vendredi 21 novembre 2014

Le vendredi où Londres se montre exceptionnellement hostile envers nous



L'Eurostar a eu presque une heure de retard à l'arrivée (le "presque" est important, puisque grâce à lui, nous ne serons pas dédommagés). Le système de check-in de notre hostel était en rade quand nous sommes arrivés à midi dans le quartier excentré et déprimant de Shepherd's Bush. Nous avons dû laisser nos bagages dans une consigne payante en panne d'encre, qui nous a sorti un ticket vierge au lieu du code-barre nécessaire pour rouvrir notre casier. La salle commune en sous-sol étant vraiment trop déprimante, nous nous sommes réfugiés dans un café voisin pour avoir du wifi et chercher où aller ensuite. J'y ai bu un thé vert hors de prix et parfaitement dégueulasse. A la sortie, il s'est mis à pleuvoir, et bien sûr, avec toutes ces contrariétés, j'avais oublié mon parapluie dans ma valise désormais inaccessible. Nous avons remonté Neal Street en quête de trois magasins: Origins a disparu, Yumi aussi, l'ex-Collectif vend désormais essentiellement d'horribles combinaisons en nylon vintage à £1. A 15h, la nuit commençait à tomber; j'avais emporté un manteau trop léger et je me caillais sévère. Nous nous sommes prévu une bonne marge pour nous rendre au Milestone Hotel où nous avions réservé pour un afternoon tea, et qui se trouvait exactement à 200m en ligne droite de la station de métro Kensington High Street; moyennant quoi, batterie d'iPhone en rade, nous avons tourné 45 mn dans un quartier désert et, alors que la crise de nerfs menaçait, fini par arriver à bon port échevelés (pour 50% d'entre nous), en nage et en retard d'une demi-heure sur notre réservation. Nous finissions nos finger sandwiches quand deux hommes d'affaires français ex-HEC accompagnés de leurs trophy wives sont venus s'installer sur le canapé voisin et ont commencé à discuter de New York qu'ils adorent, de Miami et San Francisco où ils ont des succursales, de la France où ce n'est vraiment plus possible d'entreprendre, du monde qui est heureusement devenu un village, et du Hyatt où ils descendent habituellement quand ils sont à Londres. Un pianiste a débarqué, je me suis crue sauvée: c'était jusqu'à ce qu'il attaque une version jazzy de "Everybody's gotta learn sometimes" en chantant d'une voix chevrotante. On a demandé l'addition, et j'ai été prise de mal au coeur, mais sans trop savoir si c'était à cause du montant ahurissant une fois le service ajouté et le total converti en euros, ou du sucre et du gras que je venais de m'enfiler (2 bouchées pâtissières et demie + 1 scone clotted cream/confiture, apparemment, c'est désormais trop pour mon système digestif). Quand nous avons voulu regagner l'hôtel, les deux lignes de métro qui passaient par Kensington Hight Street étaient arrêtées pour une raison inconnue. Nous avons cherché une <s>alternative</s> autre solution et opté pour le bus 49. Qui nous a démarré sous le nez à l'arrêt le plus proche. Enfin arrivés à l'hôtel, nous avons poireauté plus de 20 mn dans un pub à la musique débilo-hurlante pendant que le client précédent, qui n'avait pas les moyens de payer sa chambre, essayait d'embrouiller la réceptionniste et refusait de lâcher l'affaire. Tout ça pour le privilège de débarquer dans une chambre à la fenêtre cassée en position ouverte alors qu'il gèle dehors et que nous surplombons un carrefour hyper bruyant. Bref, la seule chose positive que je peux dire sur cette journée, c'est qu'à côté d'elle, demain ne peut être que meilleur!

