progresser à vue d'oeil pour ce qui est du détachement. 

mercredi 17 septembre 2014

Le sang en ébullition



Ce soir, nous avons décidé de manger au bar/resto de notre hôtel. Nous marchons beaucoup depuis notre arrivée et je cumulais un sacré mal aux pieds avec une magnifique crampe dans le mollet gauche. Installés à une table près de la baie vitrée, dans la salle chichement éclairée, nous avons mangé des burgers honnêtes sans plus en écoutant des vieux classiques du rock. Quand "Love will tear us apart" a succédé aux Sex Pistols, j'ai repensé à celle que j'étais il y a une demi-vie, quand je traînais mes 22 ans vaguement gothiques dans les caves d'Aix-en-Provence où je fumais comme un pompier, dansais comme une possédée, me comportais avec une dignité modérément exemplaire après une bière de trop et rentrais juste à temps pour prendre une douche avant de partir faire un boulot que je haïssais. Aujourd'hui, à 43 ans bien sonnés, je m'habille vaguement rétro (toujours incapable d'adhérer totalement à quoi que ce soit); les clopes des autres me donnent la nausée; je ne bois que du bon vin rouge ou des cocktails de fille et si je me couche après 1h du matin, il me faut la semaine pour m'en remettre. Je suis une collaboratrice exemplaire qui aime beaucoup son job la plupart du temps; je mange sainement et je n'écoute presque plus jamais de musique. 

Je pourrais dire que je suis une bien meilleure personne à 43 ans qu'à 22: plus intéressante, moins égoïste. Je ne prends plus les autres pour de simples figurants dans le film de ma vie - mais j'ai cessé depuis belle lurette de me soucier de leur opinion. Je sais que je peux survivre à presque toutes les catastrophes, si dévastatrices qu'elles me semblent sur le coup. J'ai développé une confiance en moi quasi-inébranlable. Je suis devenue responsable sans pour autant commencer à me prendre au sérieux. Bien que largement imparfaite, je peux me regarder dans la glace sans avoir à rougir de moi. Je fais de mon mieux la plupart du temps - même si ça ne suffit pas toujours. Je m'intéresse au monde qui m'entoure. Je ne suis plus gouvernée par des passions ravageuses; désormais, c'est ma tête qui décide. Pourtant... ce qui m'a permis d'en arriver là, c'est une suite de souffrances petites et grandes: les déconvenues professionnelles, les ruptures amoureuses, les déceptions amicales, les blessures de l'égo, les déracinements successifs, la maladie et la mort de gens que j'aimais. Je ne peux m'empêcher de regretter l'innocence de mes 22 ans, cette certitude que j'avais l'éternité devant moi et que les drames n'arrivaient qu'aux autres. 

Mais surtout, ce que je regrette, c'est ma capacité à éprouver des émotions intenses. Au fil du temps et des expériences, elle s'est si bien émoussée qu'il ne m'en reste presque rien. Je ne suis plus jamais extatique - et plus jamais non plus au 36ème dessous. C'est nettement moins fatigant, mais ça me donne l'impression de regarder le monde à travers un filtre qui atténue les couleurs et la netteté des images. Je sais désormais que rien ne dure: ni le bonheur, ni le malheur. Du coup, les émotions semblent presque superflues. Tout finira par passer. D'ailleurs, à la vitesse où le temps file, tout est déjà passé, en fait. Mon travail de chaque jour, c'est de savourer le présent, de le vivre en conscience pour en tirer autant de plénitude que possible. C'est, selon l'angle sous lequel on le considère, une attitude pleine de sagesse et la voie de la sérénité, ou une petite mort de chaque instant en attendant la grande. Ce soir, pendant que Debbie Harry feulait "Call me", j'ai eu très envie d'avoir de nouveau 22 ans et le sang en ébullition.

Illustration empruntée ici

lundi 15 septembre 2014

Un week-end où je soupire après de nouvelles lunettes




Dernière ligne droite avant le départ pour Copenhague; il est temps de reporter tous les trucs à voir sur le plan par quartier: gommettes, stylo indélébile, surligneur rose fluo, à moi!; c'est la première fois que j'achète une City Card, mais vu que celle-ci nous donne aussi le train gratuit pour aller jusqu'à Roskilde (Chouchou tient absolument à voir le musée des bateaux vikings...), ça vaut la peine; flûte, les betteraves ont moisi dans leur Tupperware; un filet d'huile d'olive et une poignée de graines, ça vous habille tout de suite une bête soupe aux épinards; pendant que Chouchou va s'acheter des gadgets à la Fnac, je file réaliser l'objectif n°8 de ma To Do List d'automne; les scones du God Save The Cream sont bons mais pas inoubliables, en revanche le brunch a l'air vraiment super et il faudra venir le tester un dimanche; rentrer directement par le chemin le plus court, ou faire une grande boucle histoire de marcher un peu mais prendre le risque d'acheter des trucs en cours de route?; raisonnable, je ne craque pas pour le livre "Meal in a mug" chez Urban Outfitters - pourtant, il est beau, et j'ai très envie de pousser plus loin le concept des mug cakes; OH MON DIEU JE VEUX ESSAYER CETTE MONTURE; j'adore j'adore j'adore, mais si je la prends, je devrai recommencer à me maquiller les yeux pour ne pas avoir l'air d'une chouette mal réveillée; "alors la monture est à 228€, et pour les verres progressifs, il faut compter 370€ fois 2"; excusez-moi je fais une petite crise cardiaque et je reviens; sachant que la Sécu plus ma mutuelle me rembourseront royalement 32€ sur l'ensemble, je crois que je vais garder mes vieilles lunettes même si elles ne sont plus tout à fait à ma vue; un petit tour chez Hema pour commencer mes courses de swap papeterie, ça, c'est permis!; dîner light: tofu mariné et grillé (avec de belles rayures) + brocoli sauté; "Time after time", c'est assez sympa, dommage pour la fin super cucul où c'est comme par hasard la femme qui sacrifie tout pour suivre l'homme - et dans l'Angleterre victorienne, à mon avis, elle ne va pas rigoler tous les jours.




Au réveil, le bon gros clash qui te donne envie de tout envoyer bouler et de devenir pirate - ou au moins de partir à l'autre bout du monde, mais seule; j'ai cru gagner du temps en habillant mon tambour à broder avec du washi tape plutôt qu'en le peignant, et en fait, non; ah, le casse-tête sans cesse renouvelé de la valise pour qui aime voyager léger et confort MAIS être parée à toutes les éventualités et fringuée un peu joliment sur ses photos de vacances; pour les vêtements, je ne sais pas ce que ça donnera, mais ma trousse de carnet de voyage est juste parfaite; même après le premier shampoing mouillé et séchage à ma façon, ma coupe de cheveux me déplaît toujours autant; le site de Bookcrossing n'accepte les changements de lieu que si je me connecte avec Safari au lieu de Chrome - mais bon, ma note de libération est validée, et je vais pouvoir abandonner mon deuxième livre demain à l'aéroport; corsage violet et points de noeud bien réguliers: je vois enfin le bout de ma seconde broderie rétro (même si je suis pour ça obligée d'enlever mes vieilles lunettes); Cahouète a reçu un mini iPad pour son anniversaire; je croyais qu'on était à la fin de la saison 4 de "Gilmore girls", mais non, il nous restera encore 2 épisodes à regarder en rentrant.

dimanche 14 septembre 2014

DIY: un porte-broches dans un tambour à broder


Cet été, j'avais en tête une idée de création qui mélangerait laine cardée, feutrine et broderie composant une saynète que j'encadrerais dans un tambour à broder. J'ai manqué de temps pour me pencher dessus sérieusement, mais pendant nos vacances à Toulouse, je suis tombée par hasard sur un bouquin formidable: "100 idées déco avec les tambours à broder".

En principe, j'achète peu d'ouvrages de loisirs créatifs, parce qu'on trouve des tas de choses super gratuitement sur internet et parce que, pour une vingtaine d'euros, il n'y a généralement qu'un ou deux projets qui m'intéressent dans tout le livre. Mais là, un simple feuilletage dans les rayons d'Ombres Blanches m'a permis d'en découvrir au moins une douzaine qui me faisaient très envie (dont un, d'ailleurs, qui ressemblait un peu à ce que j'avais en tête pour ma fameuse création). J'ai donc acheté cet ouvrage, et je peux vous dire que je ne le regrette pas: c'est une mine d'idées géniales! 