jeudi 20 novembre 2014

Le jeudi où je lance la ronde de cartes d'anniversaire 2015




Levée de nouveau à 9h, groumpf. (Ca va moins rigoler demain: je dois être à la gare du Midi à 8h20.) Comme souvent en début de traduction, quand la pression de la deadline est encore anecdotique, je me laisse détourner du droit chemin par mille tâches ni urgentes ni indispensables, mais dont j'ai très envie de m'occuper LA MAINTENANT TOUT DE SUITE. Par exemple, finaliser et envoyer les listes des 2 groupes pour mon projet-plus-si-secret (une ronde de cartes d'anniversaire qui s'étalera sur tout 2015). Ou préparer la valise pour le week-end à Londres. Comment ça, je n'ai plus qu'un seul collant rouge, et il est dans le panier à linge sale? Mais ça fout toute ma garde-robe capsule en l'air, ça! Envoyer trois mails de boulot, histoire d'avoir eu l'impression de bosser un peu quand même aujourd'hui. Un gentil livreur de chez UPS m'apporte mes nouvelles Chie Mihara: elles me vont bien et semblent très confortables, mais le vert bronze est beaucoup moins vibrant en vrai que sur la photo, ce qui me déçoit un peu... jusqu'à ce que je les approche de la fenêtre. Mmmh. Des chaussures d'hiver hors de prix dont la beauté ne se révèle que sous une lumière naturelle forte, est-ce une bonne idée quand on passe autant de temps en Belgique? Je me laisse jusqu'à lundi pour décider si je les renvoie ou non. La super bonne nouvelle de la journée, c'est que la BBC a produit une mini-série adaptée de "Jonathan Strange & Mr. Norrell", un de mes romans de fantasy préférés de tous les temps. J'ai trouvé la tablette idéale pour préparer du chocolat chaud: c'est le Côte d'Or Fondant. Leo Babauta, un des "maîtres" du courant minimaliste aux USA, vient de lancer un Kickstarter pour son prochain livre: please, take my money. Le responsable du Quarantine Live Escape Game, que j'avais rencontré cet été à un arrêt de bus, me propose de tester son jeu gratuitement avec mon équipe avant l'ouverture officielle de sa salle. Rien d'intéressant ce soir sur TakeEatEasy; revenons aux basiques et commandons un pad thai au Tom Yam - avec un assortiment d'entrées, pour le plaisir de se disputer le mini-pot de sauce aux cacahuètes devant la télé. "Chouchou, je voudrais bien que tu rajoutes tes affaires dans la valise pour que je puisse la boucler." "Ca coûtera un bisou." "Dans tes rêves. Si tu ne mets pas tes affaires dans la valise, je pars toute seule et puis voilà!" "La réservation de l'hôtel est sur ma carte Bancontact." "Ouais, et j'ai ta deuxième carte Bancontact, plus le code secret, plus l'adresse de Liberty's." "...OK, je me dépêche."

Comment partager les belles choses?




Le mois dernier, j'ai dîné avec ma plus vieille amie, que je n'avais pas vue depuis 8 ans. Nous ne nous étions guère donné de nouvelles pendant cette période, et il a fallu faire une séance de rattrapage. De son côté: sa mère a eu la maladie de Lyme, son mec roadie galère de plus en plus pour trouver du boulot, elle-même qui est professeur de salsa à mi-temps craint de devoir fermer son association l'an prochain faute d'élèves, et la marraine de sa fille cadette a un cancer généralisé. Du mien: le crabe a emporté une de mes grandes amies en 2008 et mon père il y a 2 ans, j'ai dû me faire soigner pour des attaques de panique et me débats encore beaucoup avec mes angoisses irrationnelles, le secteur de l'édition va mal et je ne sais pas combien de temps je pourrai continuer à exercer mon métier. 

On était dans un resto très chouette, contentes comme tout de se revoir et... la conversation était parfaitement déprimante, une avalanche de mauvaises nouvelles. Pourtant, mon amie a deux filles qu'elle adore et s'épanouit complètement dans sa vie de famille; de mon côté, si ces dernières années ont été parmi les plus rudes de mon existence sur certains plans, elles ont aussi, paradoxalement, été les plus heureuses, avec beaucoup de jolis voyages, une chouette relation de couple, plein de temps libre pour mes loisirs et un début de sérénité conquis de haute lutte. Alors, pourquoi ne pas avoir parlé des choses qui allaient bien plutôt que de nos malheurs et de nos craintes pour l'avenir? Pourquoi ne pas nous être focalisées sur le positif, largement prioritaire pour elle comme pour moi si on creuse un tout petit peu? 