Premier projet réalisé: un porte-broches. Parce que c'était facile et rapide, et que ça me semblait donc une bonne entrée en matière, mais aussi parce que je possède une mini-collection de broches que je porte peu (je déteste faire des trous dans mes vêtements) et que je cherchais justement un moyen de mettre en valeur malgré tout.

Il m'a suffi de choisir un joli coupon de tissu, d'y piquer mes broches en utilisant le cercle intérieur du tambour comme guide, d'habiller le cercle extérieur avec du washi tape (en prenant garde à faire coïncider les motifs), de monter le tambour et de faufiler le bord caché du tissu avec du fil de lin doublé pour le maintenir en place. Le couper ras et le coller au cercle intérieur aurait été plus "propre", mais aussi plus définitif et plus difficile à rattraper en cas de bourde. Là, c'est moche mais ça ne se voit pas, et je peux défaire quand je veux!




samedi 13 septembre 2014

Summer to do list: bilan





1. Organiser le voyage de septembre à Copenhague/Mälmo
C'est fait, et heureusement, parce que nous partons lundi matin!
Taux de réussite: 100%

2. Lire "The Rational Optimist"
Je pensais que ce livre m'aiderait à avoir une vision un peu moins pessimiste du monde et de l'avenir. En fait, c'est un pavé dont les trois quarts sont consacrés à relater la formidable évolution de l'humanité au fil des âges. Le premier chapitre explique à grands renforts de statistiques super barbantes pourquoi nous n'avons jamais été si bien lotis, et le dernier - seulement - pourquoi tous les espoirs sont permis pour l'avenir. Mais l'apologie du capitalisme débridé à laquelle se livre l'auteur m'a tellement hérissée que je n'ai pas encore réussi à arriver jusque là.
Taux de réussite: 20%

3. Compléter ma page vide-dressing
J'ai rajouté quelques trucs, mais il en reste encore plein d'autres dont je devrais me débarrasser...
Taux de réussite: 50%

4. Préparer un swap papeterie pour la rentrée
C'est fait, et il est lancé depuis une semaine avec une grosse trentaine de participantes.
Taux de réussite: 100%

5. Tester le blender blanc acheté l'été dernier (!)
J'ai eu un grand moment de solitude quand il a refusé de fonctionner au premier abord. Un instant, je me suis vue le mettre à la poubelle sans m'en être jamais servie (vu que la garantie était terminée). Mais non, en insistant un peu, j'ai fini par arriver à mes fins. Et je n'y ai plus retouché par la suite. Un achat peu inspiré: quand je suis à Monpatelin, j'ai juste la flemme de salir de la vaisselle pour moi toute seule.
Taux de réussite: 100%

6. Porter toutes les fringues en attente de retouche chez la couturière
C'est fait.
Taux de réussite: 100%

7. Trier le contenu de ma bibliothèque de gauche
C'est fait aussi, et j'ai même trié le contenu de mon secrétaire en prime.
Taux de réussite: 100%

8. Faire un point de croix "inspirant"
Je n'ai pas trouvé de modèle pour ce que j'avais en tête. Mais j'ai quand même fait cette petite chose.
Taux de réussite: 50%

9. Fabriquer un carnet en papier recyclé en partant de zéro
Pas eu le temps ni l'inspiration.
Taux de réussite: 0%

10. Produire au moins 5 pages d'art journaling
Voir ci-dessus.
Taux de réussite: 0%

11. Finir la broderie rétro en souffrance
Je la termine demain si tout va bien, et je la montrerai sans doute prochainement.
Taux de réussite: 100%

12. Récupérer les droits d'auteur de mes traductions plus exploitées
Une corvée administrative qui m'emmerde royalement et n'a rien d'obligatoire ni d'urgent, si bien que je n'y ai pas touché.
Taux de réussite: 0%

13. Apprendre à préparer un cocktail que j'aime
Je sais faire un Mojito et un Sea Breeze. Mais moins bons que ceux de l'Amour Fou.
Taux de réussite: 80%

14. Trouver un MOOC de biologie basique auquel m'inscrire à la rentrée
L'idée de me mettre du travail supplémentaire non rémunéré sur le dos me donne juste envie de partir en courant. Tant pis, je resterai scientifiquement inculte.
Taux de réussite: 0%

15. Changer le matelas de notre lit à Bruxelles
C'est fait, et c'est un merveilleux investissement.
Taux de réussite: 100%