Si j'évoque ce dîner en particulier, c'est parce que c'était une occasion spéciale et que cela a rendu le déséquilibre encore plus flagrant. Mais au quotidien, c'est un peu la même chose: bien que je collectionne les petits bonheurs, je communique plus facilement sur mes contrariétés et mes peurs. Je ne me considère pas du tout comme quelqu'un de morose, et je suis une fervente adepte du positivisme. Pourtant, j'ai toujours plus de mal à parler de ce qui va bien. Un peu par superstition, comme si une partie de moi pensait que clamer son bonheur, c'était provoquer le destin et inviter les catastrophes (ce qui est totalement idiot, j'en ai bien conscience). Un peu par crainte d'être perçue comme vantarde ou manquant de tact si je m'adresse à des gens moins chanceux que moi. Alors que quand je vais mal et qu'une copine m'annonce une bonne nouvelle la concernant, ça ne me rend pas jalouse ni déprimée, au contraire: ça me change les idées, et ça me redonne espoir que pour moi aussi, les choses finiront par s'arranger. 

Malgré ça, et bien que la diplomatie ne soit décidément pas ma qualité première, j'hésite à me réjouir trop ouvertement de ma bonne fortune. Je dis souvent que j'en suis consciente et reconnaissante, mais je m'attarde beaucoup moins là-dessus que sur les mille et unes raisons de rouspéter qui se présentent chaque jour. Par exemple, hors internet, je ne parle pas tellement de mes voyages qui sont pourtant une de mes plus grandes sources de bonheur, parce que je me rends compte que tout le monde n'a pas les moyens ou la possibilité de bouger autant et que je n'ai pas envie de passer pour une pétasse trop gâtée. Je crains qu'au lieu de leur faire partager mon enthousiasme pour telle ou telle ville, l'évocation de mes souvenirs ne réussisse qu'à agacer mes interlocuteurs. 

Et il me semble que tout le monde ou presque fait la même chose. Que nous partageons beaucoup plus facilement le négatif que le positif, que nous passons bien plus de temps à en discuter et à tisser des liens autour de nos malheurs petits ou grands que de n'importe quoi d'autre. On dit que les gens heureux n'ont pas d'histoire; peut-être, simplement, que rien dans notre société ne les encourage à la partager. Alors que notre monde ne s'est jamais porté aussi bien (si, si, j'ai parfois du mal à m'en convaincre, mais c'est la réalité objective), l'accent mis par les médias sur les actualités anxiogènes nous pousse à devenir de plus en plus pessimistes quant à notre avenir. Dans ces conditions, comment ne pas craindre d'être indécent en avouant qu'on va plutôt bien, voire très bien, ou qu'il vient de nous arriver un truc absolument génial? Comment ne pas penser qu'on va donner à tout notre entourage l'envie de nous faire taire à coups de pelle sur la tête? Alors que ça ne serait probablement pas le cas (ou alors, il faut changer d'entourage: celui-là est tout pourri). 

Bref: comment cultiver un discours positif sans passer pour le ravi de la crèche ou une personne insupportablement bouffie d'auto-satisfaction? 

La photo, c'est parce que ce week-end, je vais à Londres et que ça me remplit de joie, mais chut! Je n'ose pas le dire trop fort.

mercredi 19 novembre 2014

Le mercredi de la meilleure happy hour du monde




Debout à 8h45, on va dire qu'on progresse. Nous sommes entrés dans la saison où j'ai envie de faire l'amour au radiateur du couloir chaque fois que je passe devant (= souvent, vu qu'il est sur le chemin des toilettes et que j'écluse plusieurs litres de thé par jour). J'ai l'impression d'être en train de massacrer la VO. Généralement, dans ces cas-là, je m'aperçois à la relecture que ce que j'ai fait tient assez bien la route, mais pour l'instant, ma fierté professionnelle n'en mène pas large. En quelques pages, je viens de doubler mes connaissances (il est vrai assez maigres) sur la géographie turque. Comme il ne restait pas assez de risotto aux asperges pour deux, Chouchou me l'a laissé; comme je ne trouverais pas ça juste de le manger seule, nous nous le partagerons ce soir avec une soupe. J'aurais aimé avoir un demi-rayon de soleil pour photographier mon DIY, mais tant pis, je ferai sans. "Je viens de mettre une tarte dans le four et du vernis sur mes pieds." "C'est mieux que l'inverse." "Oui c'est sûr que mes pieds au four et du vernis sur la tarte, ça aurait été moins bien." "Ah non, je pensais plutôt à tes pieds dans la tarte et le vernis au four." Pendant que mes copines se font des costumes historiques de folie, moi, je peine à recoudre le bouton qui est tombé de mon joli manteau kaki hier: - dans la vie, y'a les douées, et y'a les autres. Aujourd'hui, c'est baptême saisonnier de pull en cachemire - et si j'avais su, j'aurais pris des gants en plus. Blottie sur le canapé rétro du Berger, je bouquine un roman jeunesse steampunk en faisant du headbanging sur une compile de Nirvana jusqu'à ce que Gasparde et Melle Mars me rejoignent. Nous sommes en train de papoter depuis une heure lorsque M1 entre dans le bar. C'est son anniversaire, et elle est venue boire un cocktail avec sa chérie. Nous les invitons à s'asseoir avec nous. Bientôt, le gentil serveur italien à la barbe bouclée nous annonce que le mercredi soir entre 19h et 20h30, c'est happy hour; tous les gens qui ont commandé une boisson alcoolisée ont accès à un buffet apéro gratuit: charcuterie, fromage, bruschetta, pâtes... Ca tombe bien, j'ai deux (délicieux) Cosmopolitan à éponger. Nous passons un moment très joyeux toutes les cinq, et d'autant plus agréable qu'il est totalement improvisé. J'ai déjà dit à quel point je kiffais le bar de l'Hôtel Le Berger? Et aussi, rentrer à pied dans les rues de Bruxelles alors qu'il fait déjà nuit et un peu froid, mais que l'alcool et l'amitié me tiennent chaud de l'intérieur. Tout ça est TRES MAUVAIS pour ma réputation d'ourse féroce. Quand j'arrive à la maison, Chouchou est rentré du sport et s'est fait un shake de protéines (miam) (ou pas): finalement, le reste de risotto, ce sera pour demain!

DIY: le transfert de photo sur textile


Dans ma To Do List d'automne, il y avait "Réaliser un ouvrage dans un tambour à broder". Je voulais faire quelque chose avec un message inspirant - spécifiquement, une citation anti-angoisse brodée sur du tissu. En fond, j'ai d'abord envisagé un motif à base de feutrine et de laine cardée, avant de me décider plutôt pour un transfert d'image en noir et blanc. J'ai donc commencé par chercher une photo qui me semblait en rapport avec le thème (et comme souvent, je l'ai trouvée sur We Heart It sans pouvoir remonter jusqu'à sa source). Puis j'ai suivi le tutoriel publié par "A beautiful mess" il y a quelques mois, et dont je vais retracer ici le principe en français pour les non-anglophones. 




Matériel:
- Une image découpée dans un magazine ou imprimée à la maison
- Un morceau de coton blanc pas trop fin
- Un pot de gel medium de la texture la plus fine que vous pourrez trouver (le mien est de la marque Golden et a été acheté chez Schleiper Be Creative à Bruxelles)
- Un pinceau plat en acrylique
- Un vaporisateur d'eau 
- Des ciseaux
- Un tapis de loisirs créatifs, ou juste un grand bout de plastique, pour protéger votre surface de travail

Le principe: enduire généreusement le côté face de la photo avec du gel medium; la retourner et l'appliquer sur le tissu en appuyant bien et en lissant avec le plat de la main. Poser un gros bouquin dessus et attendre au moins 3h. Puis vaporiser de l'eau sur le côté pile de la photo, et avec l'ongle du pouce, gratter très délicatement le papier pour l'enlever tout en laissant la couche de gel imprimée sur le tissu. 

Mon premier essai a été assez catastrophique: j'ai voulu travailler sur une image de format A4, que le gel a fait gondoler atrocement. Et au moment de gratter le papier, j'y suis allée un peu trop fort, et des bouts d'image sont partis avec. Poubelle. J'ai recommencé avec une image bien plus petite (du A6, environ), et là, j'ai obtenu un transfert assez satisfaisant. Pas uniforme et pas assez marqué par endroits à mon goût, mais plutôt sympa avec les traces verdâtres laissées par l'encre noire. Malheureusement, il manquait 2 ou 3 millimètres de chaque côté pour le tambour dans lequel je voulais la mettre. J'ai recommencé en l'imprimant un tout petit peu plus large: nouveau caca au grattage. A la quatrième tentative, j'ai obtenu un résultat potable - moins bien que celui de l'essai n°2, mais plus net et de dimensions correctes.


Echantillons n°4 et 2, respectivement. 


J'ai laissé sécher, puis je me suis attelée à retranscrire mon message. J'ai commencé par l'écrire à main levée sur l'image avec un crayon HB bien taillé (un peu par flemme de reporter des caractères d'imprimerie, un peu parce que c'était plus personnel). Puis, comme le tissu enduit de gel possède une texture quelque peu amidonnée, j'ai piqué toutes les lettres par-devant avec une aiguille histoire de faire des "pré-trous". Ensuite, j'ai brodé au point arrière avec deux brins de fil DMC rose. Et voilà le résultat!





Le gag, c'est que même sur l'échantillon n°4, ma broderie était trop à droite, et du coup, mon ouvrage ne rentrait pas dans mon tambour à broder ovale qui mangeait la fin des mots. Au final, je me suis donc contentée d'un bête cadre noir dégoté chez Hema. 


(Pardon pour le manque de lumière, si j'attendais d'avoir de quoi faire une photo potable, je risquais de ne pas publier ce DIY avant le printemps!)


mardi 18 novembre 2014

Le mardi où j'ai droit à une jolie surprise nommée Mmarie




Extinction des feux à minuit hier, réveil à 9h ce matin, et c'est comme ça à peu près tous les jours: il va falloir m'atteler à raccourcir un peu ces nuits de mémé loir. Je ne suis pas contente de ma scène d'accident de voiture; il faudra que je reprenne ça phrase par phrase à la relecture. Accessoirement, je vais avoir besoin de l'adresse mail de l'auteure pour qu'elle m'explique ce qu'elle a voulu dire par certaines tournures sujettes à interprétation (cavern-skinned?). Vendredi, je me suis dépêchée de finir ma traduction précédente et d'envoyer à l'éditrice... le texte original. Bien joué. Je suis un peu en-dessous du nombre de feuillets français estimé, mais on va quand même me payer ce dernier; bien que la différence ne soit pas énorme, j'apprécie beaucoup. Puisque finalement, mon paquet du swap papeterie ne partira pas à Okinawa mais à Paris, je peux le charger plus que prévu: complétons donc nos achats chez Hema, puis chez Dille & Kamille. Bonne nouvelle, Lush reprend toujours les pots noirs vides et lavés. En échange des 5 que j'ai retrouvés au fond de mon placard de salle de bain (où ils moisissaient depuis plusieurs années...), j'obtiens un masque frais "Cereal killer". Ce Bisounours bleu de mauvais poil avec un nuage sur le ventre, qui s'appelle Grumpy Bear en VO, c'est tout à fait moi. J'avais prévu de lire devant un thé et un scone au God Save The Cream; finalement, je papoterai avec Mmarie (rencontrée là tout à fait par hasard) devant un thé et un Lemon curd (car les scones, c'est seulement le samedi). Parfois, les journées réservent de jolies surprises! Chouchou fait un risotto merveilleux, je crois que je vais le garder (Chouchou, pas le risotto dont l'espérance de vie une fois cuit dépasse à peine celle d'une boule de neige sur une plage tahitienne). Est-il vraiment trop tôt pour commencer à rédiger mes cartes de voeux? On parle peu du réflexe de survie de la peluche de nombril, pourtant l'évidence est là: depuis que Chouchou a beaucoup maigri, les siennes, ayant moins de profondeur à disposition, se planquent désormais dans le pli du haut.

lundi 17 novembre 2014

Le lundi où je commence la traduction du nouveau Claire North




Cette nuit: l'Homme-ce-chacal-jaune a reconnu tous ses torts envers moi (oui, il me trompait les derniers mois; oui, il a été lâche et de mauvaise foi; oui, il a déconné sur notre rupture de Pacs); je suis allée au cinéma en oubliant mon porte-monnaie, mais heureusement, Autre Moi et Junior avaient installé un buffet de folie dans le hall - les lasagnes végétariennes de Môman, en particulier, avaient l'air hyper bonnes; je me suis baladée à Ste-Catherine avec un flingue en plastique à la main, et fait courser par des méchants qui l'avaient pris pour un vrai - du coup, j'ai essayé de le planquer dans un tiroir de la commode de ma chambre de jeune fille; d'une vieille 2-chevaux, Legolas (le mien, pas celui de Tolkien) a fait sortir deux mini-licornes vivantes mais démontables dont j'ai caressé le ventre tout doux sur la pelouse d'un immeuble. Aujourd'hui, pas de photo anti-lundi sur ma page Facebook: je suis trop ravie d'entamer la traduction du nouveau roman de Claire North. Et par une chouette coïncidence, on annonce ce matin que "Les quinze premières vies d'Harry August" est nominé pour le prix ActuSF Uchronie 2014, je suis joie! Première phrase du premier chapitre, première difficulté - comme ça, je suis tout de suite dans le bain. Tiens, on dirait que l'histoire débute à Istanbul, et que l'auteure kiffe la ville à peu près autant que moi (= pas). Ouh là, les alternances passé simple/présent dans le même temps de narration vont me donner du fil à retordre. Non, Chouchou, je n'ai pas marmonné "western des poules", mais "holster d'épaule". Mes 4 bouquins sont arrivés; me voilà confrontée à un choix difficile: par lequel commencer? Ce sera le troisième tome des "Carnets de Cerise", dévoré vite fait pendant ma pause de midi et aussi charmant que les précédents. Si tout va bien, je me le ferai dédicacer le 12 décembre par Aurélie Neyret. Hop hop hop, on se remet au boulot dans la joie et la bonne humeur. Rhâ, ces descriptions au vitriol, ces phrases d'une longueur à perdre haleine, ces circonvolutions stylistiques, ces formulations percutantes en anglais qui ne passent pas du tout en français - je vais souffrir, mais dans le bon sens du terme. Pour fêter ça, et si je trempais un croissant dans un vrai chocolat chaud? Las: toutes les boulangeries du quartier sont fermées. Petites courses d'appoint au Carrefour Market - le niveau du panier à rouleaux de PQ est au plus bas. Je n'attends plus que 5 réponses, mais si je m'écoutais, je bouclerais les inscriptions au projet secret tout de suite tellement je suis impatiente de distribuer les listes. Puisque j'ai un Riesling potable sous la main, autant en ajouter dans le jus de cuisson de ma potée. Je sais que j'ai un gros souci de représentation des objets dans l'espace, mais le taureau, là, je ne comprends pas comment il se déplace pour aller écrabouiller les coquelicots. Dansons assis sur la BO de "Pulp fiction" pour oublier que le film a déjà 20 ans et qu'on est vieux. Plus que quatre dodos avant Londres, youhou!